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«Jour du dépassement» : à partir de ce vendredi 24 avril, la France vit à crédit écologique

Dépasse décisive. Si toute l’humanité vivait comme les Français·es, nous aurions déjà consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an, ce 24 avril, a calculé le Global footprint network, qui compare tous les ans l’empreinte écologique de tous les pays du monde.
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Le think tank Global footprint network détermine chaque année, à l’été, la date symbolique à partir de laquelle l’humanité vit à crédit écologique. C’est-à-dire le moment où elle a épuisé les ressources naturelles que la planète est capable de produire et les déchets que celle-ci peut absorber en un an.

L’ONG WWF rappelle «l’urgence qu’il y a à changer nos comportements». © Markus Spiske/Unsplash

Pour montrer que la responsabilité de cette consommation excessive n’est pas la même en fonction des pays, l’ONG décline un «jour du dépassement» pour chacun d’entre eux… et celui de la France tombe ce vendredi 24 avril.

En clair, si l’ensemble de l’humanité adoptait le mode de vie d’un·e Français·e moyen·ne, nous aurions déjà épuisé un an de ressources de la Terre. Nous faisons ainsi moins bien que nos voisins européens comme l’Allemagne (le 10 mai), le Royaume-Uni (22 mai) ou l’Espagne (4 juin).

«Ce dépassement est dû au fait que les humains émettent plus de CO2 que la biosphère ne peut en absorber, utilisent plus d’eau douce qu’il n’en est renouvelée, abattent plus d’arbres qu’il n’en repousse, pêchent plus vite que les stocks ne se reconstituent», précise le Global footprint network.

Deux indicateurs clés : biocapacité et empreinte écologique

L’an dernier, notre «jour du dépassement» tombait le 19 avril. Est-ce à dire que la France fait un peu mieux en 2026 ? Pas si sûr : cette date est pour l’instant une estimation, elle est le fruit d’un calcul complexe et sera mise à jour au cours de l’année. Elle pourrait donc finalement être plus précoce que ce 24 avril.

Pour atteindre ce résultat, le Global footprint network analyse plusieurs indicateurs : la «biocapacité» d’un pays – à savoir sa capacité à produire des ressources (forêts, terres cultivables, zones de pêche, etc.) et à absorber les déchets (dont le dioxyde de carbone émis par les activités humaines) – et son empreinte écologique, autrement dit : le total de tout ce qui est consommé par la population pour répondre à ses besoins (nourriture, bois, espace pour construire des infrastructures…).

«Rappeler l’urgence»

En 2024, Jean-Louis Bergey, coordinateur de la prospective à l’Agence de la transition écologique (Ademe), expliquait à Vert que le jour du dépassement est «un concept qui présente bien sûr des limites théoriques et scientifiques, mais [qu’il est] surtout un outil de communication puissant». Il sert ainsi à interpeller sur nos modes de consommation.

En France, chaque année, l’ONG WWF communique à cette date. «On essaie, au-delà du chiffre symbolique, de rappeler l’urgence qu’il y a à changer nos comportements et nos modes de consommation, explique Jean Burkard, directeur du plaidoyer de l’association. S’il y a une prise de conscience sur l’impact de notre surconsommation – notamment pour les émissions carbone ou la consommation d’énergie –, cela se traduit très timidement.»

La branche française de l’organisation s’inquiète du projet de loi d’urgence agricole, qui doit être adopté avant l’été. Le gouvernement y prévoit de nouvelles dispositions pour faciliter les «mégabassines», pourtant critiquées par la communauté scientifique pour leur mal-adaptation au changement climatique. Jean Burkard illustre : «Les mégabassines, c’est l’exemple même d’un abus potentiel des ressources, puisqu’on va diminuer le niveau de l’eau dans les nappes et les rivières.»

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