Désaccord majeur


Alors que l’accord avec le Mercosur menaçait d’être entériné, le Parlement européen lui a infligé un coup d’arrêt.


Le Parlement européen suspend la ratification de l’accord UE-Mercosur : «une très belle victoire» pour les opposants

L'accord a sauté. Lors d'un vote extrêmement serré, les eurodéputé·es ont décidé de saisir la Cour de justice de l'Union européenne afin qu'elle vérifie la compatibilité de l'accord avec les traités européens. Le processus de ratification est suspendu le temps que les juges se prononcent, ce qui peut durer jusqu'à 18 mois.

Après avoir franchi plusieurs étapes décisives ces dernières semaines, le projet de partenariat entre l’Union européenne et quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) vient de connaître un important coup d’arrêt. À 334 voix pour, 324 voix contre (et 11 abstentions), les parlementaires européen·nes ont adopté une résolution demandant à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de vérifier la conformité de l’accord avec les traités européens. Le processus de ratification est automatiquement suspendu le temps que les juges se prononcent, ce qui peut durer jusqu’à 18 mois.

Strasbourg, mardi. À l’appel du syndicat agricole FNSEA, des centaines d’agriculteur·ices ont manifesté contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. © Abdesslam Mirdass/Hans Lucas/AFP

Tandis que des «hourras» retentissaient dans l’hémicycle, plusieurs centaines d’agriculteur·ices venu·es manifester à Strasbourg (Bas-Rhin) ont aussi laissé éclater leur joie. «Nous venons de gagner le temps nécessaire pour finir de convaincre les eurodéputés de rejeter l’accord lui-même. Depuis des mois, la Confédération paysanne se mobilise pour faire entendre la nocivité d’un accord perdant pour toute la paysannerie en Europe et dans les pays du Mercosur», a appuyé Stéphane Galais, porte-parole du syndicat français marqué à gauche.

Désormais saisie de cet épineux dossier, la CJUE est libre de vérifier chaque aspect du projet de partenariat, qui totalise plus de mille pages. Si elle constate qu’il n’est pas compatible avec un ou plusieurs traités européens, celui-ci ne pourra pas entrer en vigueur sans avoir été modifié.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Anne-Claire Poirier et  pour découvrir les opérations de boycott menées partout en France contre l’accord UE-Mercosur.

· Lundi, une étude publiée par la fondation Descartes et l’association Plus de climat dans les médias a révélé la manière dont les Français·es percevaient le changement climatique et son traitement médiatique. Résultat : 40,8% estiment que les journalistes abordent suffisamment les sujets environnementaux (contre 27,5% en 2022). Les français·es reprochent toutefois aux médias ne pas aborder suffisamment la crise climatique sous l’angle des solutions ou de ne pas être suffisamment concret. Les sondé·es souhaitent également plus de pédagogie et de rigueur scientifique. - Vert

· Depuis mardi, des étudiant·es occupent l’école d’agronomie AgroParisTech à Palaiseau (Essonne).  Elles et ils ont ont soutenu les manifestations agricoles qui se sont déroulées à Strasbourg, en marge des débats sur l’accord UE-Mercosur. Les occupant·es dénoncent aussi la présence de groupes agro-industriels au sein de l’établissement et veulent établir un rapport de force avec la direction pour faire évoluer les enseignements. Cette dernière juge une partie de leurs revendications «infondées». Vendredi soir, l'occupation était encore en cours. - Vert

Depuis mardi matin, les étudiant·es bloquent les bâtiments C1 et C2 du campus de Palaiseau d’AgroParisTech (Essonne). © Agro en lutte

· Mercredi, la Commission des affaires économiques du Sénat a adopté une proposition de loi visant à réautoriser l’exploitation d’hydrocarbures en outre-mer (notre article). Alors qu'elle doit encore être examinée en plénière le 29 janvier, une dizaine d’organisations environnementales adressent une lettre ouverte au premier ministre, Sébastien Lecornu. Elles lui demandent, ainsi qu’à l’ensemble des parlementaires, de rejeter le texte. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, menace de démissionner en cas de soutien du gouvernement. - Vert

· Cette semaine, une toute nouvelle coalition de 27 ONG environnementales et animalistes a appelé à un moratoire (une suspension temporaire d’activité) de dix ans sur les fermes à saumons. Inédits en France, ces grands élevages terrestres de poissons inquiètent de plus en plus au sujet de la pollution des eaux, de la souffrance animale ou de l’impact sur l'économie locale. - Vert

Plus dure sera la lutte. Assommée par le retour fracassant de Donald Trump au pouvoir il y a un an, la résistance prend de l’ampleur aux États-Unis ces derniers mois. Manifestations, recours juridiques, surveillance de la police… On fait le point sur la contre-offensive d’une partie de la société. - Vert

· C’est polymère à boire. La pollution aux microplastiques reste une menace sérieuse pour l’environnement et la santé, mais son ampleur dans l’atmosphère pourrait avoir été largement surestimée. Une nouvelle étude publiée mercredi révèle que les concentrations mondiales de ces particules dans l’air sont bien inférieures aux chiffres avancés jusqu’à présent. Explications. - Vert

