Elon Musk, les fusées et les bébés tortues : pourquoi la présidente du Mexique veut porter plainte contre SpaceX ?

Écran de fusée.
La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a annoncé mercredi 25 juin qu’elle songeait à poursuivre SpaceX pour la pollution causée par l’explosion de l’une de ses fusées. La base de lancement de la firme se situe à quelques kilomètres de la frontière américano-mexicaine.

Voilà plusieurs jours qu’un bras de fer s’est engagé entre la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum et le milliardaire libertarien Elon Musk. Mercredi 25 juin, en conférence de presse, la cheffe d’État a annoncé son intention de porter plainte contre SpaceX, l’entreprise spatiale de l’ex-conseiller de Donald Trump, pour les dégâts causés par l’explosion de l’un de ses engins.

La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, et le dirigeant de SpaceX, Elon Musk. © Wikimedia commons

L’incident remonte au 18 juin dernier : une méga-fusée, encore située sur sa base de lancement au Texas, a explosé en mille morceaux, qui sont en partie retombés sur l’État mexicain de Tamaulipas, au nord du pays. Et pour cause : la base de SpaceX n’est située qu’à une vingtaine de kilomètres des premières plages du pays.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

Des débris ont été retrouvés dès le lendemain dans le fleuve Rio Grande, ainsi que sur les plages, où des associations locales se sont mobilisées pour ramasser les débris. Sur les réseaux sociaux, Jesús Ibarra Rodríguez, le président de l’organisation environnementale Conibio global, a alerté : «Les bébés tortues, dès leur naissance, se nourrissent d’algues mais peuvent aussi ingurgiter, par inadvertance, des particules de métal ou de plastique.»

Les jours qui ont suivi l’explosion, des «scientifiques du gouvernement mexicain» sont venus observer les dégâts, et ont «prélevé des échantillons d’eau de la rivière et de la plage, de la terre, du sable et des plantes brûlées, entre autres», rapporte l’association. Selon elle, l’explosion de la fusée a provoqué la chute de «morceaux de plastique solide, d’aluminium, de caoutchouc, de réservoirs de combustion et de métal.»

«Aucun risque», jure SpaceX

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a déclaré, selon des propos rapportés par le média Excelsior (repérés par Courrier International), que son gouvernement avait ouvert une enquête afin d’évaluer les conséquences environnementales de l’incident.

Sur X, SpaceX a assuré que l’explosion ne représentait «aucun risque pour la zone environnante. Car, selon elle, les tests précédemment effectués sur les matériaux confirment qu’ils ne présentent aucun risque chimique, biologique ou toxicologique.»

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe de journalistes, scientifiques et citoyen·nes, capable de révéler les pollutions, d’exposer les responsables, et de faire émerger les solutions pour rester en bonne santé.

Objectif : 5 000 soutiens mensuels pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti