
Le camp démocrate est sorti gagnant des élections de mi-mandat aux États-Unis, avec une majorité absolue dans les deux chambres du Congrès : la Chambre des représentants et le Sénat. Parmi ces victoires, des premières historiques et symboliques. Première femme autochtone élue gouverneure, premier sénateur musulman, figures issues des minorités sous-représentées… Vert brosse le portrait de ces Étatsunien·nes qui occupent désormais des postes clés.
Deb Haaland, première femme issue des Premières Nations à devenir gouverneure aux États-Unis
C’est une nouvelle victoire électorale pour cette femme politique autochtone. Deb Haaland a été élue gouverneure dans l’État du Nouveau-Mexique, avec 57,25% des voix, devenant la première personne issue des Premières Nations à ce poste. La démocrate de 65 ans appartient au peuple Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique. En 2018, elle avait été élue au Congrès, avant d’être nommée à la tête du département de l’intérieur par l’ex-président démocrate Joe Biden, en mars 2021.

Elle était alors devenue la première personne autochtone à accéder à une fonction ministérielle aux États-Unis. Dans le cadre de son mandat, elle a pris position pour le Green New Deal, un ensemble de projets politiques et de plans d’investissements visant à lutter contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement. Elle s’est aussi engagée contre le pétrole de schiste et la fracturation hydraulique.
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Au lendemain de l’annonce de sa nomination en tant que secrétaire d’État, elle écrivait sur Twitter (devenu X) : «Grandir dans le foyer Pueblo de ma mère m’a rendue féroce. Je serai féroce pour nous tous, pour notre planète et pour protéger toutes nos terres.»
Peggy Flanagan, première sénatrice autochtone
Autre représentante des Premières Nations à faire sa place dans la politique étatsunienne, Peggy Flanagan devient la première sénatrice autochtone du pays. Elle a été élue dans le Minnesota avec 53,71% des voix.

Ancienne lieutenant-gouverneure de l’État, elle avait défendu une vision progressiste sur les questions d’égalité, de justice sociale ou encore de défense des peuples autochtones. Elle soutient un système de santé universel, le «Medicare for all», le renforcement des aides publiques à la garde d’enfants et a qualifié la guerre à Gaza de «génocide».
Keisha Lance Bottoms, première femme noire élue gouverneure aux États-Unis
Keisha Lance Bottoms entre dans l’histoire des États-Unis en devenant la première gouverneure noire du pays, après son élection en Géorgie. Elle a largement battu le candidat républicain, Rick Jackson, avec 54,31% des voix.

Membre du Parti démocrate, elle se présente sur son site comme descendante d’une famille d’esclaves d’une plantation de Géorgie. Pendant sa campagne, soutenue par l’ancien président démocrate Barack Obama, Keisha Lance Bottoms a misé sur la santé et le logement. De 2018 à 2022, elle était maire d’Atlanta, la plus grande ville de l’État, avant de travailler à la Maison-Blanche sous la présidence de Joe Biden.
Chris Pappas, premier sénateur ouvertement gay aux États-Unis
Sa première apparition post-victoire s’est faite aux côtés de son mari, qui est monté sur scène avec lui pour célébrer. Le démocrate Chris Pappas a remporté le siège de sénateur du New Hampshire avec 56,21% des voix. Il devient ainsi le premier homme ouvertement homosexuel à faire son entrée au Sénat.

Déjà élu à la Chambre des représentants depuis 2019, il a notamment soutenu l’Equality Act, un projet de loi démocrate visant à inscrire dans le droit fédéral des protections contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Pendant sa campagne de mi-mandat, il a mis l’accent sur la lutte contre l’inflation, les soins de santé ou encore le coût de la vie.
Abdul El-Sayed, premier sénateur musulman des États-Unis
C’était l’une des figures les plus médiatiques de cette campagne. Abdul El-Sayed a été élu sénateur de l’État du Michigan, avec 52,31% des suffrages, devenant à cette occasion le premier sénateur musulman des États-Unis.
D’origine égyptienne, ce médecin épidémiologiste de 41 ans n’avait aucune expérience politique. Pourtant, pendant toute la campagne, il a réussi à se démarquer grâce à son sens de la répartie et ses capacités oratoires. Il n’a pas hésité à reprendre à son avantage les critiques de Donald Trump et consorts.
Il fait partie de l’aile gauche des démocrates, en rupture avec la branche traditionnelle. Il profite du soutien de Barack Obama, et de celui de Bernie Sanders ou d’Alexandria Ocasio-Cortez, deux figures de la gauche radicale aux États-Unis. Pendant la campagne, il s’est positionné pour un programme de santé publique universel, l’abolition de l’ICE (la meurtrière police de l’immigration), la mise en place d’un moratoire sur les data centers ou encore l’arrêt de l’aide militaire étatsunienne pour l’étranger. Abdul El-Sayed se distingue par sa critique virulente du soutien à Israël, se plaçant plutôt en faveur des droits des Palestinien·nes.
James Talarico, premier sénateur démocrate du Texas depuis 1988
À 37 ans, le démocrate James Talarico vient de réaliser une percée historique au Texas. Après quatre décennies de domination du camp républicain, il a remporté le poste de sénateur de l’État face à Ken Paxton, activement soutenu par Donald Trump.

C’est le premier démocrate à ce poste depuis 1988. James Talarico a placé la lutte contre les inégalités économiques et la corruption au cœur de sa campagne. Après sa victoire, il a déclaré devant ses partisan·es réuni·es à Austin, la capitale texane : «Ce soir, nous avons battu Goliath.»










