Édition du 14 septembre 2026

Échec et audimat

Chères toutes et chers tous,

🗞️ C’est l’article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : «Où habiter en 2050 ? Les pistes du géographe Guillaume Faburel, des collines normandes aux Préalpes». (Re)lisez-le en cliquant juste ici.

💚 Vert était ce week-end au village des médias indépendants de la Fête de l’Humanité. Un grand merci aux centaines de lectrices et de lecteurs qui sont passé·es nous voir et soutenir notre travail. Ça fait vraiment chaud au cœur !


Il a fait très chaud… et la désinformation climatique est au plus haut. 


Canicules relativisées et débats sur la climatisation : 452 cas de mésinformation climatique à la télé et à la radio entre janvier et juin

Chaîne d’un faux. L’Observatoire des médias sur l’écologie a recensé tous les cas de «mésinformation climatique» entre janvier et juin dans les programmes d’information de 18 médias audiovisuels. Certaines thématiques et périodes de l’année semblent particulièrement propices aux rhétoriques fallacieuses.

Avec les canicules de cet été, la «mésinformation climatique» a explosé sur les chaînes de télévision et à la radio. Ce terme désigne les séquences au cours desquelles une contre-vérité sur le climat est prononcée à l’antenne sans être corrigée par un journaliste dans les deux minutes qui suivent. Ces mésinformations sont récurrentes pendant les évènements climatiques extrêmes ou lorsque les questions environnementales s’imposent dans l’actualité. Du 5 janvier au 5 juillet 2026, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) a recensé 17 cas de mésinformation climatique par semaine dans les programmes d’information des médias audiovisuels français.

L’OME, composé notamment de Quota Climat, Expertises Climat, Data for Good et Science Feedback, publie ce lundi son bilan du traitement médiatique des enjeux environnementaux au premier semestre 2026, que Vert révèle en exclusivité. L’Observatoire a passé au crible les programmes d’information liés au climat de 18 médias audiovisuels.

En six mois, 452 séquences problématiques ont été recensées à la télévision et à la radio. C’est 28% de plus qu’au premier semestre 2025, lorsque 353 cas avaient été identifiés. Pour l’OME, cette progression traduit une «ampleur inédite» de la mésinformation climatique dans les médias tricolores. Une évolution que la secrétaire générale de Quota Climat, Eva Morel, explique par «une polarisation de plus en plus forte autour des questions environnementales». Celles-ci se sont imposées dans le paysage médiatique en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier à cause du blocage du détroit d’Ormuz en mars, et des canicules de cet été.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Louise Deshautels et découvrir les médias qui mésinforment le plus sur le climat.

· Samedi, Dario Amodei, le directeur général d’Anthropic, l’une des entreprises étasuniennes d’intelligence artificielle (IA), a appelé à ralentir le développement de l’IA face à des risques de sécurité. L’entrepreneur redoute que «d’ici six à douze mois, un groupe d’agents IA soit capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet»Son message a été soutenu par Elon Musk et Sam Altman, le patron d’OpenAI, sur X.

· L’administration Trump a bloqué plus de 25 millions de dollars (environ 22 millions d’euros) destinés à améliorer la gestion des parcs nationaux à travers les États-Unis, selon une information du Washington Post révélée samedi. Prévu pour financer plus de 130 projets, cet argent devait permettre, entre autres, de mieux préparer les forêts aux incendies ou encore de restaurer les zones brulées.

· Samedi toujours, le mouvement Extinction Rebellion a défilé dans les rues de Londres (Angleterre) pour exiger la publication complète d’un rapport gouvernemental sur la sécurité nationale face à l’effondrement des écosystèmes et la perte de biodiversité. Une version publique du rapport a été mise en ligne par le gouvernement britannique en janvier, mais le mouvement dénonce une publication abrégée.

Londres, le 12 septembre 2026. Les militant·es d’XR ont défilé dans les rues de la capitale britannique. © Extinction Rebellion UK

Malgré la sécheresse, la Coordination rurale du Lot-et-Garonne appelle à irriguer, «avec ou sans autorisation»

Aigrie culture. La Coordination rurale du Lot-et-Garonne encourage ses adhérent·es à engager des travaux d’irrigation dans leurs exploitations dans les mois à venir, «avec ou sans autorisation». La délégation départementale de ce syndicat agricole – dont des dirigeant·es sont proches de l’extrême droite – dénonce «l’inaction des pouvoirs publics» face à la sécheresse. Ces déclarations résonnent particulièrement alors que les réserves d’eau du territoire sont au plus bas. Le Lot-et-Garonne est en alerte «renforcée». Les prélèvements en eau ont été réduits et toutes les activités qui affectent les milieux aquatiques défendues, en particulier pour le secteur agricole.

«C’est frappant d’entendre si peu d’alouettes» : dans les jumelles d’un ornithologue à l’heure du déclin des oiseaux

Silence dans les chants. Les oiseaux des villes et des campagnes françaises ont décliné de près de 30% en trente ans, selon les données du Muséum national d’histoire naturelle. Un constat établi grâce aux comptages menés chaque printemps par des centaines de passionné·es dans toute la France. «La première fois que nous avons établi une tendance moyenne pour toutes les espèces, nous ne nous attendions pas à voir un tel déclin», se souvient Grégoire Loïs, ornithologue que Vert a suivi sur une matinée en Île-de-France. Pouillot véloce, alouette des champs… Le spécialiste griffonne le nom de toutes les espèces vues ou entendues sur son parcours. «Vu le milieu, il devrait y avoir au moins trois rossignols, soupire-t-il en pointant du doigt une friche. Quand j’étais gamin, il y en avait partout.»

👉 Cliquez ici pour lire ce reportage d’Esteban Grépinet et découvrir de l’intérieur un comptage d’oiseaux.

Ornithologue et ingénieur au Muséum national d’histoire naturelle, Grégoire Loïs compte depuis cinq ans les oiseaux sur un secteur des Yvelines. © Esteban Grépinet/Vert

Vers la fin de la chasse à la baleine en Islande, la France protège la «perdrix des neiges» : les bonnes nouvelles de la semaine

Perdrix la raison. Un nouveau train de nuit entre la Belgique et l’Italie, 149 espèces découvertes dans les abysses de l’océan Indien… et trois autres informations souriantes dégotées par Gaëtan Gabriele.

©  Gaëtan Gabriele/Vert

+ Rémy Calland, Gaëtan Gabriele, Esteban Grépinet et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.