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Face aux abattages d'arbres en forêt de Fontainebleau, ce militant a le dernier mot.

Il dessinait des ronds sur les arbres pour empêcher leur coupe : le «peintre de Fontainebleau» fait plier l’ONF au tribunal
Forêt parée. Serge Geoffre a été poursuivi par l’Office national des forêts pour avoir recouvert des marques de peinture apposées sur les arbres à abattre. Loin d’être isolée, son action s’inscrit dans la généalogie d’une lutte, vieille de deux siècles, contre l’exploitation de la forêt de Fontainebleau.
La tension finit par refluer. Au tribunal de Fontainebleau (Seine-et-Marne), ce jeudi, Serge Geoffre a été relaxé. L’homme, habituellement prolixe, n’a qu’un silence pour emplir sa bouche bée ; sa fille, venue assister au délibéré, le cueille à la sortie pour le féliciter. Le jury motive son arbitrage : ses actes étant «dénués d’intérêt personnel ou financier», et les poursuites constituant une «ingérence disproportionnée dans l’exercice de [s]a liberté d’expression», décision a été prise de débouter les parties civiles.

Rembobinons. Depuis plusieurs années, l’Office national des forêts, gestionnaire des bois de Fontainebleau, est à la recherche d’un mystérieux maquilleur. À diverses reprises, les ronds de peinture rouge qui désignent les troncs à abattre ont été recouverts. Parfois de gris, embrouillant le parcours des tronçonneuses. Parfois de bleu, ce même bleu qu’une association locale, les Amis de la forêt de Fontainebleau, utilise pour marquer les arbres remarquables à protéger. Deux tags sont amendés au dossier de l’enquête : «ONF = fric» et «ONF = saccage», sur des barrières et des panneaux forestiers.
Le coupable, qui reconnaît avoir peint une dizaine de ronds bleus – les plaignant·es en ont relevé plus de 3 900 – est finalement identifié grâce à des pièges photos. Ce promeneur en jogging, c’est Serge Geoffre. Au sujet de son action, le père de famille raconte : «J’ai essayé d’informer et de sensibiliser les gens au traitement de la forêt et de ses chênes centenaires par l’ONF. Si on l’écoutait, il faudrait tout raser et replanter des arbres qui satisfont sa logique industrielle.»
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article d’Étienne de Metz et en apprendre plus sur l’historique de la lutte contre l’exploitation de la forêt de Fontainebleau.

· Mercredi, les sénateur·ices ont adopté une ultime version de la loi de «simplification de la vie économique» et confirmé la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), où les voitures les plus polluantes sont exclues pour améliorer la qualité de l'air. La veille, les député·es ont également approuvé le texte. Les défenseur·es des ZFE comptent sur le Conseil constitutionnel pour restaurer la mesure. - Vert (AFP)
· Mercredi encore, les eurodéputé·es ont officialisé leurs propositions d’amendements sur l’Omnibus VI, une loi proposée par la Commission européenne pour «simplifier» la législation sur les produits chimiques. Malgré les risques sanitaires avérés, le texte acte plusieurs reculs sur l’utilisation de substances dangereuses dans les cosmétiques. - Vert
· Dans une lettre publiée ce jeudi, 130 écrivain·es, dont Virginie Despentes et Sorj Chalandon, ont annoncé leur départ de la maison Grasset pour dénoncer le limogeage de son PDG, Olivier Nora. Selon les signataires, «son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et la liberté de création». Contre les méthodes autoritaires du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, propriétaire de la maison d’édition, elles et ils envisagent une action collective pour récupérer leurs droits d’auteur·ices. - Le Monde



· Éclaire obscur. Le retour de l’éclairage public nocturne s’impose comme un marqueur politique de certain·es maires de droite et d’extrême droite nouvellement élu·es. Derrière la promesse d’une sécurité renforcée, aucune preuve d’efficacité et des conséquences bien réelles sur la biodiversité. - Vert

· L’abeille et la bête. Lundi, le Muséum national d'histoire naturelle a lancé un nouveau programme de sciences participatives pour estimer l'évolution de l'abondance des insectes volants sur le territoire. Son nom : «Bugs Matter». Tout le monde peut participer, il suffit de compter, à l'aide d'une application, le nombre d'impacts sur la plaque d'immatriculation lors de vos trajets en voiture. - Vert
· À la vie à l’Amoc. Alors que la communauté scientifique mondiale scrute d'un œil inquiet l'évolution de la circulation océanique atlantique – ou Amoc –, une nouvelle étude publiée par des chercheur·ses de l'université de Bordeaux et du CNRS indique que ce courant majeur dans la régulation du climat pourrait diminuer de moitié d'ici 2100 (l'étude). - Vert (AFP)

