
Ma mère est née en juillet 1961. Elle a connu sa première vague de chaleur à l’âge de 3 ans, et sa deuxième à 14 ans.
Elle m’a donné naissance en août 1990. J’ai vécu mes deux premières vagues de chaleur à l’été de mes 4 ans.
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À tout juste 4 mois, ma fille subit déjà son deuxième épisode caniculaire. Deux épisodes hors norme débutés… au printemps.
Quand j’ai réalisé ça, j’ai été pris de sidération.
Les vagues de chaleur sont le signe le plus visible de la crise climatique. Elles connaissent une accélération et une intensification brutales, exactement comme nous l’avaient annoncé les scientifiques du climat («Qui aurait pu prédire ?»).
Voilà trente-cinq ans que les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont commencé à décrire ce qui nous attendait, avec une précision à peine croyable. Nous (nos dirigeant·es en premier lieu) savions pertinemment ce qu’il allait advenir chez nous, comme ailleurs.
En France, où le climat se réchauffe plus rapidement que la moyenne de la surface du globe, plus de la moitié des vagues de chaleur recensées par Météo-France depuis 1947 se sont produites après 2000. Un phénomène qui apparaissait jadis une à deux fois par décennie survient désormais en moyenne deux fois… chaque année.

Les causes sont parfaitement connues : notre consommation effrénée de biens et services est étanchée à grands renforts d’énergies fossiles. Tant que nous n’aurons pas fermé le robinet, les gaz à effet de serre continueront de s’accumuler dans l’atmosphère et d’aggraver la situation.
Les décideurs politiques et le monde économique ont une responsabilité immense dans ce désastre. Les plus malintentionnés savent qu’ils peuvent compter sur notre amnésie collective pour continuer d’accélérer sur l’autoroute du chaos.
Car, d’une génération à la suivante, nos repères glissent. Ce qui était rarissime autrefois (une canicule en juin) paraît presque normal à beaucoup d’entre nous aujourd’hui.
D’une canicule à l’autre, nous oublions ce que nous avons subi quelques mois plus tôt. Ce mécanisme est vital, puisqu’il nous permet de continuer nos vies (presque) normalement. Mais il est aussi l’une des raisons pour lesquelles tant d’entre nous continuent d’élire celles et ceux qui nous mènent vers l’abîme.
Et si, cette fois, nous arrêtions d’oublier ?
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