«Ce sont des archives de la planète» : le musée d’Orsay va prêter des œuvres qui racontent le climat à des dizaines de musées en France

Jamais trop art.
 Le musée d’Orsay de Paris a sélectionné 100 œuvres d’art qui montrent le regard d’artistes, dès le 19ème siècle, sur le changement climatique. Certaines d’entre elles seront prêtées à des musées partout en France.

«100 œuvres qui racontent le climat» : c’est le nom de l’opération tout juste lancée, pour la première fois, par le musée d’Orsay, à Paris. Dans ce cadre, l’institution connue pour ses toiles du mouvement impressionniste a annoncé, mardi, qu’elle prêterait 49 tableaux, dessins, photographies et statues à d’autres musées partout en France.

De mars à juillet, 31 établissements, de Brest (Finistère) jusqu’à Ornans (Doubs), en passant par Tours (Indre-et-Loire) ou encore Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), accueilleront des représentations de moissons, glaciers, paysages enneigés ou usines fumantes. À Paris, le musée d’Orsay conservera une cinquantaine d’œuvres, qui seront exposées dans un parcours de visite dédié au changement climatique.

La gare Saint-Lazare, Claude Monet, 1877. © Benoît Touchard, musée d’Orsay. Le tableau sera prêté au musée de Digne-les-Bains.

Les 100 œuvres ont été sélectionnées «pour leur capacité à dialoguer avec les savoirs scientifiques», explique Sylvain Amic, président de l’institution culturelle parisienne. Elles ne dépeignent pas seulement des paysages, «elles témoignent des bouleversements initiés au 19ème siècle, en pleine industrialisation et racontent les origines des défis climatiques que nous affrontons aujourd’hui», précise-t-il.

«Questionner le rapport entre l’homme et l’animal»

Le musée Girodet de Montargis (Loiret), dont la collection a été ravagée en 2016 par une crue, accueillera Inondation à Port-Marly d’Alfred Sisley. L’établissement souhaite «mettre à l’honneur la mémoire patrimoniale et présenter les traces de cette catastrophe au sein du musée et dans le territoire environnant», a détaillé sa directrice Sidonie Lemeux-Fraitot.

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À Tulle (Corrèze), la Cité de l’accordéon et des patrimoines accueillera la statue du Bélier rétif d’Antoine Bourdelle. Elle constituera le cœur de l’exposition temporaire Vivant, ce que l’art nous dit, du 15 mars au 13 juillet. «L’enjeu est de questionner le rapport entre l’homme et l’animal, précise la ville à Vert. Nous sommes très fiers d’accueillir une œuvre d’un musée de cette envergure, c’est très valorisant et on espère que cela permettra d’attirer le public le plus large possible».

Le Bélier rétif, Antoine Bourdelle, 1909. © Hervé Lewandowski, musée d’Orsay

Outre ces prêts, le musée d’Orsay publiera au printemps un livre éponyme, 100 œuvres qui racontent le climat, qui donnera la parole à des chercheur·ses du climat et de l’environnement, et à des conservatrices du musée. Parmi les expert·es interrogé·es : les climatologues Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel ou encore l’hydrologue Emma Haziza.

Alors que les tempêtes et les incendies font régulièrement la Une, pour Sylvain Amic, «l’actualité renforce l’idée que les musées ont un rôle à jouer» dans la prise de conscience du changement climatique. Il ajoute : «Ces œuvres d’art sont des archives de la planète».

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

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