Édition du 2 septembre 2026

À l’asso !

Chères toutes et chers tous,

🎤 Comme chaque année, Vert sera présent du 11 au 13 septembre à la Fête de l’Huma, au Plessis-Pâté (Essonne), au sein du village des médias indépendants. Notre équipe y tiendra un stand et notre cofondateur, Loup Espargilière, participera à la table ronde «Politiser l’écologie», samedi à 17 heures. Pour prendre vos billets, c’est par ici.


Été brûlant, élections… Les ONG écolos sont sur le pont.


«On ne veut pas que les drames de l’été soient oubliés» : les associations écologistes entament une rentrée cruciale

Debout on bout. Le mois de septembre sonne l’heure de la rentrée militante. Celle-ci s’annonce intense pour les associations et ONG environnementales, traumatisées par un été brûlant et déjà tournées vers l’élection présidentielle de 2027.

Cela n’aura échappé à personne, l’été 2026 a été marqué par une série d’événements climatiques extrêmes. Canicules à répétition, sécheresse, mégafeux… Rarement nous avions été frappé·es de manière aussi directe par les effets du changement climatique. En cette rentrée, les associations et ONG écologistes veulent transformer ce traumatisme collectif en un véritable sursaut.

«On a vécu une sorte de simulation de ce à quoi un avenir à +4 degrés peut ressembler, se désole Jean-François Julliard, directeur général de France Nature Environnement (FNE), qui fédère plus de 6 000 associations environnementales. Que ce soit les nuits caniculaires ou la vulnérabilité des systèmes de soin, tout le monde a ressenti dans sa chair les effets du changement climatique. On en ressort meurtri.»

En avril 2026, associations et ONG environnementales se sont réunies lors de la marche «Printemps bruyant» contre les pesticides. © Mary-Lou Mauricio/Vert

Toutes les associations contactées par Vert veulent agir pour que les années à venir ne soient pas pires encore. Une dizaine de manifestations et de marches pour le climat sont donc organisées dès ce mois de septembre. «On ne veut pas que les drames soient oubliés aussitôt les températures redescendues, assène Marion Cubizolles, des Amis de la Terre. Il faut continuer d’inscrire l’environnement à l’agenda médiatique et politique.»

D’après la dernière étude du laboratoire d’idées Destin Commun, entre 77% et 86% des personnes interrogées établissent désormais un lien important entre le changement climatique et la sécheresse, les canicules et les incendies ; et 49% déclarent ressentir une volonté accrue d’agir à leur échelle«Tout l’été, on a reçu des dizaines de messages de citoyens qui veulent savoir comment se mobiliser au plus vite», raconte Gaspard Tamagny, d’Alternatiba.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Lilou Hiver et découvrir les ambitions des associations écolos en vue de la présidentielle.

· À partir de jeudi, de fortes températures sont attendues en France, notamment en Île-de-France et dans le sud, en raison d’un épisode de chaleur tardif favorisé par le réchauffement climatique. Le thermomètre pourrait atteindre 30°C en région parisienne et dépasser 35°C, voire 38°C localement de l’Occitanie à la vallée du Rhône, avec de possibles records pour un mois de septembre. – Notre article

· Du 1er janvier au 26 août, les incendies ont relâché plus d’1,5 million de tonnes de CO2 dans l’atmosphère en France, a relevé Le Monde mardi, citant des données de l’observatoire européen Copernicus. Un chiffre record depuis le début des mesures en 2003 et près de quatre fois supérieur à la moyenne annuelle de ces douze dernières années. Cet été, la saison des feux a été particulièrement intense, avec plus de 96 000 hectares partis en fumée, contre 14 000 hectares par an en moyenne.

· Après les inondations meurtrières qui ont frappé le Népal mercredi dernier, la population locale demande des comptes aux pays les plus pollueurs historiquement. Dans une vidéo publiée sur Instagram lundi, la militante népalaise Prakriti Bhattarai Basnet a exprimé sa colère : «Si votre pays a émis plus de carbone ces cinquante dernières années que le mien pendant toute son histoire, c’est à vous que je parle. […] Nous ne voulons plus de vos gentilles vidéos de soutien. On veut que vos pays payent pour ce qu’ils ont fait.» Ce mercredi, le dernier bilan fait état de 1 114 mort·es et 3 916 disparu·es.

Un agriculteur sur deux dans le monde est victime des pesticides

Près de la moitié des agriculteur·ices du monde sont empoisonné·es par des pesticides chaque année, révèle une étude du Pesticide Action Network (PAN) ce mercredi. Les scientifiques estiment que l’on recense tous les ans entre 402 et 433 millions de cas d’intoxication aiguë aux pesticides chez les ouvrier·es agricoles et environ 11 000 décès. Le taux d’incidence national le plus élevé a été enregistré au Burkina Faso, où près de 84% des agriculteur·ices ont été victimes d’empoisonnement. Un chiffre qui risque d’augmenter puisque l’utilisation de pesticides continue de croître. Les auteur·ices de l’étude appellent à une «action immédiate» et à la mise en œuvre des recommandations des Nations unies pour éliminer progressivement les pesticides hautement dangereux.

Le retour en force du kakapo, ce gros perroquet un peu pataud, star des réseaux sociaux

Béquée ongles. Pour la première fois en soixante-quinze ans, le nombre de kakapos en Nouvelle-Zélande, considérés comme les plus gros perroquets du monde, a dépassé les 300 spécimens. Mardi, 90 poussins ont officiellement été ajoutés à la population, grâce aux efforts de la mission de conservation «Il faut sauver le soldat kakapo». Autrefois perçus comme «invasifs», ils étaient en voie d’extinction en raison de leur incapacité à voler, qui fait d’eux une proie facile. Pour sauver l’oiseau star des réseaux sociaux, les scientifiques n’ont pas lésiné sur les moyens. Tous les kakapos ont été transférés vers des îles sans prédateurs. Dès qu’une mère quitte ses petits pour aller chercher de la nourriture, un coussin chauffant est glissé près des oisillons. Sans oublier qu’ils portent tous un petit sac à dos qui transmet leur localisation.

L’une des caractéristiques les plus frappantes du kakapo est son odeur de moisi et de sucré. © Animalia

Aux États-Unis, une résistance féroce contre les data centers

IA du souci à se faire. Aux États-Unis, la colère gronde face à la multiplication des centres de données pour l’intelligence artificielle. Ces infrastructures sont jugées dangereuses pour l’environnement, bruyantes et coûteuses. Dans cette vidéo, Vert vous raconte comment la résistance s’organise outre-Atlantique et vous explique pourquoi elle pourrait s’importer en France.

© Moncef Arbadji/Vert

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Louise Deshautels, Mathilde Picard et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.