Édition du 29 juillet 2026

Fumées tuent

Chères toutes et chers tous,

✍️ Pour une prochaine série d’articles à paraître dans Vert, nous voudrions savoir quels effets ces canicules à répétition et les récents incendies ont eu sur vous, sur la manière dont vous vous représentez l’avenir et les choix que cela implique pour vous. Si vous voulez nous faire part de votre ressenti et témoigner, vous pouvez remplir notre formulaire en cliquant juste ici.


Les panaches des incendies en Gironde étouffent les habitant·es à des kilomètres à la ronde.


«J’avais le sentiment d’étouffer» : un épisode de pollution «sans précédent» autour des incendies historiques en Gironde

Tousseux tout flamme. Les fumées du gigantesque incendie qui ravage la Gironde et les Landes ont provoqué une pollution atmosphérique d’une intensité exceptionnelle jusque dans l’agglomération bordelaise. Les autorités appellent la population à rester chez elle et à éviter tout effort physique.

Depuis plusieurs jours, les incendies qui ont ravagé 42 000 hectares en Gironde et 3 600 dans les Landes dégagent d’importantes quantités de fumées toxiques. Poussés par les vents, ces panaches s’étendent bien au-delà de la zone des flammes, touchant une large partie de la Nouvelle-Aquitaine. Le réseau de surveillance Atmo Nouvelle-Aquitaine qualifie dans son bulletin de mardi la qualité de l’air de «dégradée» à «extrêmement mauvaise» en Gironde et dans les Landes, en raison d’un épisode de pollution aux particules en suspension (PM10, inférieures à 10 micromètres).

Bordeaux (Gironde), le 26 juillet. Un épais nuage de pollution recouvre la ville. © Ed Jones/AFP

Les concentrations ont diminué lundi et mardi, mais la situation reste très incertaine. «On est complètement dépendants des vents», explique à Vert Camille Arnaud, d’Atmo Nouvelle-Aquitaine. Les dernières prévisions montrent un déplacement du panache «vers le sud puis vers le littoral, donc il devrait y avoir beaucoup moins d’impact pour les populations dans les prochains jours», précise-t-elle. Avant de nuancer : «Tout peut encore changer.» La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a assuré que les autorités restaient «très vigilantes sur la pollution de l’air».

«C’est simple, j’ai eu des migraines toute la journée samedi et dimanche, et des maux de gorge le soir. J’avais le sentiment d’étouffer, raconte à Vert Alexis Gonzalez, habitant de Bègles, en périphérie de Bordeaux. J’avais pourtant laissé toutes les fenêtres de mon appartement fermées et je les avais calfeutrées avec du scotch. Mon balcon était recouvert de cendres, le ciel était noir. Je n’avais jamais vu ça.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Zoé Moreau et là pour découvrir le reportage d’Ivan Logvenoff à Bordeaux dans un tiers-lieu qui accueille les sinistré·es des incendies.

· Lundi, la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a dressé le bilan de la sécheresse exceptionnelle qui touche actuellement la France. Le niveau de la quasi-totalité des nappes phréatiques est en baisse et «plus de 80% du territoire est visé par des mesures de restriction d’eau». D’autant que la nouvelle canicule de cette semaine, quatrième depuis le début de l’année, «va encore accentuer cette sécheresse déjà historique», souligne la ministre. – Lire notre décryptage

· Deux semaines après son lancement, «Se compter pour peser», une plateforme de recensement des victimes directes du changement climatique, rassemble 105 000 personnes et plus de 30 000 témoignages. Créée par les ONG Notre Affaire à tous, Greenpeace et Oxfam, elle vise à «rappeler à l’État sa mission de protection de sa population». En réaction, les ONG demandent la mise en place d’actions concrètes comme la cessation immédiate d’activité pour les travailleur·ses exposé·es aux fortes chaleurs ou encore l’instauration d’un droit effectif à l’eau potable. – Lire notre article

· Dimanche, le site spécialisé Flightradar24 a annoncé que le trafic aérien mondial avait connu sa journée la plus chargée, le 23 juillet. Ce jour-là, 153 359 trajets ont été enregistrés. Une demande de vols qui «devrait plus que doubler d’ici 2050», d’après l’Association du transport aérien international (IATA). Le secteur de l’aviation est pourtant responsable d’au moins 2,5% des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2).

