Édition du 14 octobre 2026

Fission impossible

Chères toutes et chers tous,


Le géant du nucléaire Orano a un grand projet. Mais dans la Manche, il ne fait pas l’unanimité.



«On est né avec le nucléaire, mais on ne veut pas que ça devienne n’importe quoi» : dans la Manche, levée de boucliers face au «projet du siècle» d’Orano

Battle d’Orano. Ce géant de l’industrie nucléaire s’apprête à lancer «Aval du futur», un gigantesque chantier pour assurer le recyclage des combustibles usés. Mais le projet fait grincer des dents, dans une région fortement dotée en infrastructures nucléaires. Pour comprendre, Vert s’est rendu sur place.

Des panneaux ont fleuri çà et là dans la campagne du Cotentin, non loin de la route nationale 13, sur la commune d’Yvetot-Bocage (Manche), en cette fin septembre. «Orano à Yvetot, non», «Non à l’implantation d’Orano sur des terres agricoles» : les slogans sont inscrits à la peinture sur des morceaux de bois.

Ces inscriptions sont loin d’être isolées. Elles se multiplient à mesure que l’on parcourt les 40 kilomètres qui séparent cette petite commune de celle de La Hague, devenue, au fil des décennies, l’un des bastions du nucléaire français.

Des opposant·es du collectif Piscines Nucléaires Stop, devant le site industriel d’Orano à La Hague. ©  Clément Gousseau/Vert

C’est ici que s’étend sur 300 hectares le site industriel d’Orano, leader mondial du traitement des combustibles nucléaires usés. Ses hautes cheminées se dressent à une vingtaine de kilomètres du réacteur nucléaire de Flamanville 3, qui défraie régulièrement la chronique, notamment en raison de son coût.

Mais l’usine, vieillissante, est censée cesser ses activités d’ici 2040. Si un programme qui vise à prolonger son fonctionnement jusqu’en 2060 est en cours, Orano s’apprête à lancer un chantier gigantesque et controversé : Aval du futur. Ce «projet du siècle», présenté par l’industriel comme l’un des «plus importants au monde», vise à renouveler les installations de valorisation des déchets nucléaires pour quatre-vingts ans.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Clément Gousseau dans la Manche et tout savoir sur ce projet d’Orano.
 

 

· La déforestation a reculé dans le monde en 2025, selon un rapport d’une coalition d’organisations de la société civile et de la recherche paru ce mercredi. Cela ne sera pas suffisant pour voir la fin de cette pratique en 2030, objectif pourtant fixé par la déclaration de New York signée par 145 pays en 2014. L’étude montre de premiers progrès en Amérique latine. Au contraire, le déboisement a augmenté dans le bassin du Congo, en Afrique centrale, où aucune mesure de contrôle n’a été mise en place.

· Lundi, au Niger, le ministère du pétrole a qualifié l’éruption de brut et de gaz issue de l’une de ses exploitations d’«incident environnemental d’une gravité exceptionnelle». Depuis le 25 septembre, un geyser de pétrole de plus de dix mètres de haut répand le liquide sur des centaines de mètres. Selon le gouvernement, «la situation est partiellement contenue mais pas totalement maîtrisée».

· Mardi, l’Office français de la biodiversité (OFB) a annoncé que près de la moitié (49,6%) des petits cours d’eau qu’il suit étaient à sec ou en rupture d’écoulement au 1er octobre. La sécheresse s’aggrave sur tout le territoire, avec 170 ruisseaux supplémentaires impactés en un mois. «C’est la situation la plus grave qu’on ait constatée depuis 2012 [soit le début de ce suivi, NDLR], et elle s’étend dans le temps», alerte la direction de l’OFB.

 


«Les enfants veulent vivre, pas survivre» : l’appel des parents à soutenir les lycéens qui manifestent

«Nous parents, oncles et tantes, grands-parents et adultes, sommes profondément indignés, révoltés, choqués, ulcérés du sort réservé aux enfants et à la jeunesse actuellement. On récapitule. Après des années de casse méthodique de l’éducation nationale, des enfants mineurs, empêchés d’étudier dans des conditions décentes, demandent ce qui devrait être le strict minimum : des bâtiments et du matériel fonctionnels ; des effectifs de profs adaptés au nombre d’élèves ; des conditions de travail permettant aux profs d’enseigner sereinement ; des emplois du temps moins saturés ; de ne plus dépendre d’un algorithme opaque et insécurisant pour déterminer leur avenir. Des enfants demandent à vivre, pas à survivre. Des enfants demandent à être rassurés. En réponse ? Ils sont méprisés par les dirigeants politiques de ce pays qui – et c’est innommable – font le choix d’une violence inouïe à leur endroit.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce texte rédigé par des collectifs de parents, qui appellent à manifester samedi.

 


La FNSEA sort un guide pratique pour… faire taire les militants écologistes

Fuyez le guide. Dans un livret pédagogique de 80 pages publié à la mi-septembre, la FNSEA, syndicat agricole productiviste, donne des conseils aux agriculteur·ices pour lutter contre les discours critiques de l’agriculture intensive et les intrusions sur leurs exploitations. Visant des ONG comme L214, qui filme les traitements illégaux des bêtes dans les élevages, le guide offre des conseils juridiques. Il liste les bons comportements à adopter pour se prémunir de ces vidéos et invite à attaquer en justice les déclarations de militant·es qui contrediraient leur ligne, y compris si elles sont prononcées dans le cadre de manifestations. Le syndicat réclame en parallèle la suppression des avantages fiscaux liés aux dons de certaines associations.
 


Greta Thunberg à Saint-Denis pour soutenir les lycéens : «Notre génération ne va pas se laisser marcher dessus»

Greta d’urgence. La militante écologiste suédoise a manifesté devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mardi. Au micro de Vert, elle a appelé à soutenir la mobilisation lycéenne et a rappelé que, partout dans le monde, la nouvelle génération lutte pour ses droits.

© Vert

+ Rémy Calland, Margot Desmons, Esteban Grépinet, Marion Pépin, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.