
Trouver où s’arrête la pêche. Et où commence son contraire, sa négation, l’extractivisme effréné qui ruine les mers et les populations qui en vivent. En un mot, nouveau, définir la «contre-pêche». Pour mieux l’empêcher de nuire.
Telle est la tâche à laquelle se livrent la militante Claire Nouvian (fondatrice de l’association de défense de l’océan Bloom), le philosophe du vivant Baptiste Morizot et le biologiste marin Daniel Pauly dans leur essai Reprendre la mer (septembre 2026, Les liens qui libèrent).
33 mètres
En une grosse centaine de pages, les trois auteur·es nous embarquent à bord de l’évolution démesurée de la pêche, des premières barques aux chalutiers de 100 mètres de long. Le savant, le philosophe et l’activiste dénouent le fil qui reliait, dans nos esprits, la pêche côtière artisanale à ces méganavires qui dévorent les fonds marins.
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Une «usurpation d’identité», selon leurs termes, portée jusqu’aux plus hauts sommets des États : «Les petits métiers servent de bouclier humain à des intérêts qui les écrasent.»
De la Politique d’Aristote à la «contre-productivité» d’Ivan Illich, Reprendre la mer émerge aussi les grandes pensées de la technique pour remonter à l’essence même de la pêche. Sur la base de travaux menés par l’association Bloom, les auteur·es en dégagent une «longueur maximale tolérable» de navire fixée à 33 mètres, seuil à partir duquel la pêche se «déracine».
Ce livre rigoureusement documenté est aussi et surtout un manifeste, un cri d’appel pour mettre fin à cette «contre-pêche», la démanteler. Et enfin virer de bord pour voguer vers un horizon désirable, celui d’une pêche qui vit et fait vivre.