Le 23 juillet, plus de 150 000 avions commerciaux étaient dans le ciel. © Capture d’écran/Flight radar

«Je les traite comme mes enfants» : dans les décombres de Gaza, ces apiculteurs tentent de sauver les abeilles, un enjeu de sécurité alimentaire

Malgré les bombardements, les déplacements forcés et la famine, des apiculteurs gazaouis continuent de prendre soin de leurs abeilles. La guerre a déjà coûté la vie à 20 d’entre eux et 905 sont aujourd’hui sans emploi, selon l’Association coopérative des apiculteurs de Gaza (Palestine). Ahmed Al-Kahlout emporte ses ruches avec lui dès qu’il fuit la guerre : «Je les traite comme mes enfants. Ce n’est pas seulement un gagne-pain. Elles font partie de mes souvenirs, de ma vie et de l’avenir de mes enfants.» Depuis le début des représailles israéliennes après les massacres du Hamas le 7 octobre 2023, la production locale de miel s’est effondrée. «Les abeilles sont les principaux pollinisateurs des cultures de Gaza, et leur disparition aura des conséquences sur la production alimentaire», avertit Hamada Hamada, directeur de l’association coopérative. Ces insectes jouent un rôle essentiel dans la pollinisation des plantes sauvages comme des cultures, ce qui en fait un maillon vital de la continuité de la vie agricole.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage d’Ansam Al-Qitaa à Gaza, en partenariat avec Egab.

Quartier d’Al-Tuffah, à l’est de Gaza (Palestine), le 16 juin 2026. Ahmed Al-Kahlout et ses ruches installées sur les ruines de sa maison. © Ansam Al-Qitaa/Vert

Isolation, volets, ventilateurs de plafond : comment obliger son propriétaire à faire des travaux dans un logement bouilloire

Travaux la peine. Près d’un logement sur trois en France est une «bouilloire thermique», selon un rapport de juin 2025 de la Fondation pour le logement des défavorisés. Pour faire face, les locataires ont des leviers concrets afin d’obtenir des travaux de leur propriétaire… même s’il faut souvent s’armer de patience. Pour faire poser des volets, la première démarche pour un·e locataire consiste à adresser une demande écrite à son propriétaire, en détaillant le problème rencontré. «Il ne suffit pas d’écrire que l’on a trop chaud : il faut bien argumenter et formuler des demandes concrètes», explique Adrien Roux, militant de l’association Locataires ensemble. Pour rédiger ce courrier, on peut se faire aider par l’association qui propose un modèle de lettre sur son site internet. Le ou la propriétaire a ensuite deux mois pour répondre.

👉 Cliquez ici pour lire la suite du décryptage de Raphaëlle Vivent et découvrir les autres leviers pour obtenir des travaux de rénovation de votre propriétaire.

Les résumés IA de Google ont débarqué en France : voici comment les désactiver

Google de l’emploi. Depuis une semaine, le célèbre moteur de recherche propose des réponses à vos requêtes boostées à l’intelligence artificielle (IA). À la clé : un risque de chute de trafic pour les médias et de pillage de leurs contenus. Pour désactiver ces résumés IA, il existe des solutions, listées par le média Les Numériques. On vous explique en vidéo.

© Vert

+ Ansam Al-Qitaa, Rémy Calland, Moncef Arbadji, Lilou Hiver, Ivan Logvenoff, Mathilde Picard, Anne-Claire Poirier, Antoine Poncet et Raphaëlle Vivent ont contribué à ce numéro.