Édition du 16 septembre 2026

Degrés ou de force

Chères toutes et chers tous,

🎙️ Ce mercredi, à 20h, à l’Onirique bar de Montreuil (Seine-Saint-Denis), le collectif d’artistes engagés contre la montée de l’extrême droite l’Art de dire nous (ADN) organise une soirée publique à l’occasion du nouvel épisode de leur podcast, le Mégaphone. De nombreux·ses invité·es de qualité y prendront la parole, dont Loup Espargilière, directeur de la rédaction de Vert, pour trouver des solutions collectives. Tous les informations ici.


Un réchauffement climatique d’1,5 degré est désormais acté. Concrètement, qu’est ce que ça va changer ?


Montée des eaux, extinction d’espèces… Dépasser 1,5°C de réchauffement climatique mondial, ça veut dire quoi ?

Chaud alpin. C’est désormais une certitude, le réchauffement planétaire franchira d’ici quelques années le seuil fatidique d’1,5°C supplémentaire par rapport aux températures préindustrielles (1850-1900). Quel monde surgira de cet échec emblématique ? Pourra-t-on revenir en arrière ?

En guise de conclusion à cet été cataclysmique, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a acté début septembre notre «entrée dans l’ère du dépassement». En clair, il est désormais inéluctable que le seuil fatidique de 1,5 degré Celsius (°C) de réchauffement climatique soit dépassé, «probablement d’ici quelques années». Ce constat, loin de clore le sujet autour de l’(in)action climatique, ouvre au contraire d’importantes questions sur l’après.

C’est en décembre 2015, avec la signature de l’Accord de Paris sur le climat, que l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 1,5°C (par rapport à l’ère pré-industrielle) est entré pour la première fois dans nos vies. Depuis, ce chiffre structure l’ensemble de l’action climatique mondiale. Mais d’où vient-il exactement ? «C’est un seuil qui s’est construit à la fois politiquement et scientifiquement, répond Roland Séférian, climatologue à Météo-France et co-auteur des travaux du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Avant 2015, la communauté scientifique avait plutôt fixé à 2°C le seuil de perturbations jugé dangereux.»

«Le quatrième rapport du Giec, paru en 2007, avait reconnu que dépasser 2°C de réchauffement était vraiment très risqué, confirme Robert Vautard, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et co-président du Giec. Mais lors de l’Accord de Paris, une coalition de petits pays insulaires a démontré que la montée des mers les menacerait dès 1,5°C…»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Anne-Claire Poirier et comprendre ce qu’il faudrait faire pour inverser la tendance.

· Mardi soir, militant·es, syndicats et citoyen·nes se sont retrouvé·es devant le ministère de l’économie, à Paris, pour exiger des moyens concrets d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique. Quelques centaines de personnes étaient présentes. Parmi les thématiques abordées : la mise en place de plans «grand chaud» pour les personnes sans-abris, le financement de la prévention des incendies, ou encore la rénovation des passoires thermiques. 

53 associations, ONG et syndicats ont appelé à la mobilisation pour «ne pas oublier l’été qu’on a vécu». © Kim Vaillant/Vert

· 124 défenseur·es de l’environnement ont été tué·es ou ont disparu en 2025, selon le bilan annuel de l’ONG Global Witness publié ce mercredi. Le chiffre est en légère baisse par rapport à l’année dernière, où 146 activistes sont décédé·es. L’Amérique latine concentre le plus de cas, avec 85% des homicides. Un Français fait partie des victimes : Pierre Alessandri, un agriculteur et syndicaliste corse assassiné par balles le 17 mars.

· Depuis lundi, des légumes vendus dans les magasins E.Leclerc et Intermarché sont rappelés partout en France, en raison d’une trop grande quantité de pesticides dans les produits. Le signalement concerne des barquettes proposant des mélanges de tomates, poivrons et courgettes. D’après le site Rappel Conso, ils ne présentent pas de «danger immédiat», mais «ne sont pas conformes aux seuls réglementaires».

«Nous perdons une valeur inestimable» : à Villefranche-sur-Mer, ces scientifiques plongent pour replanter des herbiers de posidonie

Plante agonie. Plante aquatique menacée, la posidonie est essentielle à la bonne santé des écosystèmes méditerranéens, mais elle souffre des dégâts des ancres de bateaux qui raclent les fonds. Dans les Alpes-Maritimes, des scientifiques du programme Repic (Restaurer la posidonie impactée par les ancres) récoltent les herbiers arrachés, les mettent dans des caisses puis les replantent. «Nous lui donnons un coup de pouce avec des agrafes en fer qui vont se dégrader à terme sans polluer, le temps qu’elle se reconnecte au fond marin, explique Sébastien Personnic, docteur en biologie marine. C’est un peu comme un tuteur pour un arbre sur terre.»

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Josué Toubin-Perre et plonger à la découverte des secrets des herbiers de posidonie.

À bord du Victoria IV, les biologistes-plongeur·ses du programme Repic passent douze semaines par an à replanter des herbiers de Posidonie. © Josué Toubin-Perre/Vert

En s’alliant, TotalEnergies et Mistral mettent l’intelligence artificielle au service de l’exploitation pétrolière

IA qu’à forer. TotalEnergies et l’entreprise d’intelligence artificielle (IA) Mistral ont annoncé mardi avoir conclu un accord pour développer l’exploration pétrolière. Le géant pétrolier a signé un partenariat de trois ans, à hauteur de 100 millions d’euros, avec l’entreprise de tech française, afin de faire de l’IA un outil au service de la production d’énergies fossiles. Selon le communiqué publié par TotalEnergies, cet accord va permettre de «générer de multiples scénarios», afin de développer des «opportunités d’explorations», d’optimiser et de prolonger la durée de vie des projets déjà en place. Un laboratoire scientifique commun doit être créé.

«Légitime défense», une nouvelle série qui associe la science et le droit sur France 5

Pneu mieux faire. Dans le premier épisode de ce nouveau programme sur France 5, le journaliste d’investigation Martin Boudot et l’avocate Louise Tschanz, spécialisée en droit de l’environnement, enquêtent sur la pollution provoquée par les résidus de pneus dans la ville d’Annecy (Haute-Savoie) et son lac. «L’affaire de la route toxique» dresse un constat alarmant.

©  FranceTV

+ Rémy Calland, Louise Deshautels, Esteban Grépinet, Sophie Roland, Josué Toubin-Perre et Kim Vaillant ont contribué à ce numéro.