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Contre les dérives des agro-industriels, une enquêtrice hors pair remue terre et ciel.

Micheline Gambaretti, seule détective privée de France dédiée à l’environnement : «Il y a toujours une sorte d’omerta»
Enquête de sens. Après une longue carrière dans la gendarmerie, Micheline Gambaretti, 54 ans, est devenue détective privée spécialisée dans les atteintes à l’environnement. Dans le Finistère, ses enquêtes sur la pollution de l’eau – entre autres – la confrontent aux conséquences d’un modèle agro-industriel dominant dans la région.
Lancée à vive allure sur les routes de l’arrière-pays finistérien, au milieu des bâtiments d’élevage couvrant des hectares et des champs orange brûlés par les pesticides, Micheline Gambaretti garde, à travers ses lunettes rectangulaires métalliques, l’œil acéré. «Là, c’est l’un des plus gros pollueurs du secteur», lâche-t-elle, désignant l’une de ces fermes-usines qui composent le paysage du département. Les minutes défilent et les griefs s’accumulent : «Ici, ils veulent encore étendre l’exploitation, mais nous avons découvert que le permis de construire n’était pas en règle.» Une odeur prend à la gorge. «C’est pas vrai ! Ils ont détruit le talus !» «Regardez ! Ils sont en train de pulvériser du produit…»






