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L’Union européenne a une envie pressante : détricoter une loi sur les produits chimiques dans les cosmétiques.


Les eurodéputés votent le maintien prolongé de substances cancérogènes dans les cosmétiques

Fard ouest. Mercredi, les eurodéputé·es ont officialisé leurs propositions d’amendements sur l’Omnibus VI, une loi proposée par la Commission européenne pour «simplifier» la législation sur les produits chimiques. Malgré les risques sanitaires avérés, le texte acte plusieurs reculs sur l’utilisation de substances dangereuses dans les cosmétiques.

Bien décidée à «simplifier» la vie des acteurs économiques en Europe, la Commission s’attelle depuis plusieurs mois à les débarrasser de contraintes jugées superflues, telles que le devoir de vigilance pour les multinationales ou le respect de procédures d’évaluation pour les fabricants de pesticides. Elle opère à coups de lois dites «Omnibus» et en a présenté une dizaine ces derniers mois. La sixième du nom, dévoilée en juillet dernier, cible l’industrie chimique avec l’engagement explicite de «simplifier certaines exigences et procédures relatives aux produits chimiques».

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. © Nicolas Tucat/AFP

Parmi les pistes, la Commission propose de dépoussiérer la législation sur les produits cosmétiques, qui encadre leur mise sur le marché. Celle-ci prévoit actuellement que des substances classées CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) soient retirées des produits vendus ou importés en Europe dans un délai maximum de 18 mois. «Des règles de bon sens, aujourd’hui remises en cause par la Commission européenne sous couvert de simplification», s’agace l’eurodéputé centriste Pascal Canfin.

La Commission propose d’étendre à cinq ans le délai laissé aux industriels pour écouler leurs stocks et reformuler leurs produits. Elle veut également exclure de l’interdiction les substances CMR extraites des plantes (huiles essentielles, par exemple) ou dont le caractère CMR s’applique uniquement par inhalation ou ingestion. Des produits «naturels» ou conçus seulement pour être appliqués sur la peau pourraient désormais contenir des substances dangereuses à avaler ou inhaler.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Anne-Claire Poirier.

· Selon un bilan publié ce jeudi, 19 personnes sont mortes en République dominicaine et à Haïti après les fortes pluies et les inondations de la semaine dernière. Le Centre des opérations d’urgence a indiqué qu’au moins 6 500 habitations ont été détruites et que 30 500 personnes avaient dû être déplacées et évacuées. - RFI (AFP)

· Dans une lettre publiée ce jeudi, 130 écrivain·es, dont Virginie Despentes et Sorj Chalandon, ont annoncé leur départ de la maison Grasset pour dénoncer le limogeage de son PDG, Olivier Nora. Selon les signataires, «son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et la liberté de création». Contre les méthodes autoritaires du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, propriétaire de la maison d’édition, elles et ils envisagent une action collective pour récupérer leurs droits d’auteur·ices. - Le Monde

· Mercredi, l’association Airparif a indiqué dans son rapport annuel qu’en 2025, environ 25% de Francilien·nnes respiraient un air dont les concentrations de polluants étaient supérieures aux seuils européens à respecter en 2030. C’est 5 points de plus qu’en 2024. Cette hausse s’explique principalement par «des conditions météorologiques moins favorables à la dispersion des polluants, après une année 2024 marquée par de fortes pluies», précise l’organisme. - Libération (AFP)

«Faux scandale», «hystérie» : du Figaro à Annie Genevard, la désinformation sur le cadmium pollue le débat

Cadmium de conscience. Ces derniers jours, tous les médias ont relayé l’alerte de l’Autorité sanitaire sur la contamination des Français·es au cadmium. Tous ? Non, quelques irréductibles continuent à minimiser la dangerosité de ce métal toxique, malgré les conclusions des scientifiques. «Des politiques ont expliqué que le cadmium était cancérogène via l’alimentation : c’est juste une fake news»lançait par exemple le fondateur du site Les Électrons libres Antoine Copra, dans une vidéo du Figaro. La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a elle aussi relativisé la dangerosité de la contamination au cadmium par l’alimentation. «La substance est dangereuse particulièrement quand elle est inhalée. L’inhalation, c’est le tabac», a-t-elle affirmé sur Sud Radio, le 1er avril. Pourtant, l’Anses a insisté dans son rapport sur le fait que «l’alimentation [était] de loin la source majeure d’exposition».

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Théo Mouraby et Zoé Moreau.

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard. © Stephane de Sakutin/AFP

PFAS, cadmium, pesticides : à Marseille, les futurs cardiologues enfin formés aux risques liés à la pollution

Oh, ce cours ! Le 10 avril, à la faculté de médecine de Marseille (Bouches-du-Rhône), une trentaine d’étudiant·es internes en cardiologie ont assisté à un cours du docteur Pierre Souvet sur les liens entre environnement et santé. C’est la première fois que ce spécialiste des dommages que la pollution peut provoquer sur le corps humain donne un cours sur ce sujet à de futur·es médecins. «On savait que l’environnement avait des conséquences sur la santé, mais je ne pensais pas que c’était dans ces proportions, reconnaît Merlin Caubrière, en troisième année d’internat, qui dit avoir entendu très peu de choses à ce propos pendant ses sept années d’études. En général, on associe la pollution de l’air à des maladies respiratoires. Le lien avec la cardiologie est beaucoup moins évident.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Nina Hubinet à Marseille.

Le cours de Pierre Souvet à la faculté de médecine de Marseille, le 10 avril 2026. © Franck Paganelli

Comment la France a financé la contamination des terres africaines au cadmium

Pompe Afrique. Dans sa dernière enquête, Vert révèle comment la France a ignoré les risques de pollution des sols africains par des engrais phosphatés chargés en cadmium, alors même que les scientifiques multipliaient les alertes sur la nocivité de ce métal lourd cancérogène. Notre journaliste vidéo, Moncef Arbadji, revient sur cette affaire et vous en raconte les détails.

© Vert

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Lilou Hiver, Nina Hubinet, Zoé Moreau, Théo Mouraby et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.