
La vue de ces chiffres a donné des sueurs froides à la quasi-totalité des médias français. Dévoilées le 8 octobre par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), les données des principaux titres pour le mois de septembre 2026 ont révélé une chute généralisée de leur trafic. De l’ordre de -20% pour Le Monde, La Dépêche ou Le Figaro par rapport au même mois en 2025 ; -30% pour BFM, France info ou Libération ; -40% pour Le Parisien et même -50% pour Ici (ex-France bleu).
En moyenne, les médias généralistes d’actualité chutent d’environ 22% en septembre. En août, la baisse était déjà de 17%.
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L’ACPM ne mesure pas l’audience des médias indépendants, mais il est déjà clair que ceux-ci ne sont pas épargnés. Chez Vert, le trafic de notre site en septembre 2026 est inférieur de 12% par rapport au même mois en 2025, mais surtout 44% en dessous de la moyenne de 2026 !
Certes, la fréquentation des médias en ligne fluctue en fonction de l’actualité. Septembre 2025 avait connu des sommets avec la fin du gouvernement Bayrou ou l’assassinat de Charlie Kirk. Mais une chute aussi brutale et généralisée chez des médias pourtant très différents (locaux, nationaux, sportifs, etc.) n’a probablement pas d’équivalent dans l’histoire récente de la presse. Alors comment l’expliquer ?
La réponse est à chercher du côté de… Google.
Quand nos journalistes travaillent gratuitement pour Google
Depuis le mois de juillet, le géant de la tech a : réduit la visibilité des médias d’actualités dans Discover, son interface qui recommande des contenus dans ses applis ; déployé en France ses résumés IA (les «AI overviews») dans son moteur de recherche.

Le principe ? Vous n’avez plus besoin de lire nos articles.
Le résultat ? Nos journalistes travaillent gratuitement pour Google.
Nos médias, indépendants ou mainstream, emploient des milliers de journalistes professionnel·les pour produire une information de qualité. Elles et ils sont payé·es en salaire. Pas en visibilité, ni en likes.
Quand le public se rend sur nos sites et applis, il est tantôt exposé à des publicités, des appels à s’abonner ou à faire un don. C’est ainsi que notre travail est rémunéré et que vous avez accès à une information de qualité.
Or, comme l’a démontré une étude menée par le laboratoire d’idées Pew research center aux États-Unis, où les résumés IA ont été lancés dès 2024, les internautes cliquent deux fois moins sur les liens d’articles résumés par l’IA que sur les liens classiques.
Quand les informations d’un média apparaissent dans un AI overview, ce sont nos contenus et nos revenus qui passent directement dans les poches de Google grâce aux publicités affichées dans les résultats de recherche.
Avec les résumés IA, c’est Google qui est payé quand vous lisez notre travail.
On assiste au pillage des entreprises de presse françaises par des géants étasuniens de la tech, et à peu près tout le monde, du grand public aux candidat·es à la présidentielle, s’en fout. C’est pourtant gravissime pour notre démocratie.
À ce rythme, vous consommerez bientôt des médias faits par des IA nourries par le contenu d’autres IA, sans humains pour se rendre sur le terrain, donner la parole ou enquêter. Bref, une presse qui ne sera plus capable d’informer librement et de jouer son rôle de contre-pouvoir.
Face à cette situation pressante, que peut-on faire ?
👉 Enlever les résumés IA de Google. Vous trouverez un tuto sur notre site.
👉 Quitter Google : Gmail, Drive, Agenda, Maps, Chrome, etc. Vert lance une série pour vous aider à quitter les Gafam. Les premiers épisodes sont en ligne sur cette page.
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