«Faux scandale», «hystérie» : du Figaro à Annie Genevard, la désinformation sur le cadmium pollue le débat
Cadmium de conscience. Ces derniers jours, tous les médias ont relayé l’alerte de l’Autorité sanitaire sur la contamination des Français·es au cadmium. Tous ? Non, quelques irréductibles continuent à minimiser la dangerosité de ce métal toxique, malgré les conclusions des scientifiques. «Des politiques ont expliqué que le cadmium était cancérogène via l’alimentation : c’est juste une fake news», lançait par exemple le fondateur du site Les Électrons libres Antoine Copra, dans une vidéo du Figaro. La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a elle aussi relativisé la dangerosité de la contamination au cadmium par l’alimentation. «La substance est dangereuse particulièrement quand elle est inhalée. L’inhalation, c’est le tabac», a-t-elle affirmé sur Sud Radio, le 1er avril. Pourtant, l’Anses a insisté dans son rapport sur le fait que «l’alimentation [était] de loin la source majeure d’exposition».
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Théo Mouraby et Zoé Moreau.

· Engrais et contre tous. Mardi, la proposition de loi écologiste visant à limiter la contamination des aliments au cadmium a bien été inscrite à l’agenda de la semaine transpartisane de l’Assemblée nationale, du 11 au 13 mai. Mais les présidents de groupe l’ont reléguée en toute fin d’ordre du jour, compromettant fortement ses chances d’être débattue rapidement. - Vert
· Dépiste à suivre. Annoncé en 2025, le remboursement du dépistage du cadmium se précise enfin. Mais les modalités d’accès sont encore floues, et une large part de la population pourrait ne pas y avoir accès malgré une contamination généralisée. - Vert

«C’est un non-sens total» : en Loire-Atlantique, tensions autour d’un projet touristique sur un site menacé par l’érosion
Veni, vidi, Vinci. «Cet endroit, c’est mon berceau. Ici, tout le monde est attaché à Pen Bron.» Ce lundi 30 mars, Danièle Estay multiplie les anecdotes, en sillonnant cette langue de sable d’1,2 kilomètre de long, à l’extrémité de la commune littorale de La Turballe (Loire-Atlantique). La presqu’île de Pen Bron a été choisie par Vinci Immobilier pour y installer un important complexe touristique à horizon 2030, à la place d’un ancien centre de rééducation. Le projet suscite l’opposition d’associations environnementales locales et d'habitant·es, qui redoutent les conséquences du surtourisme sur l’érosion du site.
👉 Cliquez ici pour lire la suite du reportage de Clément Gousseau à Pen Bron et connaitre l’avis des scientifiques sur ce projet.


· Victor ou à raison. Le week-end dernier, après la victoire des San Antonio Spurs contre Dallas (139-120), Vert a réussi à tendre son micro à la superstar française du basket, Victor Wembanyama. Interrogé sur l’impact environnemental de la NBA, il a dit «ressentir une certaine culpabilité de polluer autant», évoquant les «41 déplacements par avion par saison» de chacune des 30 équipes du championnat étasunien. - Vert

· Antipuce à l’oreille. Plusieurs études mettent en évidence les conséquences néfastes de certains antiparasitaires donnés à nos animaux domestiques pour les protéger des puces, tiques et autres insectes. S’ils peuvent parfois se révéler nécessaires, ces produits à base de pesticides ne doivent pas être utilisés de manière automatique, alertent les spécialistes. - Vert
· Écoule Raoul. Jeudi, le gouvernement a annoncé le remboursement des protections périodiques réutilisables à partir de la rentrée prochaine. Cette mesure, votée il y a trois ans, concernera les femmes de moins de 26 ans, soit 6,7 millions de personnes. L’objectif est de lutter contre la précarité menstruelle alors qu’une femme sur dix utilise des alternatives faute de moyens, selon une étude de l'association Dons solidaires. - France 24 (AFP)

«Loi Duplomb, le débat confisqué», de Philippe Grandcolas : petit manuel d’autodéfense scientifique sur les pesticides et l’agriculture intensive
À contre-science. Dans ce livre concis et percutant, l'écologue Philippe Grandcolas revient sur l'explosion des attaques contre la science durant les débats sur la loi Duplomb, à l'été 2025. Le chercheur remet à plat les «fausses informations» sur les pesticides, les agences publiques, les bassines…
👉 Cliquez ici pour lire la chronique d’Esteban Grépinet.


+, Lilou Hiver, Étienne de Metz, Zoé Moreau, Théo Mouraby, Théo Quintard, Sanagaont contribué à ce numéro.