Édition du 21 août 2026

Sommet t’es pas bien ?

🗞️ Quel est votre jeu de mots préféré paru dans Vert ces derniers jours ? La semaine dernière, Sous l’eau c’est lent l’a emporté, avec 37,4 % de vos suffrages.

À vos votes !

🛰️ Compromettre la Lune

🦀 Y en a crustacé

🌾 Ravito ou tard

🚜 Le mot de la faim


La crème des alpinistes veut le gravir, mais le mont Blanc est en train de rôtir.


«Chaque année, des plus gros morceaux de roche tombent de la montagne» : le massif du Mont-Blanc éprouvé par le réchauffement climatique

Flocon parle. Le Mont-Blanc n’échappe pas aux conséquences du changement climatique : les éboulements rocheux s’y multiplient avec la hausse des températures. Le 11 août, la mairie de Saint-Gervais-les-Bains a déclaré la fermeture administrative de deux refuges de la voie historique vers le sommet. Les guides, gardien·nes et touristes s’adaptent tant bien que mal à ces nouveaux aléas.

C’est une ascension mythique que tentent en moyenne 200 personnes chaque jour de l’été, soit 15 000 à 20 000 par an. Grimper le mont Blanc, plus haut sommet d’Europe occidentale avec ses 4 805 mètres, a toujours été une prouesse. Mais de nouveaux obstacles se sont invités sur la route des amoureux·ses de la montagne depuis que Jacques Balmat et Michel-Gabriel Paccard en ont atteint le point culminant pour la première fois en 1786.

Juillet 2025. Sur le glacier du Tour, à Chamonix, des alpinistes grimpent jusqu’au refuge Albert 1er d’où l’on peut atteindre facilement les voies réputées du massif du Mont-Blanc. © Capucine Veuillet/AFP

«La pratique de l’alpinisme est confrontée à une modification profonde de son terrain de jeu, que ce soit au niveau des glaciers ou des parois rocheuses», constate Ludovic Ravanel, directeur de recherche en géomorphologie au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et accompagnateur en montagne.

En cause : la dégradation du permafrost, ce sol maintenu à une température inférieure à zéro degré Celsius depuis des dizaines de milliers d’années. Il est constitué d’une couche de glace extrêmement épaisse qui se réchauffe sous l’effet du changement climatique, fond et déstabilise les roches qu’elle maintenait reliés.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet article de Mathilde Picard et découvrir les répercussions de la sécheresse et des canicules sur l’alpinisme dans le massif.

· La canicule du 3 au 22 juillet a provoqué 1 243 décès supplémentaires, rapporte Santé publique France ce mercredi. Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent les trois quart de ces morts en excès. Pendant la canicule de juin, l’institution avait comptabilisé 5 764 décès supplémentaires. La vague de chaleur qui a débuté le 28 juillet, elle, est la plus longue enregistrée avec 23 jours consécutifs, ex æquo avec celle de 1983.

· Le réchauffement climatique risque d’augmenter considérablement les superficies affectées par les incendies en Europe, selon une étude de l’Institut de recherche de Potsdam (Allemagne) publiée jeudi. Dans un scénario de faibles émissions de gaz à effet de serre, ce serait 39% supplémentaire par an qui partiraient en fumée d’ici la fin du siècle, contre 192% de plus dans le scénario de l’augmentation la plus élevée.

· Petite fleur blanche typique des cultures de céréales, la nigelle des champs a été redécouverte dans la Sarthe en juillet, près de 150 ans après sa dernière observation dans le département. En danger critique d’extinction en France, cette plante s’est raréfiée au cours des dernières décennies avec la modification et l’intensification des pratiques agricoles (usage d’herbicides, labours profonds…), explique le conservatoire botanique national de Brest (Finistère), à l’origine de la découverte.

En France, la nigelle des champs ne subsiste aujourd’hui que dans une dizaine d’endroits connus. ©  Stefan Lefnaer/Wikimedia

Récupérer des noyaux et faire naître un verger urbain : près de Montpellier, une expérience d’écologie populaire qui porte ses fruits

Les noyaux durent. «Nos fruits sont vivants, ressemons-les !» Le slogan barre le couvercle de la caisse en bois, posée au sol. Dedans, une trentaine de noyaux. Abricot, pêche, amande, mais aussi pépins de poire. À Castries (Hérault), l’association Le verger partagé récupère et sème les noyaux et pépins des fruits que nous mangeons. En moins de dix ans, près de 1 000 arbres et arbustes ont surgi en bordure de lotissement. Sans irrigation, ni pesticides. Il y a dix ans, ce verger n’était qu’une friche agricole. Aujourd’hui, se dresse une petite forêt nourricière, entretenue selon les principes de l’agroforesterie.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de ce reportage de Cécilia Brès et comprendre pourquoi ces arbres sont plus résistants à la sécheresse.

Sylvain est trésorier de l’association du Verger partagé. Cet été, il transforme la récolte de prunes en pots de confiture pour les bénévoles. © Cécilia Brès/Vert

Une première reproduction réussie de grands tétras dans les Vosges, malgré un projet de réintroduction en suspens

Coqs en stock. Heureux événement dans les forêts vosgiennes : quatre jeunes de grands tétras accompagnés de leur mère ont été découverts par un randonneur le 4 août. La femelle, nommée Nora, avait été relâchée en 2024 dans le cadre du programme de réintroduction de l’espèce mené par le parc naturel régional des Ballons des Vosges, qui a confirmé la nouvelle jeudi. Depuis le démarrage de l’opération il y a deux ans, il s’agit du premier cas de reproduction réussie dans le massif, où le «coq de bruyère» a quasiment disparu (notre article). La nouvelle arrive à point nommé pour le parc : avec au moins 12 oiseaux morts (sur 33 relâchés), le projet bat de l’aile, le ministère de la transition écologique évoquant même auprès de Reporterre «l’achèvement du programme à l’issue de sa période de validité actuelle», jusqu’en 2029.

Depuis 2024, des grands tétras (ici une femelle) sont capturés en Norvège pour être relâchés dans le massif des Vosges. ©  Stefan Berndtsson/Flickr

Si vous mangez une figue, vous mangez probablement une guêpe ! Ta Mère Nature vous explique

Dard-dare. Si votre fruit préféré est la figue, vous allez être déçu·e car elle n’en est pas un ! Dans sa nouvelle chronique, Ophélie Damblé alias Ta Mère Nature vous raconte l’origine de ce fruit pas comme les autres, qui n’aurait pas pu voir le jour sans… une guêpe. De quoi épater vos ami·es, la prochaine fois qu’ils et elles en dégusteront une (de figue, pas de guêpe !).

© Ophélie Damblé/Vert

+  Eitanite Bellaïche, Cécila Brès, Rémy Calland, Ophélie Damblé et Esteban Grépinet ont contribué à ce numéro.