Édition du 21 septembre 2024

À cor et à crues

Chères toutes et chers tous,

Les 4, 5 et 6 octobre prochain, le Felipé, le Festival du livre et de la presse d’écologie, vous donne rendez-vous à l’Académie du climat, à Paris, pour trois jours de rencontres et de débats. L’entrée est libre ! Toute la programmation juste ici.


Face aux inondations et aux sécheresses, les bonnes solutions ne sont pas toujours celles qu’on croit.


Agnès Ducharne, hydrologue : «Il y a une privatisation de l’eau, cette ressource essentielle transformée en euros»

La fuite en avant. Mégabassines, géo-ingénierie, OGM… Que valent les solutions proposées aujourd’hui pour faire face aux sécheresses et aux inondations, dans un monde toujours plus exposé aux aléas climatiques ? Éléments de réponse avec l’hydrologue Agnès Ducharne.


Depuis les années 1950, nos prélèvements en eau ont été multipliés par trois à l’échelle mondiale. Comment expliquer cette intensification ?

Il y a d’abord l’augmentation démographique : entre 1960 et 2014, la population mondiale a été multipliée par 2,5. Ajoutez à cela le développement technologique et celui d’une agriculture moins pluviale, plus irriguée, qui est un acteur majeur des prélèvements en eau dans les milieux.

Cette accélération de l’appropriation des ressources naturelles par les êtres humains est caractéristique de notre époque. C’est très net depuis la Seconde Guerre mondiale. On parle de «la grande accélération», et cela se voit sur l’eau, sur les émissions de gaz à effet de serre, sur les ressources minérales.