«On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent en Europe» : Emmanuel Macron s’enferme dans le déni

Antibes social.
Jeudi, le président de la République a tenté de se défendre des accusations d’inaction face à la canicule, en marge d’une rencontre avec la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, à Antibes (Alpes-Maritimes). Il a surtout montré qu’il ne savait pas ce qu’était «l’adaptation», dénonce le directeur de la rédaction de Vert, Loup Espargilière.
Antibes (Alpes-Maritimes), le 25 juin 2026. Emmanuel Macron a rencontré la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, lors d’un sommet franco-italien. © Manon Cruz/AFP

C’est encore pire que ce qu’on croyait. Jeudi, en pleine canicule, en marge d’un sommet à Antibes (Alpes-Maritimes) avec Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, Emmanuel Macron a vraiment dit ça : «Nous nous sommes adaptés au réchauffement climatique. Mais on ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire.»

Alors qu’une partie de la population est légitimement furieuse contre lui, après des années perdues dans l’adaptation de la France aux effets de la crise climatique, celui-ci a expliqué hier que grâce à lui «un gros travail a été fait». Non seulement c’est faux, mais surtout, on découvre aujourd’hui qu’il ne comprend même pas ce qu’est l’adaptation !

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«On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent.» Mais c’est la définition même de l’adaptation : nous protéger contre les impacts les plus graves présents et à venir, en se basant sur les projections des scientifiques. Sa phrase est encore plus irréelle que son «Qui aurait pu prédire ?»

Le bilan d’Emmanuel Macron est calamiteux

Il y a huit ans, Emmanuel Macron a créé le Haut-conseil pour le climat, qui compte des expert·es de premier plan comme Valérie Masson-Delmotte. Est-ce qu’il les a déjà écoutés ne serait-ce qu’une fois ?

En neuf ans de macronisme : la France a pris du retard sur la baisse indispensable des émissions de CO2 ; agriculture, logements, écoles, hôpitaux, transports… aucun secteur n’est prêt pour ce qui nous attend.

Le bilan d’Emmanuel Macron est calamiteux. Et son déni est encore plus grave. Si la situation perdure, et qu’il peut raconter n’importe quoi, c’est parce qu’une grande partie du public (et certains journalistes) ne comprend pas les enjeux de l’adaptation. En 2027, on n’inversera pas la vapeur si le public n’est pas correctement informé.

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D’une canicule à l’autre, nous oublions collectivement ce que nous avons subi. Une amnésie qui conduit beaucoup d’entre nous à élire celles et ceux qui aggravent la crise climatique.

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