
C’est presque systématique : à chaque événement climatique extrême qui frappe la France, la «mésinformation climatique» refait surface. Le terme désigne ces séquences lors desquelles une contre-vérité climatique est prononcée à l’antenne sans être corrigée par un·e journaliste dans les deux minutes suivantes.
Les dernières analyses de l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME), publiées ce vendredi, en apportent une nouvelle illustration. Entre le 23 et le 30 mai, alors que le pays traversait une vague de chaleur exceptionnelle par sa précocité, le collectif d’ONG a recensé 62 cas de mésinformation climatique dans les programmes audiovisuels d’information dédiés au climat. Un niveau près de cinq fois supérieur à la moyenne hebdomadaire observée en 2025 (13 cas par semaine), hors épisode de canicule.

Ces informations fallacieuses se concentrent dans huit des 18 médias audiovisuels analysés par l’OME. En tête du classement figure CNews, avec 19 cas de mésinformation recensés en sept jours. La chaîne est suivie de près par Sud Radio (11 cas), à égalité avec Europe 1 (11 cas). Au total, l’analyse de leur couverture éditoriale révèle qu’au cours de cette vague de chaleur, ces trois médias ont diffusé, en moyenne, plus d’un cas de mésinformation climatique toutes les vingt minutes d’information consacrée au climat. Rien de très étonnant : ils figuraient déjà parmi les «relais proactifs de désinformation climatique identifiés en 2025», rappelle l’OME.
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«Cette analyse montre un contraste saisissant : certains médias diffusent très peu de désinformation climatique, tandis que d’autres en produisent de manière quasi industrielle», a réagi Eva Morel, secrétaire générale de l’ONG Quota climat.
«La climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement»
Les cas identifiés de mésinformation se sont concentrés sur quelques narratifs récurrents, tels que : «La vague de chaleur n’est pas exceptionnelle et son lien avec le réchauffement climatique n’est pas avéré», «La France ne pèse rien dans les émissions mondiales, donc ses efforts sont inutiles» ou «La climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement et c’est une bonne solution d’adaptation».
Les auteur·ices de ces propos mensongers étaient essentiellement des invité·es politiques (45%), des journalistes (20%) et des chroniqueur·ses (18%). Les autres dérapages sont attribués à des invité·es non politiques (14%) et à des auditeur·ices intervenant à l’antenne (3%). Sur CNews et Europe 1, la part des cas provenant de membres de la rédaction – journalistes et chroniqueurs – est «particulièrement élevé», souligne l’OME : elle atteint respectivement 52% et 45,5%.

«Le fait qu’autant de cas recensés sur CNews et Europe 1 proviennent des journalistes et chroniqueurs eux-mêmes révèle un problème structurel au sein de ces rédactions et souligne la nécessité d’une régulation plus dissuasive», a souligné Eva Morel.
Cette explosion de la mésinformation climatique pendant un événement climatique extrême avait déjà été constatée lors de la première canicule estivale de 2025. La semaine du 30 juin de cette année-là, Quota climat, Data for Good et Science Feedback avaient identifié plus de cas de mésinformation que durant les trois premiers mois de l’année réunis. Eva Morel conclut : «Les vagues de chaleur sont désormais des périodes à haut risque de désinformation climatique et les narratifs sont connus. Nous appelons les rédactions à s’y préparer pour éviter de subir les effets de cadrage des acteurs hostiles à la transition et aux institutions démocratiques.»











