Tourner la plage

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🗞️ C'est l'article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : On s’est rendu dans la zone interdite de Tchernobyl : quarante ans après la catastrophe nucléaire, la nature reprend le pouvoir. (Re)lisez-le en cliquant juste ici.


Face à la pollution héritée du passé, les calanques de Marseille se refont une beauté. 


«Ça fait vingt ans qu’on demande cette dépollution» : à Marseille, la calanque de Saména rouvre après des mois de travaux

Mer cure. En 2025, l'État a débuté les travaux de mise en sécurité des déchets toxiques éparpillés à l’entrée du parc national des Calanques, vestiges du passé industriel du secteur. Alors que la première phase s’achève et que la calanque de Saména rouvre au public, quel bilan tirer ?

Vendredi, les Marseillais·es ont retrouvé la calanque de Saména, fermée depuis plusieurs mois pour des travaux de dépollution. Si beaucoup connaissent les calanques marseillaises pour leurs eaux cristallines et leurs falaises de calcaire, peu sont au courant de leur passé industriel. Pendant près de deux siècles, elles ont abrité une vingtaine d’usines produisant du plomb, de l’acide tartrique, de la soude, du verre ou du soufre. Du petit quartier de Montredon jusqu’à celui des Goudes, dans le huitième arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), 29 hectares sont pollués par des scories, ces déchets résultant de la production métallurgique.

Le chantier de mise en sécurité dans la calanque de Saména, le 20 mars 2026. © Eliza Amouret/Vert

Il aura fallu attendre vingt ans après la première alerte sanitaire et une condamnation de l'État pour «carences fautives» en 2024 pour que ces scories soient enlevées. Depuis le 1er septembre 2025, un étrange ballet de pelleteuses, de camions et d’ouvriers en combinaisons blanches anime le paysage. Très fréquentée l’été, la calanque de Saména fait partie des premiers sites à être dépollués. «Depuis l’annonce du chantier, on est soulagés», raconte Nathalie Anton, présidente du comité d’intérêt de quartier de Saména, qui vit dans cet écrin de verdure «depuis toujours». «On savait que la pollution existait, raconte-t-elle. Mais on n’avait pas vraiment conscience du danger.» Les travaux s’arrêtent pour la période estivale, avant de reprendre en septembre.

Au total, un budget de 14 millions d’euros répartis entre l'État, le département, la Ville de Marseille et la métropole est alloué pour cet important chantier. Les usines ayant disparu depuis longtemps, c’est l’Agence de la transition écologique (Ademe) qui supervise les travaux pour l'État.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Eliza Amouret et découvrir les témoignages d’habitant·es.

· Vendredi, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur est entré en vigueur. La Commission européenne a décidé d'appliquer provisoirement le texte, sans attendre l'avis de la Cour de justice de l'Union européenne, saisie par le Parlement européen. Le traité prévoit notamment l’importation de denrées produites selon des normes environnementales moins restrictives qu'en Europe. - France info

· Jeudi, un cycliste est décédé des suites d’une altercation avec un automobiliste près de Châteauroux (Indre). Après que le conducteur de la voiture n’aurait pas respecté un stop, le cycliste se serait agrippé à la portière de la voiture, qui aurait redémarré et l’aurait traîné sur une centaine de mètres. Il a été mortellement blessé en heurtant un véhicule en stationnement. L’automobiliste a été placé en examen pour violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. - Ouest-France

· Jeudi encore, des parlementaires du Rassemblement national, des Républicains et de Horizons ont refusé la publication d'un rapport sur les effets sanitaires et environnementaux de l’acétamipride, un pesticide «tueur d’abeilles». Rédigé par l’organe chargé d'éclairer les décisions politiques du Sénat et de l'Assemblée nationale, il était pourtant jugé sérieux et documenté par plusieurs scientifiques auditionné·es. - Vert

«L’agro-industrie s’est évertuée à mentir, à manipuler et à désinformer», dénonce le journaliste indépendant Nicolas Legendre

Agro sur la patate. Trois ans après la parution du livre Silence dans les champs (Arthaud), l’alerte lancée par Nicolas Legendre sur les dérives de l’agro-industrie reste plus que jamais d’actualité. Avec le documentaire Violence dans les champs, coréalisé avec Magalie Serre et disponible en replay sur France.tv, le journaliste prolonge son enquête et donne à voir l’ampleur des tensions et pressions que subissent les agriculteur·ices.
 

Qu’arrive-t-il aux agriculteurs qui remettent en question le système productiviste ?

Beaucoup de personnes décrivent le système comme mafieux. Mais la violence s’organise de manière plus informelle et diffuse. Elle peut se manifester sous forme de menaces, d’intimidations, et parfois même de sabotages dans les fermes. À cela peuvent aussi s’ajouter des blocages invisibles. Le système de financement, globalement très fluide, devient plus rigide.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet entretien mené par Lilou Hiver et en savoir plus sur les pressions exercées par les acteurs de l’agro-industrie.

Depuis une dizaine d’années, le journaliste Nicolas Legendre enquête sur l’agro-industrie et ses pratiques jugées «mafieuses». © Moncef Arbadji/Vert

Sophie la girafe, le célèbre jouet «français», est en fait… fabriqué en Chine

Cou de Trafalgar. Sophie, la girafe la plus connue des enfants, symbole du jouet français, est en réalité… fabriquée en Chine. Dans une enquête publiée dimanche, Mediapart révèle que Vulli, l’entreprise qui commercialise ce jouet en caoutchouc, délocalise sa production depuis 2013 dans des usines chinoises afin de produire plus, pour moins cher. Pourtant, l’emballage affiche toujours la mention «made in France», et le récit d’un succès industriel tricolore continue d’être diffusé. Son usine de Rumilly (Haute-Savoie) est à l’arrêt… sauf pour les visites extérieures avec des journalistes ou des client·es. «On plaçait quatre ou cinq personnes dans l’atelier, la matière première était périmée. Tout était faux», raconte un cadre. Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes est en cours pour pratique commerciale trompeuse. - Mediapart

Depuis sa création en 1961, 70 millions d’exemplaires de Sophie la girafe ont été écoulés dans 85 pays. © Valérie Macon/AFP

Un «jaguar des nuages» aperçu au Honduras, le dépistage du cadmium bientôt remboursé : les bonnes nouvelles de la semaine

Couplet décalé. Le Parlement européen veut mettre un coup de frein à la pêche au krill en Antarctique, Amsterdam devient la première capitale au monde à interdire les publicités pour les énergies fossiles et la viande… et cinq autres infos réjouissantes repérées par Gaëtan Gabriele.

© Vert

+ Eliza Amouret, Rémy Calland, Esteban Grépinet, Gaëtan Gabriele et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.