Édition du 16 juin 2026

Donner de la voie

Chères toutes et chers tous,

🎙️ Notre journaliste spécialiste de la désinformation, Théo Mouraby, participera à une table ronde dédiée à la lutte contre la désinformation climatique lors des Assises européennes de la transition énergétique 2026 à Dijon, mardi 23 juin à 17 heures. Pour vous inscrire à cet événement, dont Vert est partenaire, c’est par ici.


La décision est attendue fin juin : le chantier de l’A69 risque d’aller jusqu’à sa fin.


A69 : le rapporteur public favorable à la reprise du chantier, décision attendue d’ici fin juin

Auto déroute. Le Conseil d’État examinait lundi le recours déposé par plusieurs associations de défense de l’environnement contre la décision ayant permis la reprise du chantier de l’A69. Lors de l’audience, le rapporteur public s’est prononcé en faveur de l’autoroute, estimant que le projet répondait bien à une «raison impérative d’intérêt public majeur».

L’A69, cette autoroute en construction entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn), sera-t-elle définitivement abandonnée, comme l’avait ordonné la justice le 27 février 2025 ? Ou, au contraire, les travaux de ce ruban d’asphalte de 53 kilomètres pourront-ils se poursuivre en toute légalité, comme l’a ensuite permis la cour administrative d’appel le 30 décembre dernier ?

Lundi après-midi, le Conseil d’État a examiné les recours de plusieurs associations – parmi lesquelles France nature environnement et Les Amis de la Terre –, collectivités et citoyen·nes qui demandent l’annulation de l’arrêt rendu par la cour d’appel en décembre. Le rapporteur public – ce magistrat chargé d’éclairer les débats après une analyse approfondie du dossier – s’était prononcé jeudi en faveur de la poursuite du chantier. Il a motivé sa position devant la cour.

Toulouse, le 18 février 2025. Lors d’un rassemblement anti-A69. © Alain Pitton/Nurphoto via AFP

Selon lui, l’A69 répond bien à une «raison impérative d’intérêt public majeur» (RIIPM). Cette «carte joker» permet à un projet portant atteinte à la biodiversité de s’affranchir du principe de protection des espèces lorsqu’il est jugé suffisamment important pour le développement économique, social ou sécuritaire d’un territoire. Ici, la RIIPM autorise l’atteinte à 157 espèces animales protégées présentes sur le tracé.

«Les collectivités sont les mieux placées pour mesurer les besoins du territoire. L’A69 est un projet qui apparaît structurant, qui permet un gain conséquent de confort, de sécurité et de temps», a-t-il encore déclaré.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce compte rendu d’audience de Zoé Moreau.

· Depuis lundi, 56 départements français, soit plus de la moitié, sont concernés par un arrêté sécheresse de restriction d’eau. Les alertes varient selon les territoires, duniveau «vigilance», qui incite aux économies d’eau, au niveau «crise», qui suspend les prélèvements destinés à l’irrigation agricole, comme en Loire-Atlantique, dans le Lot et en Vendée.

· Ce mardi, le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, reçoit ONG, élu·es et industriels pour discuter de la mise en œuvre d’un Plan plastique. Au cœur des discussions : la mise en place de la consigne des bouteilles en polymère. En réponse à cette mesure controversée, les associations appellent à éviter les fausses solutions dans une tribune à Vert. – La tribune

· Ce mardi encore, le réseau de surveillance brésilien Mapbiomas révèle que les eaux amazoniennes ont retrouvé un niveau supérieur à la moyenne historique, après deux ans de sécheresse. Un léger soulagement pour les scientifiques, même si la situation reste préoccupante. Alors que le Brésil abrite 12% de l’eau douce de la planète, le changement climatique et l’utilisation des terres continuent d’alimenter la sécheresse dans le pays.

· À partir de ce mardi, le dépistage de la contamination au cadmium est remboursé sur ordonnance pour les patient·es dit·es «à risque». Il peut être réalisé en laboratoire de ville via un simple prélèvement urinaire. Le cadmium est un métal lourd, toxique pour les reins, les os et la reproduction, qui contamine une large proportion de la population française. – Notre article

1,1 milliard

Près de la moitié des enfants du monde sont exposé·es à au moins trois aléas climatiques, soit 1,1 milliard d’entre elles et eux. Dans un rapport paru ce mardi, l’Unicef, l’agence de l’ONU responsable de la défense des droits des enfants, met en lumière les effets des évènements climatiques extrêmes sur la partie la plus jeune de la population. La conjugaison de sécheresse, vagues de chaleur et chaleur extrême est la configuration la plus courante : 293 millions d’enfants y sont exposé·es. Aucune région du monde n’est épargnée. Côté français, les territoires ultramarins concentrent des risques particulièrement forts : la totalité des plus jeunes est menacée par les tempêtes tropicales sévères. En France hexagonale, 83,6% subissent des vagues de chaleur.

«J’essaye d’avoir un temps d’avance» : chercheurs et agriculteurs s’allient pour inventer un blé plus résistant aux aléas climatiques

Blés surs. Au volant de sa camionnette, sur une route de Germigney (Haute-Saône), Emmanuel Ogier estime qu’il était arrivé «au bout». Face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, il a décidé de convertir ses 250 hectares à l’agriculture biologique en 2018. Et à l’automne dernier, il a semé en partenariat avec des scientifiques de l’Institut national de recherche pour l’agriculture (Inrae) des graines de blé anciennes. Depuis vingt ans, une équipe d’expert·es de l’Institut travaille sur des semences plus adaptées au réchauffement climatique qu’ils et elles proposent aux agriculteur·ices. Une alternative beaucoup moins soutenue politiquement et financièrement que les nouvelles techniques génomiques (NTG), ces «nouveaux OGM» que le Parlement européen pourrait autoriser mercredi.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage d’Ivan Logvenoff.

Germigney (Haute-Saône), mai 2026. Isabelle Goldringer et son équipe de chercheur·ses à l’Inrae arrivent dans le champ d’Emmanuel Ogier, céréalier bio. © Ivan Logvenoff/Vert

Des billets de train à dix euros, une agriculture sans pesticides efficace : les bonnes nouvelles de la semaine

Balai musical. 4 000 personnes se sont réunies à Rennes contre la pollution de l’eau, la proposition de loi visant à relancer l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer a été rejetée à l’Assemblée… Cette semaine, Gaëtan Gabriele danse sur les bonnes nouvelles depuis son jardin en duo avec un balai.

© Vert

+ Rémy Calland, Margot Desmons, Gaëtan Gabriele, Ivan Logvenoff, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.