Pendant qu’on boit du vin mousseux, les fabricants de bouteille émettent des polluants dangereux.

Arsenic et gaz toxique : à Reims, enquête sur les rejets troubles d’un poids lourd de la fabrication de bouteilles de champagne
Tousser le bouchon. Le géant américain de l’emballage en verre, Owens-Illinois (O-I), fabrique sur son site de Reims (Marne) des dizaines de millions de bouteilles de champagne chaque année. Une production prestigieuse qui cache un lourd coût environnemental – voire sanitaire – pour la population vivant à proximité de l’usine, révèle Vert sur la base de ressources publiques et de documents exclusifs.
Le commerce du champagne ne pourrait pas tourner sans un acteur méconnu du grand public : le groupe américain Owens-Illinois (O-I), premier producteur d’emballages en verre au monde. De son usine implantée au sud de Reims (Marne), non loin des vignobles, sortent chaque année plus de 300 millions de bouteilles. Le sigle de l’entreprise apparaît sous les flacons de marques aussi renommées que Mumm, Moët et Chandon ou Nicolas Feuillatte.

Derrière cette activité associée au luxe se cache une autre réalité : le largage dans l’atmosphère, par tonnes, d’un ensemble de substances, où se mélangent des toxiques pour les voies respiratoires, des métaux pouvant s’accumuler dans les sols et des composés cancérogènes. Le site rémois de la multinationale fait ainsi partie «des quinze émetteurs les plus impactants de la région sur la qualité de l’air», souligne la Direction régionale de l’environnement (Dreal) du Grand Est, dans un rapport d’octobre 2025.
Au point d’avoir des conséquences sur la santé des populations riveraines ? Pour le savoir, Vert a compilé des dizaines de rapports officiels publics et collecté autant de documents exclusifs. Notre enquête révèle que les polluants rejetés par le site industriel dans l’air sont susceptibles d’engendrer un risque sanitaire supérieur à ce qui est toléré en France. Sans qu’à aucun moment la population ait été informée.
👉 Cliquez ici pour lire l’enquête de Nicolas Cossic, et là pour voir le photoreportage de Yann Castanier à Reims.

· Mardi, le ministère des transports a reconnu avoir versé 79 millions d’euros au concessionnaire de l’autoroute A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn) après la suspension du chantier en 2025. Cette somme, jugée «fantasque» par le collectif d'opposant·es La Voie est libre, a servi à prendre en charge les «surcoûts» liés à l’interruption de trois mois ordonnée par la justice, défend une source ministérielle. - Vert (AFP)
· Mardi toujours, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté sur l’aggravation «imminente» de la crise humanitaire qui perdure en Somalie. Selon l’organisation, des millions de personnes risquent d’être exposées à la famine dans le pays, en raison de la sécheresse. - Le Monde
· Aux États-Unis, des scientifiques viennent de sortir une première version d'un rapport rapport crucial sur l'État de la biodiversité, malgré les efforts répétés de Donald Trump pour faire annuler ce travail. Si ses conclusions ne sont guère réjouissantes – 34% des espèces de plantes et 40% des espèces animales des États-Unis sont en danger d’extinction –, elles témoignent de la résistance de la science, bien décidée à poursuivre ses recherches de manière indépendante. - Vert



· Mal du paysan. Leader de la mobilisation agricole depuis janvier 2024, l'éleveur de bovins Jérôme Bayle a bloqué pendant un mois cet hiver une autoroute en Haute-Garonne avec ses «ultras de l'A64». Son histoire est sortie au cinéma mercredi. Vert a rencontré chez lui ce défenseur passionné du terroir – qui est aussi chasseur et ancien rugbyman – pour parler agriculture et écologie. - Vert
· La guerre déclenchée samedi par les frappes étasuniennes et israéliennes en Iran a fait bondir les cours mondiaux du gaz et du pétrole. Pour le philosophe Pierre Charbonnier, les conflits internationaux révèlent notre dépendance aux énergies fossiles et pourraient nous inciter à accélérer la transition écologique. Une hypothèse illusoire, répond le militant écologiste Vincent Rissier dans un double entretien à Vert, à retrouver ici.

· Ecœure du réacteur. Depuis quatre ans, Zaporijia, la plus grande centrale nucléaire d’Europe, est occupée par les forces armées russes. L’association ukrainienne de défense des droits humains Truth hounds vient de sortir un rapport pour documenter les exactions sur les civil·es et les employé·es du site. Elle dénonce des crimes de guerre et une menace constante sur la sûreté nucléaire. On vous explique. - Vert
· Bon gré, migré. Près de la moitié des 1 200 espèces migratrices inscrites dans la convention des Nations unies qui les protège sont en déclin, selon une nouvelle évaluation publiée jeudi. Le rapport révèle aussi que la situation s'est empirée en deux ans, et que 24% de ces animaux sont désormais menacés d'extinction. Bécasseau rousset, Tournepierre à collier ou encore pluvier argenté... Pour en savoir plus sur les espèces concernées, cliquez ici.

