Édition du 21 octobre 2026

Total, m’en fous

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À la fac de sciences de Montpellier, le partenariat avec TotalEnergies pourrait sauter.



À Montpellier, les étudiants en grève vont-ils avoir la peau du partenariat entre l’université et TotalEnergies ?

À cran Total. Adoptée le 11 juin, une convention de partenariat entre l’université héraultaise et la major pétrolière cristallise la colère d’étudiant·es et professeur·es. Alors que la faculté de sciences est bloquée depuis le 6 octobre, la direction de l’établissement a promis un nouveau vote début novembre. Si le texte est rejeté, le partenariat sera probablement annulé.

Des tags critiquant TotalEnergies à l’intérieur et à l’extérieur des murs. Un immense dessin à la craie représentant Patrick Pouyanné, président-directeur général de la multinationale, en poulpe étendant ses tentacules et son pétrole sur l’université de Montpellier (Hérault). Quand on arrive à la faculté des sciences, occupée par des étudiant·es depuis le 6 octobre, on assiste à un mouvement de révolte sans précédent dans l’histoire de l’institution.

Un graffiti peint sur le bâtiment occupé par des étudiant·es. © Josué Toubin-Perre/Vert

La faculté des sciences de Montpellier n’a pas une réputation contestataire, contrairement à la faculté de lettres voisine. Mais depuis le 10 juin, c’est elle qui est en ébullition. La cause ? Un accord académique passé entre l’université de Montpellier et l’association TotalEnergies Professeurs associés. À travers cette dernière, TotalEnergies, première compagnie pétrolière française et cinquième mondiale, propose aux universités de mettre à disposition «gracieusement»des professeur·es, en échange de certains avantages.

«Bienvenue dans notre espace d’autogestion», présente Ratus (elle a souhaité rester anonyme), étudiante en troisième année de licence de biologie. Sur les trois étages du bâtiment 36 occupé, se sont construits en deux semaines une cantine solidaire, des dortoirs, des espaces de révision et de cours participatifs, un espace médical et un roulement bien ficelé pour le ménage.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Josué Toubin-Perre.
 


· Dans un rapport publié ce mercredi, le Programme des Nations unies pour l’environnement prévoit que le réchauffement de la planète atteindra 2,8 degrés Celsius (°C) d’ici 2100 si les politiques actuelles se poursuivent, et 2,6°C si toutes les actions nationales sont réalisées. L’organisme confirme que l’objectif de ne pas dépasser le seuil de 1,5°C est désormais impossible. Pour limiter le réchauffement autour de 1,7°C ou 1,8°C d’ici 2050, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites de 18% d’ici 2030. Ce que les plans climat des États ne permettent pas pour le moment.

· Ce mercredi encore, le gouvernement britannique a approuvé le forage d’un champ gazier en mer du Nord, un projet controversé. Avant son arrivée au pouvoir en 2024, le Parti travailliste s’était engagé à ne pas approuver de nouveaux forages dans cet espace maritime. Mais le projet Jackdawn avait déjà été approuvé en 2022 par le Parti conservateur, permettant au gouvernement actuel de l’autoriser puisqu’il relève d’une licence déjà existante.

· Depuis le début de l’année, 16 nouveaux oursons ont été aperçus dans les Pyrénées, selon le dernier bilan de suivi de l’ours de l’Office français de la biodiversité daté du 14 octobre. Ces nouvelles données confirment l’augmentation de la population dans cette région, avec près de 130 ours dans le massif. L’organisme rappelle tout de même que la consanguinité perdure dans la population.

Le 30 septembre, une caméra du réseau Ours brun de l’ONF a filmé une ourse et son ourson à Fos (Haute-Garonne). © Capture d’écran de la vidéo de l’OFB  


«Ça menace toutes nos ressources» : aux États-Unis, les anti-data centers bousculent la campagne des midterms

Giga bide. «Ce qui se passe ici, c’est grâce à vous ! Votre mobilisation vous rend impossibles à ignorer !» Ce 17 octobre à Leesburg (Virginie, États-Unis), la sénatrice démocrate Russett Perry défend devant des manifestant·es un projet de loi de moratoire sur les data centers qu’elle vient de déposer. Elle demande une pause dans leur développement, en somme. Pour cause, ces infrastructures à la consommation électrique gigantesque et aux impacts sociaux et environnementaux mal maîtrisés pullulent en Virginie, plus que dans n’importe quel autre État. «Ça menace toutes nos ressources», lance Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au sein d’une association locale. Ces craintes sont au centre des débats des élections législatives de mi-mandat (midterms), prévues le 3 novembre. 

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de ce reportage d’Eva Thiébaud en Virginie.

Leesburg (Virginie, États-Unis), le 17 octobre 2026. La sénatrice démocrate Russett Perry lors d’un rassemblement contre la prolifération des centres de données. © Eva Thiebaud/Vert  


Des agriculteurs du Loir-et-Cher remerciés par Syngenta pour leur utilisation d’un herbicide toxique

Le mot de la faim. Plusieurs agriculteur·ices du Loir-et-Cher ont reçu un courrier de Syngenta, le géant de l’agrochimie et premier vendeur mondial de pesticides, pour les remercier de leur utilisation du prosulfocarbe, a révélé le Groupement des agriculteurs bio du Loir-et-Cher mardi. Selon l’association, les destinataires du message sont des cultivateurs en conventionnel mais également en bio. Sur le carton envoyé par la société, elle met en avant un «désherbage responsable de vos céréales» grâce au produit chimique. Le prosulfocarbe est le deuxième herbicide le plus vendu en France, notamment utilisé dans la culture céréalière et les champs de pommes de terre. Hautement volatil, il se disperse très facilement dans l’air et peut retomber à plusieurs kilomètres des champs où il est épandu, affectant les cultures alentour.

Ce producteur, dont le nom a été flouté pour conserver son anonymat, a reçu un carton de remerciement la part de Syngenta. © Groupement des agriculteurs bio du Loir-et-Cher  


Proposition de Gabriel Attal d’interdire les réseaux sociaux : «C’est comme ça que l’État espère conserver sa domination»

Zéro sociaux. Au micro de RTL lundi, le candidat centriste à la présidentielle, Gabriel Attal, a proposé de «bloquer temporairement et de manière ciblée» certains réseaux sociaux pour éviter de nouveaux débordements. Pour Arié Alimi, avocat de lycéen·nes blessé·es pendant le mouvement, cette proposition est un moyen détourné d’empêcher les manifestant·es de montrer la répression de l’État.

© Moncef Arbadji/Vert

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Antoine Poncet, Eva Thiébaud et Josué Toubin-Perre ont contribué à ce numéro.