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Donald Trump retire les États-Unis de 66 organisations internationales, dont le Giec : «Une nouvelle blessure»

Retrait d’union. Mercredi, le président américain a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales qui «ne servent plus les intérêts américains». Parmi elles, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux.
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Donald Trump a visé large pour son énième charge contre le multilatéralisme et ses valeurs. Le décret qu’il a signé mercredi ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont environ une moitié liée à l’Organisation des Nations unies (ONU). Le secrétaire d’État américain (l’équivalent de notre ministre des affaires étrangères), Marco Rubio, a accusé les organisations visées de promouvoir une «idéologie progressiste», dénonçant notamment «les campagnes pour l’égalité de genre et l’orthodoxie climatique».

Parmi les retraits les plus marquants figure celui de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro (Brésil). C’est aussi celui qui sous-tend l’organisation annuelle des conférences mondiales sur le climat : les fameuses COP. C’est la première fois qu’un pays décide d’en sortir.

«Il est illégal de sortir d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat»

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait uniquement quitté l’Accord de Paris, scellé en 2015, mais pas la CCNUCC, permettant aux États-Unis de continuer à participer aux COP. «Sortir de la CCNUCC est radicalement différent», estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique. «Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat», a-t-elle indiqué à l’Agence France-Presse, évoquant des «options légales» pour le prouver.

Le climat n’est pas la seule cible de l’administration Trump, qui s’en prend à d’autres principes destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme-homme.. © Maison-Blanche

«C’est une nouvelle blessure que les États-Unis s’infligent eux-mêmes sur la scène mondiale», a réagi John Kerry, ex-secrétaire d’État des États-Unis et ancien envoyé spécial pour le climat. «Le recul fédéral est, espérons-le, temporaire. Et je partage l’avis de juristes spécialistes des traités, selon lesquels les États-Unis pourraient réadhérer de manière relativement fluide à la CCNUCC», a indiqué de son côté Sue Biniaz, ancienne principale adjointe de l’envoyé spécial pour le climat au département d’État américain (jusqu’au 17 janvier 2025).

Une «vraie perte» pour le Giec

Le décret ordonne également le retrait des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), la référence en matière de science climatique. Cela ne surprend pas Robert Vautard, co-président du groupe 1 du Giec. «Les États-Unis – en tant que pays – avaient déjà cessé toute participation au Giec, explique-t-il. C’est une vraie perte car leurs diplomates étaient influents dans le concert mondial. Ils étaient force de proposition pour faire converger les positions, leur absence est donc remarquée.» Des scientifiques américain·es continuent malgré tout de participer aux travaux scientifiques du Giec. Robert Vautard précise en effet que «les experts sont nommés et sélectionnés à titre individuel, et non au nom de leur employeur».

OMS, Unesco… Trump ne s’en prend pas qu’au climat

D’autres organisations liées à la protection de la planète comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ou l’ONU-Eau sont également touchées par ce retrait. Mais l’environnement n’est pas la seule cible de l’administration Trump, qui s’en prend à d’autres principes défendus par les Objectifs de développement durable de l’ONU, destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme-homme. Le décret publié mercredi exige ainsi la sortie des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump met en œuvre sa vision de «l’Amérique d’abord». Il a déjà décidé de retirer de nouveau les États-Unis de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il a aussi largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses agences onusiennes, forcées de réduire leurs activités sur le terrain, comme le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) ou le Programme alimentaire mondial. Plus généralement, il a lancé des attaques contre l’ONU, selon lui «très loin de réaliser son potentiel».

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