Édition du 22 octobre 2026

JT pas net

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Des revendications lycéennes invisibilisées et des images violentes sur toutes les télés : certains journalistes sont perturbés. 



«J’ai un peu honte de ce qu’on a mis à l’antenne» : à France TV, des journalistes choqués par le traitement médiatique du 17 octobre

Médias tiquent. Au lendemain de la mobilisation sociale du 17 octobre, le journal télévisé de 20 heures de France 2 a stupéfait nombre de journalistes et citoyen·nes. À l’écran, les images de violences ont presque totalement éclipsé les manifestations massives et pacifiques. Au-delà de France Télévisions, l’indignation contre ce cadrage médiatique monte dans plusieurs médias.

«Nous sommes absolument scandalisés par cette façon si partiale de faire de l’information», s’indigne George Pinol, délégué syndical central du SNJ-CGT France Télévisions. Dimanche, au journal de 20 heures de France 2, une séquence de presque douze minutes, sans commentaire, a montré à l’écran un enchaînement de scènes violentes des manifestations du 17 octobre.

Dimanche, sur France 2, des images de violences ont été diffusées, sans commentaire, pendant plus de dix minutes. © Capture d’écran France 2

Ce cadrage qui se focalise sur les incendies, scènes de pillages et dégradations a éclipsé les manifestations pacifiques et joyeuses, les occupations de ronds-points ou opérations escargot. Pourtant, plus de 1 000 mobilisations avaient rassemblé entre 550 000 et 800 000 personnes dans toute la France ce jour-là, pour lutter contre la vie chère et exiger davantage de justice sociale. Le syndicat CFDT du groupe France Télévisions a calculé que sur les 48 minutes d’émission spéciale dimanche (hors allocution présidentielle), moins de deux avaient été consacrées aux revendications des manifestant·es.

Le président de la Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions, Valéry Lerouge, explique à Vert que ce journal déséquilibré est le fruit d’«un enchaînement de fausses bonnes idées et d’une erreur d’appréciation, sans intention de montrer seulement de la casse gratuite. Le résultat est catastrophique, mais il n’y a pas de volonté politique derrière.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Mathilde Picard et découvrir d’autres témoignages de journalistes.
 

 

· Mercredi, la Guyane a activé le plan Orsec «sécheresse», un dispositif d’urgence destiné à gérer les catastrophes majeures et les crises. Sous l’effet d’El Niño (l’anomalie océanique naturelle et cyclique qui réchauffe les eaux du Pacifique), la région française subit un déficit pluviométrique. Le niveau des eaux a baissé, engendrant l’interruption progressive du trafic fluvial. Des opérations de ravitaillement de biens de première nécessité vont être organisées vers des communes qui n’ont pas d’accès routier.

· Mercredi encore, les député·es ont voté l’interdiction de l’hexane, un solvant pétrochimique reconnu comme neurotoxique et suspecté de perturber le système hormonal. Il prévoit d’interdire l’utilisation de l’hexane dans la fabrication des denrées alimentaires. L’amendement a été adopté lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, dont le rejet semble probable.

· Quatre personnes sont mortes mardi dans les Bouches-du-Rhône et en Haute-Corse après les inondations qui ont suivi les fortes pluies tombées dans le sud-est de la France. L’épisode méditerranéen a débuté lundi sur l’Hérault et le Gard, puis s’est prolongé mardi en Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur la Corse, qui a connu des précipitations inédites par leur intensité. Météo-France confirme que ces épisodes sont intensifiés par le changement climatique.

Dans la journée de mercredi, il est tombé 119 millimètres d’eau à Montpellier (Hérault). © Sylvain Thomas/AFP


Ludivine Bantigny, historienne des mouvements sociaux : «La casse comme forme d’action contestataire n’est pas nouvelle»

Casser à la trappe. Alors que les images de pillages inondent les médias depuis le 17 octobre, l’historienne Ludivine Bantigny replace ces événements dans l’histoire des mouvements sociaux français.


Cette révolte étudiante et sociale s’inscrit-elle dans la lignée des mouvements sociaux historiques en France ?

De nombreuses pancartes revendiquent l’héritage de Mai 68. À cette époque, la mobilisation avait aussi commencé par une jeunesse scolarisée qui voulait étudier autrement. On peut aussi souligner la similarité de certaines revendications actuelles avec le mouvement lycéen et étudiant de 1986 contre la loi Devaquet, qui prévoyait d’instaurer une sélection à l’entrée des universités. Dans toutes ces grandes mobilisations, les étudiants et étudiantes ont la volonté de ne pas se laisser déposséder du mouvement.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet entretien mené par Louise Deshautels, et découvrir comment la violence a été utilisée dans l’histoire des mouvements sociaux.

Ludivine Bantigny est historienne et maîtresse de conférences à l’université Rouen Normandie. © Hervé Thouroude  


S’aider d’un oiseau pour replanter des arbres : Vert vous présente cette bonne idée sur France inter

Geai hâte. Mercredi, notre journaliste spécialiste de la biodiversité Esteban Grépinet a présenté le geai des chênes dans l’émission La Terre au carré. Découvrez comment cet oiseau étourdi permet de planter des millions d’arbres chaque année en France.

© La Terre au carré

+ Rémy Calland, Louise Deshautels, Esteban Grépinet, Antoine Poncet et Sanaga ont contribué à ce numéro.