Édition du 11 septembre 2026

Recule poireau

Chères toutes et chers tous,

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🤩 Exode à la joie

🌳 Mélèze moi tranquille

💦 Les nappes situations

😱 Le flip français


En cette rentrée, un panier de fruits et légumes allégé et des prix gonflés.


Après cet été caniculaire, allez-vous payer vos aliments plus cher dans les supermarchés ?

Échec et tomate. Le prix des produits frais (fruits, légumes, poissons…) a augmenté de 5,8% sur un an en août, selon les estimations de l’Insee jeudi. La conséquence directe des lourdes pertes agricoles consécutives à la sécheresse et aux canicules de cet été.

«Les épisodes caniculaires de l’été contribueraient à réchauffer le prix des produits frais, notamment ceux des légumes», expose l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans sa note de conjoncture publiée jeudi. Dans le détail, en août 2026, les prix des produits frais (fruits, légumes, poissons…) ont augmenté de 5,8% sur un an, «des rythmes inobservés depuis début 2024», selon l’organisme.

S’il n’y a pas de pénuries pour le moment, les canicules de cet été ont provoqué une hausse des prix des produits frais, notamment des légumes. © Riccardo Milani/Hans Lucas via AFP

Pour l’instant, la grande distribution ne parle pas de «pénuries» ; plutôt de «tensions» sur certains aliments. «Cet été, nous avons notamment rencontré des difficultés d’approvisionnement sur les salades et tomates et, dans une moindre mesure, sur certains légumes très consommateurs d’eau comme les aubergines ou les radis, détaille auprès de Vert le Groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto). Notre vigilance porte désormais surtout sur les récoltes d’automne et d’hiver : pommes, pommes de terre, carottes, poireaux, choux…»

Les produits issus de l’agriculture biologique ont également souffert : «Nous observons des fruits et légumes parfois plus petits ou de moindre qualité visuelle, une diminution des volumes de certaines céréales, notamment du blé, ainsi que des difficultés pour l’élevage», détaille le réseau de magasins bios Biocoop, qui prévoit des baisses de rendement de l’ordre de 10 à 20%.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Esteban Grépinet et comprendre pourquoi les fruits et légumes sur les étals n’auront pas toujours leur forme habituelle.

· L’Islande projette d’interdire définitivement la chasse à la baleine. En février, un projet de loi, soutenu par le gouvernement, sera soumis au Parlement islandais, à majorité gouvernementale. En cas d’adoption, probable, seuls deux pays autoriseront encore cette pratique dans le monde : la Norvège et le Japon.

De janvier au 8 septembre, 80 rorquals communs ont été capturés dans les eaux islandaises, selon l’association Humane world for animals. ©  Animalia

· Jeudi, l’océan mondial a comptabilisé son centième jour consécutif de record de chaleur. Depuis le 2 juin, les températures n’ont jamais été aussi élevées, alerte un collectif de scientifiques, qui se base sur les chiffres de l’agence étasunienne d’observation océanique et atmosphérique (Noaa). En août, le thermostat océanique avait atteint 21,07 degrés Celsius (°C), selon les données du service météorologique européen Copernicus.

· Entre juin et août, 213 évènements musicaux ont été perturbés en raison des conditions climatiques extrêmes, selon les chiffres du Centre national de la musique (CNM), révélés ce vendredi par France Culture et France Musique. Les concerts ont été décalés, supprimés voire parfois annulés pour faire face aux fortes chaleurs, aux risques d’incendie ou d’orages.

En Haute-Savoie, une nouvelle autoroute décriée : ce chantier «condamne l’habitabilité de notre territoire»

De Yaute lutte. Entre Machilly et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), le chantier de l’A412, l’autoroute du Chablais, cristallise la colère de militant·es et riverain·es. Le ruban d’asphalte de 16,5 kilomètres en plein cœur de la montagne doit être livré en 2029 ; les travaux ont débuté le 1er septembre et de premiers arbres ont été abattus sur le tracé, lundi. Vert a rencontré des opposant·es qui ont tenté de bloquer le passage des abatteuses. Pour elles et eux, ce projet qui rappelle la controversée A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn) est «en train de condamner l’habitabilité de notre territoire en détruisant sa faune, sa flore, ses milieux». Pour Amedea, le concessionnaire de la future voie : «L’autoroute doit être construite pour soulager les routes départementales existantes et les villages traversés par un trafic de transit.» Découvrez la vidéo de Kim Vaillant, notre envoyée spéciale sur place.

©  Kim Vaillant/Vert

Congé climatique, «journée intensive»… Pour concilier travail et chaleur, la France pourrait s’inspirer de solutions espagnoles

Tapas chaud ? Mercredi, aux côtés de représentant·es de syndicats et du patronat, le ministre français du travail, Jean-Pierre Farandou, s’est rendu en Espagne à la recherche d’idées pour protéger les travailleur·ses face aux canicules. Parmi les solutions ibériques dont la France pourrait s’inspirer figure la «journée intensive». En été, nombre d’employé·es, ouvrier·es du BTP ou travailleur·ses agricoles commencent plus tôt : la journée de travail est condensée sur la seule matinée. «On évite les heures les plus chaudes, et donc les risques les plus importants», a reconnu Jean-Pierre Farandou. Autre dispositif scruté par le ministre : le congé climatique. Il ouvre droit à quatre jours de congés payés par an lorsqu’un·e salarié·e fait face à une «situation de risque grave et imminent», notamment lorsqu’elle découle d’«une catastrophe ou d’un phénomène météorologique adverse», comme de fortes chaleurs.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Marti Blancho et découvrir d’autres solutions espagnoles qui pourraient être importées en France.

Madrid (Espagne), le 9 septembre 2026. Le ministre français du travail, Jean-Pierre Farandou (à gauche), la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet (à droite), et la ministre espagnole du travail, Yolanda Díaz (au centre), participent à une visite de chantier. ©  Thomas Coex/AFP

«Des poussières extrêmement dangereuses» : Splann ! révèle l’intoxication de salariés d’une mine Imerys en Bretagne

Respire en pire. À Glomel (Côtes-d’Armor), des salarié·es de la mine d’andalousite d’Imerys respirent des poussières toxiques, a révélé Splann ! jeudi. Le média d’investigation breton a publié des vidéos filmées par des lanceur·ses d’alertes sur lesquelles on voit un épais nuage de fumée flotter en continu dans un bâtiment. «De la poussière à haute teneur en silice cristalline alvéolaire», selon l’enquête. Une substance classée «agent chimique dangereux» par le Code du travail.

© Splann !

+ Marti Blancho, Rémy Calland, Louise Deshautels, Antoine Poncet et Kim Vaillant ont contribué à ce numéro.