· Chiche ou pois chiche ? Plus souvent associées à la viande, les protéines se trouvent aussi dans de nombreux aliments végétaux. Légumineuses, céréales ou graines : lesquelles sont les plus riches, et peuvent-elles rivaliser avec la viande ? On fait le tour de la question. - Vert

Cours où c’est ? À l’heure du changement climatique, nombre de professeur·es de sciences économiques et sociales ne se retrouvent plus dans les programmes de leur matière. Ces enseignant·es misent sur leur liberté pédagogique pour faire bouger les lignes. On est allé à leur rencontre. - Vert

· Net ou planète ? Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes et aux critiques récurrentes sur les prévisions météorologiques, l’Union européenne mise sur des «jumeaux numériques» de la Terre pour s’adapter au changement climatique. Autrement dit : des répliques virtuelles de notre planète. On vous explique. - Vert

À Lyon, les bouchons, les loyers et les commerces au cœur d’une campagne électorale électrique

Four vert ? En 2020, la «vague verte» a déferlé à Lyon, comme à Bordeaux, Strasbourg ou Poitiers, portant les écologistes Grégory Doucet et Bruno Bernard respectivement aux manettes de la ville et de la métropole de Lyon. Un mandat plus tard, les deux mêmes tentent de rempiler pour six ans. Vu le contexte, ils peuvent redouter un sérieux ressac. Au «backlash écologique» et au souvenir des polémiques des débuts (Tour de France, repas sans viande dans les cantines…) qui collent toujours à l’image de l’équipe sortante, s’ajoute la candidature de l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas, 76 ans. L’ancien président de l’Olympique lyonnais (OL) – à l’écrasante notoriété – brigue l’hôtel de ville avec le soutien de la droite et des macronistes.

👉  Bilan, enjeux, candidat·es, dossiers décisifs… Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Nicolas Barriquand en partenariat avec Mediacités et savoir l’essentiel sur la campagne des municipales à Lyon. Et là pour connaitre le détail du projet de Vert pour décrypter la campagne et vous montrer les solutions qui marchent sur l’écologie dans les communes.

Jean-Michel Aulas, Anaïs Belouassa-Cherifi, Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert, candidat·es aux élections municipales de 2026 à Lyon. © Nicolas Barriquand/Mediacités/Montage Vert

«Un yaourt dans un pot en poils ?» : les publicités «Too much» des lobbies du plastique font grincer des dents jusqu’au ministère

La place tique. Pour tenter de redorer l’image du plastique, le syndicat national des industriels de la plasturgie et des composites, Polyvia, a misé sur l’absurde. Le 12 janvier, il a lancé sa nouvelle campagne publicitaire intitulée «Too much», mettant en scène des usager·es mal outillé·es dans un monde où le plastique aurait totalement disparu. «Un yaourt dans un pot en poils ?», «Une pause déjeuner dans une barquette en glaçon ?» Prévue pour durer un an, la campagne est déjà visible sur 457 écrans répartis dans 257 supermarchés partout en France : Carrefour City, Franprix, Intermarché Express... Le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a réagi : «Cette campagne est inappropriée face au défi plastique qui reste devant nous.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Zoé Moreau et en savoir plus sur cette campagne.

La campagne publicitaire est visible dans 257 supermarchés partout en France. © Polyvia

· Pinsons-les tous. Pour évaluer l’état de santé des populations de volatiles, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) organise ce week-end son grand comptage annuel des oiseaux de jardin. Pour participer, rien de plus simple : il suffit de choisir un lieu d’observation (balcon, jardin ou parc public) ; de prendre ses jumelles (si vous en avez) et d’accorder une heure de votre temps à l’observation de ce ballet ailé. Plus de détails sur le site de la LPO.

· Charbonne nouvelle. Malgré un climat politique défavorable, les énergies renouvelables ont continué de remplacer les fossiles dans le mix électrique européen. En 2025, solaire et éolien ont même dépassé pour la première fois pétrole, gaz et charbon réunis. Et ce n’est pas la seule information marquante de l’année… On vous fait le récap'. - Vert

«J’ai le plus beau métier du monde, je ne le conseille à personne», la sage-femme Anna Roy invitée de «C’était mieux après»

Entre terre et mère. Dans notre podcast, le rédacteur en chef de Vert, Loup Espargilière, reçoit Anna Roy, la reine du baby game. Sage-femme, chroniqueuse dans «Les Maternelles XXL» (France 5) et professeure à la faculté de médecine de Versailles (Yvelines), elle nous parle de bébés moches, de climatisation, de crossfit et d’accouchements.

© Vert

+ Nicolas Barriquand, Rémy Calland, Margot Desmons, Eitanite Bellaïche, Loup Espargilière, Esteban Grépinet, Zoé Moreau, Théo Mouraby, Antoine Poncet, Sanaga et Baptiste Thomasset ont contribué à ce numéro.