«Sortir des labos pour défendre le vivant» : les scientifiques se rebiffent

Science et conscience.
Dans un vigoureux manifeste publié au Seuil, les Scientifiques en rébellion détaillent les raisons de leur passage à l’action et enjoignent leurs pairs à sortir d’une prétendue «neutralité» et désobéir avant qu’il ne soit trop tard.

Elles et ils ont étudié les sciences du vivant, ont contribué aux plus éminents rapports sur l’état de notre planète, connaissent sur le bout des doigts les trajectoires climatiques que notre monde emprunte et… frôlent le burn-out. Malgré leurs alertes répétées depuis des décennies, nos sociétés s’empêtrent dans des crises écologiques multiples et de plus en plus complexes.

Quelle est la responsabilité de la science et de ses agent·es dans cet effondrement ? La neutralité en sciences est-elle seulement possible ? Quel est le rôle d’un·e scientifique dans un monde qui s’effondre ? Le mouvement Scientifiques en rébellion, qui compte 500 membres de toutes disciplines et constitue la branche française du mouvement international «Scientist rebellion», répond à ces questions en soixante pages ultra limpides. Pour elles et eux, il est temps de se mettre au boulot et de sortir des labos.

«Nombre de recherches ont joué et continuent de jouer un rôle particulièrement néfaste dans la dégradation du vivant sur Terre […], rappellent les chercheur·ses. Être scientifique, c’est aussi porter la responsabilité collective d’une réflexion sur ces conséquences et d’une remise en cause de ces recherches et des imaginaires qu’elles nourrissent.»

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Contre-sommet à l’occasion de la 28ème conférence (COP28) sur le climat à Dubaï, marche intitulée «le printemps silencieux» à l’ouverture du salon de l’agriculture, occupation du Museum national d’histoire naturelle (MNHN) pour la «nuit de l’extinction» : les modes d’action du collectif sont aussi variés que ses membres. Un seul mot d’ordre : agir avant qu’il ne soit trop tard.

Un court manifeste, puissant et accessible, que Rabelais lui-même n’aurait pas renié car «science sans conscience n’est que ruine de l’âme».

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, en matière de pollution comme de climat, notre gouvernement protège davantage les intérêts des industriels que notre santé et l’avenir de nos enfants.

Alors que le débat démocratique est pollué comme jamais, nos journalistes ont un rôle inédit à jouer. 

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe d’enquête et solutions spécialisée dans la santé et les pollutions, et va se renforcer sur le climat.

Objectif : + 5 000 membres du Club avant le 14 juin pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

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