Édition du 5 août 2026

Drôle de salmonidée

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En Gironde, l’État autorise une ferme de saumons monumentale, un projet qui pêche sur le plan environnemental.


«Une grande prison à ciel ouvert» : le quotidien bouleversé des villages du Sud-Liban, sous occupation israélienne

Au sein d’un convoi humanitaire, Vert a tenté de rencontrer des habitant·es du sud du Liban, coupé·es du reste du pays. Refoulé·es à un barrage par l’armée israélienne, nous avons recueilli à distance leurs témoignages d’un quotidien empli de peur, de privations et d’isolement.

«Malheureusement, la majorité des légumes d’été que nous avons plantés n’ont pas réussi à pousser. Peut-être à cause de la pollution laissée dans l’air par toutes les armes utilisées…», s’inquiète Laurita Jarjour au téléphone.

Quelques heures plus tôt, cette habitante de Rmeich, village libanais frontalier d’Israël, aurait dû accueillir un convoi humanitaire organisé par l’organisation caritative chrétienne, l’Œuvre d’Orient. Celui-ci, stoppé à un barrage de l’armée israélienne, devait rejoindre son village ainsi que ceux de Debel et Ain Ebel, trois localités chrétiennes enclavées où vivent environ 7 000 personnes.

Rmeich (Liban), le 22 octobre 2024. La fumée d’une explosion provoquée par un bombardement israélien s’élève au-dessus de cette commune du sud du Liban, près de la frontière avec Israël. ©  Vincenzo Circosta/AFP

Ces communes se trouvent dans la zone tampon instaurée par Israël le long de la frontière. Il s’agit d’une bande de territoire qui couvre plus de 600 kilomètres carrés dans le sud du Liban et où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires. Les frappes et les destructions systématiques d’habitations, de terres agricoles et d’infrastructures qui se poursuivent rendent la vie quotidienne difficile et compromettent le retour de centaines de milliers de déplacé·es.

Sur place, les habitant·es ont dû réapprendre à s’organiser pour maintenir la vie dans leur village, malgré la mort tout autour. Amin Haddad, apiculteur à Rmeich, décrit un quotidien morose où les résident·es se sentent enfermé·es dans «une grande prison à ciel ouvert» et où travailler est devenu difficile. Sandy Diab, membre du conseil municipal d’Ain Ebel, rappelle toutefois : «Nous sommes très attachés à notre terre. Nous ne voulons pas la quitter.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage d’Amélie David au sein d’un convoi humanitaire stoppé par l’armée israélienne.

· Ce mercredi, une pétition qui réclame la suspension immédiate de la chasse dans les forêts sinistrées par les incendies a dépassé les 388 000 signatures. Lancé par un gérant de refuge pour animaux dans le Cantal, le texte reprend les revendications de plusieurs associations de protection animale. Il demande un moratoire de trois ans minimum pour laisser le temps à la faune et la flore déjà éprouvées par les feux de se régénérer. Notre article

· Mardi, l’Office français de la biodiversité (OFB) alerte sur la sécheresse «historique» des petits cours d’eau français à la fin du mois de juillet. 1 373 rivières sont concernées par des ruptures d’écoulement ou des assecs, soit 43% des stations de surveillance de l’institution. En juin, 16% d’entre elles étaient asséchées contre 33% un mois plus tard. Cette situation, qui touche toutes les régions de l’Hexagone, est la plus critique jamais enregistrée pour cette période, pire encore qu’en juillet 2022.

Au mois de juillet, la situation des petits cours d’eau n’a jamais été aussi critique. © OFB – Réseau Onde (Observatoire national des étiages)/Olivier Debuf, 2026

· Juillet a été le mois le plus chaud jamais connu en France hexagonale depuis 1900, toute période de l’année confondue, dévoile Météo France ce mardi. Avec une température moyenne de 24,9°C (jour et nuit compris), il a été plus brûlant encore que le précédent record du mois d’août 2003. C’est aussi le troisième mois de juillet le moins pluvieux jamais enregistré, engendrant des niveaux de sécheresse inédits.

«Complètement démesuré» : la préfecture de Gironde autorise le plus grand projet de ferme à saumons de l’Union européenne

Saumon enfumé. En pleine sécheresse et alors que la Gironde se remet à peine des incendies historiques qui ont ravagé plus de 42 000 hectares, la préfète du département a autorisé le lundi 3 août le très contesté projet de mégaferme terrestre à saumons. Porté par l’entreprise Pure Salmon, il nécessitera de puiser de très grandes quantités d’eau, jusqu’à 6 500m3 par jour, pour fonctionner. C’est «une usine qui va menacer la ressource en eau alors que le territoire subit déjà un stress hydrique», dénonce la porte-parole de l’ONG Seastemik, Esther Dufaure, auprès de France 3. Alors que la pisciculture marine française ne représentait en 2024 que 5 807 tonnes de poissons, toutes espèces confondues, d’après les chiffres officiels, le projet girondin et ses 10 000 tonnes de saumons par an deviendra le plus important de toute l’Union européenne, selon Pure Salmon.

👉 Cliquez ici pour lire l’article de Mathilde Picard et comprendre la contestation soulevée par ce projet.

En janvier 2026, l’opposition aux fermes à saumons a rassemblé des associations de tous bord, des organisations de pêche et nombre de riverain·es. © Cyril Nahon

Perturbateurs endocriniens : «J’ai refait tout mon appartement pour ne pas avoir le cancer»

Perturbateur du changement. Comment limiter son exposition aux perturbateurs endocriniens dans notre quotidien ? Dans cette vidéo, la créatrice de contenu Mato nous explique comment elle a réorganisé son appartement pour éviter ces substances chimiques qui modifient le fonctionnement de nos hormones. Produits ménagers, nourriture… Les astuces sont nombreuses, et accessibles.

© Vert

+ Moncef Arbadji, Amélie David, Mathilde Picard, Anne-Claire Poirier et Sanaga ont contribué à ce numéro.