Édition du 20 mai 2026

À fond la réforme

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L’Agence de la transition écologique est sur le fil : une nouvelle réforme met ses missions en péril.


Le gouvernement lance une réforme de l’Ademe «gravissime» et «inconséquente» alors que droite et extrême droite veulent sa peau au Parlement

Agence sous risques. Malgré une importante levée de boucliers ces derniers mois, le gouvernement officialise ce mercredi son projet de loi «visant à renforcer l’État local». Alors que l’article 7 prévoit un démembrement des antennes régionales de l’Agence de la transition écologique (Ademe), l’examen du texte au Parlement est une occasion en or pour la droite et l’extrême droite, qui espèrent aller encore plus loin.

«En cette période d’intense hostilité à la transition énergétique, le gouvernement a donc décidé d’ouvrir un nouveau feu. C’est gravissime et inconséquent», se désole Jean Revereault, l’un des administrateurs de l’Ademe, qui a participé à une rencontre avec la presse mardi. L’Agence, principal opérateur de l’État dans la mise en œuvre de la transition écologique et énergétique, est au cœur d’une réforme contestée.

Le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, accuse l’Ademe d’avoir des dépenses excessives. © Stéphane de Sakutin/AFP

L’article 7 du projet de loi «visant à renforcer l’État local» prévoit de fusionner les 17 agences régionales de l’Ademe (aujourd’hui sous la tutelle du ministère de la transition écologique) au sein des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), qui dépendent du préfet. Selon Matthieu Lefèvre, ministre délégué à la transition écologique, ce projet vise à résorber des «chevauchements» entre les missions de l’Ademe et celles des Dreal, «qui peuvent complexifier les procédures et allonger certains délais».

«Il y a un vrai risque que les missions de l’Ademe soient amoindries, s’inquiète Anne Bringault, représentante des associations au sein du conseil d’administration de l’agence. Ça va entraîner des départs de salariés, une perte d’expertise et accélérer encore les attaques qu’elle subit déjà.»

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet article d’Anne-Claire Poirier.

· Depuis la fin du mois d’avril, l’Inde connaît des chaleurs inédites, avec une moyenne de 42 degrés Celsius (°C) en journée. Ces températures caniculaires devraient se maintenir dans les prochains jours, notamment dans la capitale, New Delhi. Alors que 2024 était l’année la plus chaude du pays, la vague de chaleur du mois de mai reste au-dessus des normales de saison et frappe les quartiers les plus pauvres en raison de la densité d’habitations et du manque de verdure. Le réchauffement climatique augmente la fréquence et l’intensité de ces épisodes.

Kolkata (Inde), le 19 avril 2026. Des habitant·es récupèrent de l’eau pendant la vague de chaleur qui frappe le pays. ©  Sudipta Das/Nurphoto via AFP

· Ce mercredi, pour la vingtième année consécutive, la fête de la nature a commencé partout en France. Jusqu’à lundi, plus de 2 200 lieux accueilleront des animations gratuites pour sensibiliser à la richesse de la biodiversité. Au programme : sorties en bateau à Marseille, ateliers pour découvrir les tortues au parc de la Tête d’or à Lyon, ou encore balades aux côtés d’un spécialiste des insectes à Villeneuve-d’Ascq, près de Lille. – La Croix

· Mardi, le tribunal administratif de Bordeaux a suspendu l’organisation d’une corrida prévue le 20 juin à La Brède, en Gironde. Pour cause : les élu·es n’ont pas pu démontrer l’existence d’une «tradition locale ininterrompue» sur le territoire, condition essentielle à sa tenue selon le code pénal français. Les spectacles n’avaient pas eu lieu en 2025 en raison de «contraintes budgétaires et de fréquentation». La justice avait été saisie par deux associations, l’Alliance anticorrida et l’ONG de défense des animaux One voice. – Le Monde

Gigafactory

Solaire de rien. Mardi, la start-up française Carbon, qui portait un projet de gigafactory (une énorme usine) de construction de panneaux solaires, a annoncé qu’elle l’abandonnait avant même que les travaux commencent. Elle devait s’implanter dans la zone portuaire de Fos-sur-Mer, près de Marseille, pour produire dix millions de panneaux par an, soit une capacité de cinq gigawatts. L’entreprise, symbole de la «réindustrialisation verte», n’a pas pu compter sur le soutien de l’Union européenne. Sans réglementation claire qui favorise la production française face à celle de la Chine, bien moins chère, les investisseur·ses ont refusé de s’engager. Aujourd’hui, la Chine représente 90% du marché des panneaux photovoltaïques, et la transition énergétique made in France ne semble pas être pour demain. – Connaissance des énergies

En France, le déclin des oiseaux insectivores est clairement lié aux pesticides… mais tout peut encore changer

Merle alors ! Une étude statistique à paraître en septembre prochain démontre une «forte corrélation» entre l’usage des pesticides et le déclin des oiseaux qui se nourrissent d’insectes (fauvettes, rouges-gorges, hirondelles…). Plus ces substances toxiques – et tout particulièrement les insecticides – sont vendues dans un département, plus les populations locales diminuent. Mais les scientifiques gardent un brin d’espoir : là où l’utilisation de ces produits diminue, les effectifs d’oiseaux se reconstituent. «Ces résultats montrent que les politiques, à travers la régulation des pesticides, peuvent avoir un effet bénéfique sur les populations d’oiseaux, juge Thomas Perrot, chercheur à la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Et cela dans un temps assez court.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite du décryptage d’Esteban Grépinet.

Pour les scientifiques, les pesticides affectent les oiseaux insectivores (ici une huppe fasciée) en faisant disparaître leur ressource alimentaire. ©  Pierre-Marie Epinay/Wikimedia

Les polluants s’accumulent dans votre quotidien : Gaëtan Gabriele a trouvé la solution

Scandales compensés. PFAS, cadmium, pesticides toxiques… Gaëtan Gabriele liste les scandales sanitaires qui s’accumulent malgré les multiples alertes des scientifiques. Contre les politiques qui favorisent la production industrielle malgré ces contaminations, il existe une solution : faire un don mensuel à Vert pour aider à créer une équipe d’enquête qui réunit journalistes, chercheur·ses et citoyen·nes, afin de révéler ces pollutions.

© Vert

+ Rémy Calland, Gaëtan Gabriele, Esteban Grépinet, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.