Chronique

Dans «Adopte ta rivière», Erik Orsenna livre un plaidoyer poétique pour les droits de la nature, à hauteur d’enfant

Élèves et vous. Embarquez avec ces élèves de CM2 pour un voyage onirique et instructif au chevet d’une rivière. L’académicien Erik Orsenna nous offre un conte à l’écriture enlevée, drôle et poétique, «pour alerter en émerveillant».
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Comme c’est agréable de lire un livre à destination d’un jeune public dans lequel la langue française est si bien mise à l’honneur. Dans Adopte ta rivière (L’Iconoclaste), les phrases dansent, s’entrechoquent, s’envolent et atterrissent dans un ballet flottant qui ne craint pas les mots, même lorsqu’ils semblent un peu compliqués.

© L’Iconoclaste

Derrière cette plume enlevée se cache un académicien, qui s’offre ici le luxe d’être à la fois narrateur et acteur de son propre ouvrage. Erik Orsenna nous invite au chevet d’une rivière en compagnie d’élèves de CM2 et s’assoit au fond de la classe.

En ce début d’année scolaire, les élèves de Mme Locquirec ont un grand projet pour leur école de Plouëc, en Bretagne : celui d’adopter une rivière. Ce petit cours d’eau a déjà un nom, Trieux, mais les enfants vont lui donner une âme en se préoccupant de son sort. De rencontre en rencontre, elles et ils vont en apprendre beaucoup sur les méandres de cet être aquatique – mais aussi sur le cycle de l’eau, la faune et la flore, l’électricité ou les droits de la nature. Un plaidoyer vibrant, poétique et engageant pour s’interroger sur notre rapport au vivant et donner les clés de compréhension du monde à nos enfants.

«Adopte ta rivière», d’Eric Orsenna, illustrations de Delphine Balme, éditions L’Iconoclaste, août 2025, 114 pages, 14,90 euros.

L’avis de Ada, huit ans

«L’histoire part des enfants, c’est eux qui voient que la rivière ne va pas bien. J’ai trouvé que c’était très beau l’écriture, un peu compliqué parfois mais poétique. C’est rigolo parce que le monsieur qui a écrit le livre est aussi un personnage de l’histoire. J’ai aussi aimé qu’il utilise des choses qui sont fausses comme des canoës qui volent, et d’autres qui sont vraies et très récentes, comme quand on parle des Jeux Olympiques. Le livre est gros mais vu que les chapitres sont courts, ça motive !»

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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