Chères toutes et chers tous,
🙏 Vous êtes une soixantaine à être venu·es nous rencontrer au Bien Public, à Bordeaux, mercredi 22 avril, pour l’apéro du Club de Vert, en partenariat avec Planet Parade. Un moment chaleureux et convivial, où l’équipe a pu raconter les coulisses de votre média préféré, répondre à vos questions et dévoiler en avant-première notre futur site internet. Merci pour l’accueil (et pour les cannelés), Bordeaux !
Pour placer son argent dans des entreprises polluantes, la ministre de l’écologie est la grande gagnante.

Airbus, BNP, Sanofi, Zara… Monique Barbut, ministre de l’écologie, est actionnaire de dizaines de grandes entreprises
Vert a examiné la déclaration de l’ex-patronne du WWF France à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et a découvert plus de 150 000 euros d’actions détenues dans 27 grandes entreprises, dont certaines au lourd bilan écologique.
Lundi, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP, la vigie de la probité des élu·es) a publié les déclarations de patrimoine et d’intérêts de la plupart des ministres du gouvernement Lecornu II. Monique Barbut, ministre de la transition écologique, sort du lot.
Pas pour les 583 000 euros de parts qu’elle détient dans la «SCI Santa Villa Lucia», elle-même propriétaire d’une maison à 1,2 million d’euros à Sainte-Maxime, dans le Var. Ni même pour le diamant solitaire à 30 000 euros qu’elle déclare.

Mais parce que l’ex-patronne du WWF France cumule (d’après les chiffres arrêtés au moment de sa nomination le 12 octobre 2025) 27 «participations financières directes dans le capital d’une société». En d’autres termes : des actions dans des entreprises. Et pas n’importe lesquelles, comme Vert l’a découvert.
Parmi les nombreuses firmes avec lesquelles la ministre a des liens économiques, on trouve Airbus, fleuron français de l'aéronautique civile. Si Monique Barbut n’a pas perçu de rémunération du groupe ou de gratification en 2024 (dernière année étudiée par la HATVP), elle détient tout de même 6 177 euros du capital de l’entreprise. Elle est donc «intéressée», au sens économique, par la santé financière du géant de l’aviation.
Autres exemples notables : elle déclare 5 401 euros en actions à la BNP Paribas, la banque française qui finance le plus les énergies fossiles, selon l’ONG Reclaim finance. On trouve également une ligne de 2 540 euros chez L’Oréal ou 6 805 euros chez LVMH, le numéro 1 mondial du luxe, dont le patron est Bernard Arnault.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cette enquête de Zoé Moreau et Sophie Roland et là pour découvrir le deuxième volet de ces révélations, qui portent cette fois-ci sur les actions TotalEnergies de la ministre.

· Jeudi, France nature environnement et l'Association citoyenne et laïque des consommateurs ont annoncé avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour obliger l'État français à protéger les captages d'eau potable. En 2024, 19 millions de Français·es ont reçu au moins une fois une eau non conforme aux critères de qualité vis-à-vis des pesticides, d'après les données du ministère de la santé. - Vert
· Jeudi encore, une nouvelle pétition pour lutter contre la contamination au cadmium en France a atteint les 10 000 signatures, sur le site de l’Assemblée nationale. Face aux risques sanitaires liés à ce métal toxique qui contamine la population principalement via l’alimentation, comme l’a alerté l’Autorité sanitaire, un professeur de philosophie a lancé cette pétition pour exiger des mesures concrètes et dénoncer l’inaction des pouvoirs publics. - Vert
· Lundi, l’ancienne gare de Luméville dans la Meuse – lieu de résistance contre le megaprojet d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo à Bure – a été évacuée par les gendarmes après dix-neuf ans d’occupation. L’ancienne station de chemin de fer, à six kilomètres de Bure, doit permettre d’acheminer les déchets radioactifs. Les opposant·es anti-nucléaires ont quitté le site dès le début de l’intervention. - L'Est républicain



Dépasse décisive. Si toute l’humanité vivait comme les Français·es, nous aurions déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an, ce 24 avril, a calculé le Global footprint network, qui compare tous les ans l’empreinte écologique de tous les pays du monde. Appelé «jour du dépassement», cette date symbolique permet d’interpeller sur nos modes de consommation. - Vert
Le réchauffement climatique provoque davantage d’épidémies, de crises cardiaques, d’AVC ou de fausses couches, dévoile le dernier rapport du Lancet Countdown, publié ce mercredi (le rapport). Les auteur·ices de ce projet international, qui surveillent les conséquences de l’évolution du climat sur la santé humaine, ont calculé que l’été 2024, le plus chaud de l’Histoire en Europe, avait provoqué à lui seul la mort de 62 000 personnes. - Vert
Chemin de faire. Pour voyager en Europe depuis l’Hexagone, le nombre de trains directs est insuffisant, pointe le Réseau action climat (RAC) dans un rapport publié ce mardi. «Les trains européens ne sont pas pensés pour faire du transfrontalier, ce sont plutôt des logiques nationales qui priment», regrette Alexis Chailloux, spécialiste transport pour le RAC. Le rapport préconise notamment de développer les lignes de nuit et d’augmenter la fréquence des trains internationaux. - Vert

