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Le Parlement a adopté une loi d’urgence agricole qui pose question… et qui n’est pas sans rappeler la loi Duplomb.

Pesticides, bassines, loups, élevages… Que contient la loi d’urgence agricole, définitivement adoptée ?
Loup dégât. Après le vote du Sénat mardi, le très controversé projet de loi d’urgence agricole a été adopté pour de bon. Réintroduction possible de pesticides interdits, facilitation de projets de mégabassines ou d’élevages intensifs… Voici ce qu’il contient.
Le Parlement a tranché. Mardi, député·es et sénateur·ices ont définitivement adopté le projet de loi d’urgence agricole (LUA). Les soutiens sont allés de la droite à l’extrême droite en passant par le bloc central. Seule la gauche s’y est unanimement opposée (socialistes, insoumis·es, écologistes et apparenté·es). L’essentiel des mesures présentées en avril par le gouvernement en réponse à la colère des agriculteur·ices cet hiver a été conservé par les parlementaires.

🐝 Le potentiel retour de l’acétamipride
C’est peut-être l’article qui fait le plus réagir, le «2 quater». Avec l’accord du gouvernement, les parlementaires ont ouvert la voie au retour de deux pesticides interdits en France : le désormais célèbre acétamipride, qui inquiète médecins et scientifiques en raison de ses risques pour la santé… mais aussi le flupyradifurone. Le texte adopté mardi confie à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le pouvoir d’accorder, à titre dérogatoire, des autorisations d’utilisation valables trois ans pour ces pesticides.
💦 Des projets de mégabassines facilités
Député·es et sénateur·ices ont également inscrit noir sur blanc l’objectif de doublement des volumes de stockage d’eau à des fins agricoles d’ici 2035 – un blanc-seing pour construire de nouvelles «mégabassines», selon les associations de protection de l’environnement.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Zoé Moreau et Anne-Claire Poirier et en savoir plus sur le contenu de cette loi.

· Plus de 42 000 hectares ont brûlé en France entre le 1er janvier et la mi-juillet : un record depuis au moins vingt ans, selon les données satellitaires du système européen d’information sur les feux de forêt (Effis) publiées mardi. Le seul mois de juillet, marqué par de violents incendies dans la forêt de Fontainebleau ou dans les massifs de la Drôme, du Var et des Pyrénées-Orientales, a vu partir en fumée 13 497 hectares. – Ouest France
· Mardi encore, la mairie d’Annecy (Haute-Savoie) a pris un arrêté pour encadrer les mises à l’eau de bateaux sur son célèbre lac afin de lutter contre sa «commercialisation». Dans son viseur : le tout nouveau service de location d’embarcations Uberboat, de l’application Uber. Une arrivée qui met «sous pression les équipements publics et les conditions de partage du lac», selon la Ville. Ainsi, le stationnement des bateaux est limité sur certains sites et l’utilisation des rampes de mise à l’eau publiques est interdite pour toute activité commerciale.
· Ces derniers jours, des cadres du syndicat agricole Coordination rurale (CR) dans le Sud-Ouest ont appelé à braver les interdictions d’irrigation liées à la sécheresse afin de «sauver les cultures». Dans le Lot-et-Garonne, l’arrosage est interdit dans les secteurs en crise hydrologique : «N’en tenez pas compte», a lancé le président de la CR 47, José Pérez. Dans les Landes, où des restrictions similaires sont en vigueur, un appel «à la désobéissance civile» a été lancé par le représentant local de ce syndicat dont certains responsables sont proches de l’extrême droite.


Circaète d’Or
Barbut contre son camp. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, a annoncé mercredi sa démission avant de finalement «accept[er] de poursuivre sa mission à la demande» d’Emmanuel Macron, comme elle l’a confié à l’AFP. Juste avant ce faux départ, elle avait décroché un «Circaète d’or» pour l’ensemble de son œuvre. Ce prix, décerné par le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, fait référence à un aigle chasseur de serpents qui raffole des couleuvres. Une distinction encore plus méritée après sa volte-face. La huitième ministre de l’écologie d’Emmanuel Macron assiste en effet à plus de reculs environnementaux qu’aucun·e avant elle. En juin 2025, le Réseau action climat en listait déjà 43 en un semestre… et d’autres se sont rajoutés depuis, jusqu’à la loi d’urgence agricole qui a provoqué son (faux) départ.




Dans les débats de la présentielle de 2027, «l’enjeu écologique doit prendre un tiers de la discussion»
Débattre la campagne. Face au dérèglement climatique, «la solution va passer en grande partie par les partis politiques», estime le chercheur en science politique Théodore Tallent. Dans cette interview à Vert, il donne des pistes pour que les débats autour de la présidentielle 2027 débouchent sur des changements sociétaux.

+ Moncef Arbadji, Lilou Hiver, Zoé Moreau, Antoine Poncet et Sanaga ont contribué à ce numéro.