· On cause commune. Après la «vague verte» de 2020, les municipales de 2026 pourraient bien être étiquetées comme celles du reflux pour les Écologistes… et pour l’écologie. Pourtant, bien qu’absente des débats politico-médiatiques, elle s'impose localement «sans être labellisée comme telle», témoignent plusieurs spécialistes auprès de Vert.
· Banlieue de vie. Depuis 2020, Colombes est la plus grande commune d’Île-de-France dirigée par un membre du parti Les Écologistes. Végétalisation, pistes cyclables, rénovations thermiques… alors que Patrick Chaimovitch brigue un nouveau mandat, on s'est penché sur son bilan. - Vert
· Promettre à l’envers. Alors que la plupart des candidat·es aux élections municipales ont mis du vert dans leur programme, le Réseau action climat (RAC) a sorti cette semaine une boîte à outils pour démêler les fausses promesses des vrais engagements écolos. On vous explique. - Vert
· Pas que beau. Le secteur maritime est le principal émetteur d’oxydes d’azote à Marseille, à cause des gaz d’échappement des bateaux. Une pollution qui pèse sur la santé des habitant·es et qui refait surface dans les discours politiques à quelques jours du premier tour des élections municipales de 2026. On fait le point. - Vert

«70% des terres agricoles appartiennent à des hommes» : dans la Drôme, le difficile combat des agricultrices pour trouver une exploitation
Foncier dans le mur. Annie Genevard, la ministre de l’agriculture, a présenté la semaine dernière son nouveau «plan d’action pour favoriser la place des femmes en agriculture». Vert s’est rendu près de Crest (Drôme) à la rencontre de paysannes pour qui la quête d’une parcelle est un parcours de combattantes. «On cherche des terres depuis un an environ», retracent Fanny Boullaud et Juliette Baste-Morand, qui cultivent sur une parcelle qu’elles louent et à laquelle elles n'auront plus accès cet été. Noémie Girard, chargée de mission Genre et Agriculture pour l’association Terre de liens, explique que «70% des terres agricoles appartiennent à des hommes. Les lignes masculines ont toujours été privilégiées pour les héritages des terres et des entreprises.»
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Natacha Marbot dans la Drôme.


· Arrêté tout ! Lundi, le Conseil d'État a annulé un arrêté du ministère de la transition écologique, pris après la crise agricole en 2024, qui «simplifiait» la création de plans d'eau dans les zones humides, au détriment de la protection de ces espaces riches en biodiversité. - Vert
· Ah, les champs ! Depuis maintenant quinze ans, la commune de Mouans-Sartous, dans les Alpes-Maritimes, a engagé une transition alimentaire écologique. Elle incite les habitant·es à cultiver, attribue de nouvelles terres à l’agriculture… Des pratiques qu’elle voudrait voir se développer ailleurs, y compris au-delà des frontières. On s’est rendu sur place à l’occasion de la visite d’une délégation européenne. - Vert

· Imerys les poils. Mardi, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a annoncé avoir rejeté une requête du groupe Imerys, qui souhaitait ouvrir une carrière de diatomite sur une zone humide, près de Saint-Flour, dans le Cantal (notre article). La société contestait le classement du site en zone agricole dans le plan local d'urbanisme (PLU). Si les opposant·es saluent cette victoire, le projet d’Imerys n’est pas abandonné pour autant. - Mediapart (AFP)

Qui est Françoise d'Eaubonne, l'inventrice de l’écoféminisme ?
Milite planétaire. François d’Eaubonne (1920-2005) était à la fois poétesse, militante de la lutte décoloniale et figure du mouvement de libération des femmes (MLF). En 1974, elle a théorisé l’écoféminisme, qui établit que le patriarcat et la destruction de la planète répondent à la même logique d’exploitation. Dans cette chronique pour Vert, Ophélie Damblé – alias Ta Mère nature sur Instagram – brosse son portrait, premier d’une longue série.

+Sophie Boutière-Damahi, Lisa Boudoussier, , Pierre Isnard-Dupuy, Natacha Marbot, Zoé Moreau, Théo Mouraby, Anne-Claire Poirier et Sanagaont contribué à ce numéro.

