
Huit départements en vigilance orange
C’est la toute première alerte canicule de l’histoire de la France pour un mois de mai : après avoir classé 18 départements en vigilance jaune, Météo-France a ajouté ce lundi huit départements en vigilance orange pour le risque de canicule.
À l’échelle de la France, ce mardi prévoit d’être encore plus chaud que lundi. Hier, Météo-France a enregistré les températures les plus élevées jamais mesurées pour un mois de mai. L’écart observé par rapport à la température moyenne de référence (1991-2020) est de + 7,1 °C selon Le Monde. Il grimpe jusqu’à +10°C dans l’ouest de la France, et notamment en Bretagne.
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Cet épisode de fortes chaleurs devrait durer au moins jusqu’à la fin de la semaine. «Il s’agit d’un événement sans précédent, millénaire, avec de l’ordre d’une chance sur 1 000 de survenir à cette période de l’année, par rapport au climat de 1979-2025», rappelait le climatologue Christophe Cassou dans une interview au Monde.
7 morts liés à la chaleur
Ce mardi matin, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon a annoncé sept décès «liés directement ou indirectement à la chaleur». Elle a rappelé sur TF1 que «tout ça méritera d’être précisé à la fin de l’épisode que l’on connaît aujourd’hui». Parmi ces morts, au moins cinq sont ces cas de noyades. Les fortes chaleurs augmentent les risques d’accidents, en particulier dans les lacs et les cours d’eau.
Ce week-end, à Paris, un homme est également décédé à la suite d’un malaise lors d’une course à pied. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a indiqué qu’il pourrait y avoir des annulations de compétitions sportives dans les prochains jours.
300 records locaux de température battus
À l’échelle locale, Météo-France a comptabilisé plus de 300 records inédits de températures ce lundi. Les maximales en journée ont été particulièrement élevées dans l’ouest : à Nantes (Loire-Atlantique), le thermomètre indiquait 34,3°C, bien plus que le précédent record de 32,8°C le 26 mai 2017. À Brest, le mercure a atteint 33°C ce lundi : le niveau le plus haut jamais connu pour la ville du Finistère était de 29,8°C et avait été atteint… plus tôt ce week-end. Il a fait 33,3°C au Mans (Sarthe) ou encore 30,7°C à Rouen (Seine-Maritime), là encore des records pour ces villes.

De même pour les valeurs plus basses de la journée ce lundi : il n’a pas fait moins de 20,1°C hier à Bordeaux (Gironde), le dernier précédent était en mai 2022. La liste des villes qui n’ont pas connu de rafraichissement conséquent est longue. Parmi celles-ci : Mulhouse (Haut-Rhin) n’a connu pas moins de 18,6°C dans la nuit, Orly (Val-de-Marne), 19,9°C et Lorient (Morbihan), 20°C.
Jusqu’à 36°C localement
La majorité du pays a connu lundi après-midi des températures allant de 32°C à 35°C, avec des pics à 36°C dans l’ouest du pays. Les prévisionnistes annoncent un très léger fléchissement des valeurs maximales sur la Bretagne mercredi, mais elles seront en hausse sur le Sud-Est.
Seules les côtes de la Manche devraient se rafraîchir mercredi grâce à un vent d’est à nord-est. La chaleur sera encore plus forte ce jeudi dans de nombreuses régions, avec des maximales qui atteindront jusqu’à 38°C.
Le reste de l’Europe de l’ouest aussi est touché, 38°C en Espagne
🇪🇸 Entre mercredi et vendredi, les maximales devraient atteindre entre 36 et 38°C dans le sud-ouest de l’Espagne. Le pays s’attend à des «nuits tropicales généralisées» – lorsque le thermomètre ne descend pas sous 20°C la nuit, empêchant le corps ne peut pas se reposer (notre article).
🇮🇪 L’Irlande a atteint jusqu’à 28,8 °C dans le sud du pays, une température inédite.
🇬🇧 Le Royaume-Uni aussi est frappé par des records de chaleur avec plus de 34,8°C ce lundi dans le sud-est de Londres. La température la plus haute jamais évaluée en mai était de 32,8°C en 1922 et en 1944. La nuit de lundi à mardi était tropicale et le mercure n’est pas descendu sous les 21,3°C.
Le dôme de chaleur à l’origine de cet épisode caniculaire recouvre une partie de l’Europe de l’Ouest, et pas seulement la France. Le consensus scientifique est unanime : la longueur, la fréquence et le caractère précoce des canicules sont causées par le changement climatique. Ces températures absolument exceptionnelles s’expliquent par l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, due à la poursuite des émissions mondiales. L’institut européen du climat prévenait dès ce mois d’avril : l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, multipliant les risques climatiques comme l’actuelle vague de chaleur.









