Chères toutes et chers tous,
🎙️ Notre journaliste spécialiste de la désinformation, Théo Mouraby, participera à une table ronde dédiée à la lutte contre la désinformation climatique lors des Assises européennes de la transition énergétique 2026 à Dijon, ce mardi 23 juin, à 17 heures. Pour vous inscrire à cet événement, dont Vert est partenaire, c’est par ici.
Ces locataires sont dans de chauds draps, et leur bailleur ne bouge pas le petit doigt.

«On a mis des protections nous-mêmes» : face à la canicule, des locataires installent des stores de fortune pour alerter leur bailleur
À stores et à cri. Face à l’apathie de leur bailleur et à la surchauffe ambiante, des locataires de la rue du Lac, à Lyon (Rhône), ont posé des draps pour atténuer la chaleur et transmettre un message : il y a urgence à mieux réguler la température de leur logement. Vert les a rencontré·es.
Au pied de l’imposante résidence du Lac, dans le 3ème arrondissement de Lyon (Rhône), le béton recrache sa chaleur étouffante, ce lundi 22 juin. Depuis leurs fenêtres, des locataires de cette longue barre de logements collectifs recrachent autre chose : leur colère. Alors que la température avoisine les 40 degrés Celsius (°C) en fin d’après-midi, une quarantaine d’entre elles et eux ont installé des protections thermiques de fortune dans leur logement.
Un drap blanc tendu par des pinces à linge : c’est la seule solution que ces locataires ont trouvée, alors que leur bailleur, la Compagnie foncière lyonnaise (CFL), filiale du Crédit Agricole Centre-Est, refuse d’installer des stores. Sur les tissus figurent des inscriptions, visibles depuis le parvis du siège de la Métropole de Lyon : «Des stores, urgence» ; «Droit d’renov» ; «Justice climatique».

Contactée, la CFL indique dans un communiqué qu’elle sera «à l’écoute des cas individuels particulièrement critiques». Elle rappelle aussi que les immeubles de la rue du Lac sont déjà équipés de volets occultants – même s’ils ne protègent pas les balcons et ne laissent pas passer la lumière en journée –, et qu’elle déploiera un plan d’action doté d’un million d’euros d’ici l’été prochain.
Une réponse teintée de mauvaise foi, selon Fabien Hue, porte-parole de Locataires Ensemble, à l’origine de l’action. «Nous avons été reçus ce matin par des gens qui méprisent vos quotidiens pour leurs intérêts économiques», a-t-il lancé en fin de journée devant une vingtaine de locataires, d’élu·es et la presse conviée pour l’occasion.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Lucas Martin-Brodzicki à Lyon.

· Ce mardi, Météo-France a placé 54 départements en vigilance rouge canicule, le reste de l’Hexagone est en alerte orange et jaune. Lundi après-midi a été la demi-journée la plus chaude jamais mesurée en France, tous mois confondus. De même pour la nuit de lundi à mardi, marquée par des températures très élevées, jamais enregistrées auparavant. Selon l’étude de l’équipe scientifique ClimaMeter, le changement climatique a accru de deux à quatre degrés Celsius (°C) les températures de cette vague de chaleur.
· Ce mardi encore, l’AFP révèle que l’Australie a refusé de rendre public un document sur le fonds censé financer l’adaptation au changement climatique de Tuvalu, État insulaire du Pacifique. La raison ? Éviter «un préjudice diplomatique», selon le gouvernement australien. Une enquête de l’agence de presse avait montré que ce fonds de 200 millions de dollars (175 millions d’euros) comportait des actifs dans l’exploitation du charbon et l’exploration gazière, alors que Tuvalu compte parmi les pays les plus exposés au changement climatique.
· Lundi, à l’initiative de la Roumanie et de la Slovaquie, cinq pays européens ont exigé une réduction de la protection des ours bruns en Europe. Pour ses détracteur·ices, l’ours est un prédateur qui menace les humains et le bétail. Elles et ils souhaitent, comme pour le loup, faciliter son abattage en faisant passer son statut d’espèce «strictement protégée» à «protégée». Les ministres de l’agriculture des pays européens ont discuté du sujet hier, mais la France n’a pas pris position.


Scandale du chlordécone, la justice refuse la réouverture de l’enquête : «On ne va pas se laisser faire»
«C’est un jour sinistre pour la justice, cette décision signifie que les pollueurs bénéficient d’une impunité», a annoncé d’emblée Christophe Lèguevaques, l’un des avocats des parties civiles, en sortant de l’audience, lundi. La cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu dans l’affaire du chlordécone, prononcé en première instance en 2023, refusant ainsi la réouverture de l’enquête demandée par les plaignant·es. Le chlordécone, insecticide utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et Martinique, a été pulvérisé jusqu’en 1993 aux Antilles alors qu’il était interdit dès 1990 dans l’Hexagone. Le cancer de la prostate, reconnu maladie professionnelle pour les agriculteur·ices exposé·es au chlordécone, est l’une des conséquences les plus connues du pesticide.
👉 Cliquez ici pour lire la suite du reportage de Rémi-Kenzo Pagès.


Phyteis
Poison dans l’eau. Le lobby des pesticides, Phyteis, a tenté d’influencer le projet de loi d’urgence agricole au Sénat pour faciliter l’autorisation de certains de ces produits sur le sol français. Comme le révèle le média La Lettre lundi, le sénateur Vincent Louault (Les Indépendants) a rencontré Phyteis quelques jours avant l’examen du texte en commission. L’élu a repris certaines positions des industriels qui veulent réduire la capacité de contrôle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Celle-ci est chargée de décider quels pesticides peuvent être mis sur le marché ou non, selon leurs risques pour la santé ou l’environnement. Phyteis souhaiterait, par exemple, faire passer un amendement selon lequel un produit autorisé dans l’un des pays de l’Union européenne le serait automatiquement en France. Le projet de loi d’urgence agricole sera discuté et voté dans l’hémicycle le 29 juin prochain.

«La nature est queer depuis toujours» : la chronique de Ta mère nature
Ça vaut le couple. Certaines personnes pensent encore que la non-binarité, la transidentité ou encore l’homosexualité sont «contre-nature». Des biais qui ont faussé les recherches scientifiques pendant des décennies, car la nature est foisonnante de créativité quand il s’agit de fluidité des genres, comme le rappelle Ophélie Damblé, alias Ta Mère Nature, dans sa dernière chronique pour Vert.

+ ont contribué à ce numéro.







