
Ce jeudi, le tribunal correctionnel d’Auch (Gers) a condamné le président de la Coordination rurale (CR), Bertrand Venteau, à 15 000 euros d’amende, dont 10 000 avec sursis, pour avoir déclaré qu’il fallait «faire la peau» aux écologistes.
Lors du congrès du syndicat agricole, le 19 novembre 2025, il avait lancé : «Les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau.»
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Cette assemblée de la CR «n’était pas réservée à ses seuls membres mais aussi ouverte à d’autres personnes, dont la presse», a relevé le tribunal. Et d’expliquer que «la condition de publicité nécessaire pour caractériser l’infraction de “provocation publique” était remplie».
Le leader syndical s’est ainsi rendu coupable de «provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit», détaille la juridiction. Elle précise qu’il est également condamné «à verser la somme de 1 500 euros au profit de l’association France nature environnement», FNE, au titre des frais de procédure.
Les ONG sont satisfaites
L’ONG est partie civile, aux côtés de Générations futures et FNE Occitanie-Pyrénées. «On est satisfait de la reconnaissance de sa culpabilité, indique à Vert Anne Roques, juriste à FNE. Les juges ont pris conscience de la gravité des faits, et de la pression sur la justice et les parties civiles le jour du procès.»
Des membres du syndicat – dont certain·es cadres sont proches de l’extrême droite – avaient lancé des œufs sur les militant·es écologistes à leur entrée dans le tribunal, le 3 septembre dernier. Les victimes ont déposé douze plaintes pour ces jets commis en marge de l’audience.
«La liberté d’expression syndicale ne peut être invoquée lorsqu’il s’agit d’appeler à s’en prendre physiquement à des membres d’associations ou des élu·es favorables au vivant et à la transition écologique», insiste FNE. Anne Roques s’indigne des «nombreux faits de violences» qui ont visé ces derniers mois «les locaux de plusieurs associations membres de notre réseau», parmi lesquelles Nature environnement 17, Indre Nature et FNE Limousin.
Au début du mois d’octobre, les locaux d’Indre Nature ont été couverts de messages menaçants. «On va revenir bientôt. Tic tac, tic tac», pouvait-on lire à côté d’affiches de la Coordination rurale 36. La branche locale du syndicat a également déposé des déchets devant le bâtiment. En réponse, l’association a affiché une pancarte «Merci aux agriculteurs avec qui nous travaillons, toute l’année, sur le terrain. Leur détresse est réelle, et nous ne la mélangeons pas avec les méthodes d’une organisation».
Une nouvelle action en justice contre Bertrand Venteau
Anne Roques déplore que «les membres de la Coordination rurale se pensent encore au-dessus des lois, Bertrand Venteau a gardé un ton toujours menaçant cet été». Le 23 septembre, sur le plateau de RMC-BFM, il avait appelé les agriculteur·ices à construire des retenues d’eau illégales.
Ce jeudi, Générations futures et FNE ont saisi le juge civil pour faire retirer plusieurs communications de la Coordination rurale (écrites et vidéo) qui incitent à créer des retenues d’eau illégales et à ne pas respecter les arrêtés liés à la sécheresse.
«Ces méthodes visent à nous faire taire, a tancé Nadine Lauverjat, déléguée générale de Générations futures. Nous irons devant les tribunaux chaque fois que nécessaire.»











