Chères toutes et chers tous,
Nous vous révélons dans cette newsletter les dessous de la déclaration de patrimoine et d’intérêts de Monique Barbut. Peut-on à la fois être ministre de la transition écologique et posséder des parts de géants de l’aéronautique, du luxe, des énergies ou de la défense ?
La ministre de l'écologie possède un étonnant portefeuille d'actions, selon nos révélations.

Airbus, BNP, Sanofi, Zara… Monique Barbut, ministre de l’écologie, est actionnaire de dizaines de grandes entreprises
Vert a examiné la déclaration de l’ex-patronne du WWF France à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et a découvert plus de 150 000 euros d’actions détenues dans 27 grandes entreprises, dont certaines au lourd bilan écologique.
Lundi, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP, la vigie de la probité des élu·es) a publié les déclarations de patrimoine et d’intérêts de la plupart des ministres du gouvernement Lecornu II. Monique Barbut, ministre de la transition écologique, sort du lot.
Pas pour les 583 000 euros de parts qu’elle détient dans la «SCI Santa Villa Lucia», elle-même propriétaire d’une maison à 1,2 million d’euros à Sainte-Maxime, dans le Var. Ni même pour le diamant solitaire à 30 000 euros qu’elle déclare.

Mais parce que l’ex-patronne du WWF France cumule (d’après les chiffres arrêtés au moment de sa nomination le 12 octobre 2025) 27 «participations financières directes dans le capital d’une société». En d’autres termes : des actions dans des entreprises. Et pas n’importe lesquelles, comme Vert l’a découvert.
Parmi les nombreuses firmes avec lesquelles la ministre a des liens économiques, on trouve Airbus, fleuron français de l'aéronautique civile. Si Monique Barbut n’a pas perçu de rémunération du groupe ou de gratification en 2024 (dernière année étudiée par la HATVP), elle détient tout de même 6 177 euros du capital de l’entreprise. Elle est donc «intéressée», au sens économique, par la santé financière du géant de l’aviation.
Autres exemples notables : elle déclare 5 401 euros en actions à la BNP Paribas, la banque française qui finance le plus les énergies fossiles, selon l’ONG Reclaim finance. On trouve également une ligne de 2 540 euros chez L’Oréal ou 6 805 euros chez LVMH, le numéro 1 mondial du luxe, dont le patron est Bernard Arnault.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cette enquête de Zoé Moreau et Sophie Roland et découvrir l’intégralité des entreprises dont Monique Barbut est actionnaire.

· Le réchauffement climatique provoque davantage d’épidémies, de crises cardiaques, d’AVC ou de fausses couches, dévoile le dernier rapport du Lancet Countdown, publié ce mercredi (le rapport). Les auteur·ices de ce projet international, qui surveillent les conséquences de l’évolution du climat sur la santé humaine, ont calculé que l’été 2024, le plus chaud de l’Histoire en Europe, avait provoqué à lui seul la mort de 62 000 personnes. - Vert
· Ce mercredi encore, le gouvernement a publié un décret qui réduit à dix mois la durée des recours, notamment pour des contentieux environnementaux, contre les projets industriels. Les recours doivent désormais passer directement par la cour administrative d’appel, ce qui nécessite un·e avocat·e et augmente donc les coûts des procédures pour les associations écologistes. Le texte suscite l’hostilité des syndicats de magistrats administratifs, qui craignent qu’il freine l’accès à la justice. - Contexte
· Lundi, l’ancienne gare de Luméville dans la Meuse – lieu de résistance contre le megaprojet d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo à Bure – a été évacuée par les gendarmes après dix-neuf ans d’occupation. L’ancienne station de chemin de fer, à six kilomètres de Bure, doit permettre d’acheminer les déchets radioactifs. Les opposant·es anti-nucléaires ont quitté le site dès le début de l’intervention. - L'Est républicain

, nous apprend Ici Saint-Étienne Loire ce mercredi. L'Agence régionale de santé a détecté un taux de ces «polluants éternels» de 46,8 nanogrammes par litre, supérieur à la norme européenne de 30 nanogrammes pour les eaux minérales. - Ici


Movento
L'ascension du Movento. Vendredi, les associations France nature environnement et Générations futures ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Lyon (Rhône) contre une dérogation accordée par le gouvernement français au Movento. Ce pesticide contient du spirotétramate, une substance toxique pour la vie aquatique et suspectée de nuire à la fertilité. Son fabricant, le géant de l'agrochimie Bayer, n'ayant pas déposé de demande de renouvellement, elle est interdite depuis 2024 dans l'Union européenne. Pourtant, le ministère de l'agriculture a décidé d'accorder en mars une dérogation à plusieurs cultures fruitières (pommes, poires, cerises…), qui peuvent désormais l'utiliser jusqu'au 29 juin contre les attaques de pucerons.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article d'Esteban Grépinet et en savoir plus sur les risques liés au Movento.

284 millions
Ver de rage. Depuis le début des années 2010, le secteur de l'élevage d'insectes en France a reçu au moins 284 millions d'euros de subventions, révèle ce mercredi un rapport de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (Onei) et de l’Observatoire des subventions et aides agricoles en France (Obsaf). Selon leurs calculs, chaque kilogramme de farine d'insectes a reçu 20 euros d'aides publiques… soit cinq fois le prix de vente de ce produit. Malgré un fort soutien de l'État français et des promesses enthousiastes autour de l'alimentation à base d'insectes, plusieurs start-up du secteur sont en difficulté. La plus connue, Ÿnsect, a été placée en liquidation judiciaire en 2025. À elle seule, elle a avalé plus de 170 millions d'aides publiques… pour un chiffre d'affaires annuel moyen inférieur à celui d'une boulangerie, selon des révélations de Mediapart. Vous reprendrez bien un peu d'insectes ? - Reporterre


Le dernier message de Jane Goodall dans une vidéo inédite enregistrée avant sa mort
Dans une vidéo filmée seulement trois mois avant sa mort, la célèbre primatologue britannique Jane Goodall incite à l’action. La spécialiste des chimpanzés, décédée en octobre dernier à l’âge de 91 ans, et ardente défenseure de la planète, avait un dernier message avant de quitter l’humanité : «Juste, agissez ! Cela vous fera vous sentir mieux», professe-t-elle. La scientifique conseille de s’organiser et «d’agir d’abord localement».

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Esteban Grépinet, Théo Mouraby, Antoine Poncet et Sophie Roland ont contribué à ce numéro.
