Édition du 6 septembre 2025

Fin de loup

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La Coordination rurale appelle à tirer sur le loup. Les associations expriment leur courroux.


Agressions, invisibilisations… le mouvement écologiste n’est pas épargné par le racisme

La parole antiraciste se libère dans les mobilisations écologistes. Après plusieurs interpellations publiques et internes par des personnes racisées dans des événements écolos, Vert a mené l’enquête.

«Ce n’est pas en 2025 qu’on découvre que les milieux écologistes sont blancs, prévient d’emblée Malcom Ferdinand auprès de Vert. Il y a déjà une longue histoire, de nombreuses ressources, une littérature qui documente ce sujet, alors qu’on a l’impression de redécouvrir cela à chaque fois.»

«Évidemment il y a des agressions racistes et il faut les condamner», complète le chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et figure de l’écologie décoloniale, qui craint cependant les analyses simplistes et trouve la question complexe. Malcom Ferdinand n’a donc pas de réponse définitive, mais d’autres personnalités écologistes interviewées en sont certaines : le racisme gangrène les mouvements écologistes.

Habib Ali Mohammed Musa, co-fondateur et salarié de l’association A4, le 21 août à Paris. © Rémi-Kenzo Pagès/Vert

Depuis les violences dénoncées lors du festival Les Résistantes (notre article) qui s’est tenu du 7 au 10 août dans l’Orne, Vert a récolté de nombreux témoignages qui montrent que ce n’est pas un cas isolé. Des Soulèvements de la Terre à Greenpeace en passant par Extinction rebellion, quasiment toutes les grandes organisations connues de l’écologie hexagonale ont été citées par des activistes interviewé·es pour des cas de racisme. «La prise de conscience est différente selon les organisations, précise Vipulan Puvaneswaran, militant écologiste et antiraciste, qui a notamment fait ses classes dans les marches pour le climat en 2019 avec Youth for climate. Les très grosses organisations les plus institutionnelles ont beaucoup plus de mal à parler de racisme.»