L'ascension du Movento. Les associations France nature environnement et Générations futures ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Lyon (Rhône), vendredi dernier, contre une dérogation accordée par le gouvernement français au Movento. Ce pesticide, fabriqué par le géant de l'agrochimie Bayer, est interdit depuis 2024 dans l'Union européenne. Pourtant, le ministère de l'agriculture a décidé d'accorder en mars une dérogation à plusieurs cultures fruitières (pommes, poires, cerises…), qui peuvent désormais l'utiliser jusqu'au 29 juin contre les attaques de pucerons. - Vert

Cancer du sein, fausses couches… Exposées à un gaz toxique, ces salariées de Tetra médical veulent faire reconnaitre la responsabilité de leur employeur
En Ardèche, le personnel du laboratoire médical a été exposé pendant des décennies à un gaz toxique. Le 30 mars, cinq ex-salariées ont déposé un dossier au tribunal judiciaire de Privas pour demander la reconnaissance de leurs pathologies en maladies professionnelles. Au sein de l’usine ardéchoise, on produisait du matériel médical à usage unique, notamment des compresses non tissées, qu’on stérilisait à l’aide de l’oxyde d’éthylène, un gaz reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR) par la réglementation de l’Union européenne. Les cinq salariées de Tetra médical espèrent obtenir la reconnaissance en maladie professionnelle pour des cancers, des fausses couches ou de la surdité. Le délibéré dans cette affaire est attendu le 28 mai prochain.
👉 Cliquez ici pour lire l'intégralité de ce reportage de Giovanni Simone en Ardèche et en savoir plus sur le combat de ces femmes.


En Gironde, un projet d’entrepôts XXL menace des zones humides et des espèces protégées : «Nous avons une responsabilité collective»
Logis tique. Au lieu-dit La Règue, près de l’A63 et du bassin d’Arcachon, une quarantaine personnes se sont rassemblées, ce 12 avril. «Avant la balade, on voulait vous rappeler la teneur de ce projet d’entrepôt prévu ici même», débute Frédéric, l’un des initiateurs du rassemblement. Ces opposant·es souhaitent sensibiliser les habitant·es à la faune et à la flore menacées par le projet de pôle logistique et industriel de l’entreprise PRD, au milieu du parc naturel des Landes de Gascogne. Ce dernier occuperait une superficie totale de 15 hectares, et son chantier menace 51 espèces protégées. Le Conseil national de protection de la nature a rendu un avis défavorable, en janvier, sur le projet de PRD qui «n’a pas démontré le besoin de création de ces plateformes spécifiquement en Gironde». La consultation publique est officiellement lancée depuis lundi.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Marius Jouanny dans les Landes de Gascogne.


· Tête en flair. Près de Rouen, ces «Nez», des habitant·es expert·es dans la reconnaissance des odeurs ne respirent pas de fragrances de jasmin ou de bergamote, mais plutôt de la cyclopentanone ou du benzaldéhyde. Le but : lutter contre les nuisances olfactives et les pollutions industrielles. On les a rencontré·es. - Vert
· Banlieusard de vivre. Banlieues climat a été récompensée pour son engagement social, jeudi soir, lors de la quatrième édition de la cérémonie des Flammes, événement dédié aux cultures populaires. L’association sensibilise aux enjeux de la transition écologique et développe des projets locaux avec les habitant·es des quartiers populaires.
· Renouer les éoliens. Des activistes de Greenpeace ont introduit des mini-éoliennes en bois de trois mètres de haut sur un golf appartenant à Donald Trump en Écosse, lundi, à 6h30 du matin. Avec une pancarte «Choisissez le vent, dégagez Trump», les militant·es dénoncent l’appel du président étasunien, qui pousse le Royaume-Uni à rejeter les éoliennes et à «forer» du pétrole en mer du Nord. - Le Parisien

«Fuites» : un roman haletant dans la peau des «dégonfleurs de SUV» à Lyon
Dégonfleurs au fusil. Angoisses climatiques, courses-poursuites et débats politiques : dans un livre entraînant, Étienne Bretin raconte de l'intérieur les nuits d'action d'un collectif de militant·es écologistes au cœur de la capitale des Gaules. L’écrivain décrit la réflexion de ces jeunes engagé·es, qui dégonflent les pneus des SUV avec des lentilles.
👉 Cliquez ici pour lire cette chronique d’Esteban Grépinet.


+, Lilou Hiver, Théo Mouraby, Anne-Claire Poirier, Sophie Roland, Sanaga et Giovanni Simoneont contribué à ce numéro.
