Chères toutes et chers tous,
🗞️ C’est l’article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : «Malgré les critiques, le gouvernement prolonge de trois ans le classement «nuisible» de neuf espèces d’oiseaux et de mammifères». (Re)lisez-le en cliquant juste ici.
Après un été suffocant, les agriculteurs dressent un triste bilan.

Légumes brûlés, maïs en chute libre, prairies grillées… Les chiffres chocs d’un été catastrophique pour l’agriculture française
Céréales killer. Depuis fin mai, le manque d’eau et les canicules à répétition ont profondément bouleversé l’ensemble de l’agriculture française, avec des impacts différents selon les filières et les régions. Vert a compilé les chiffres remontés par les filières et les services de l’État pour dresser le panorama de cet été désastreux.
«Les maraîchers, les arboriculteurs, les céréaliers, les éleveurs, les vignerons, les agriculteurs de toute la France, presque sans exception, en subissent de graves conséquences», a résumé jeudi la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, à l’issue d’une réunion de crise avec les préfet·es de région. D’après les remontées de ces dernier·es, des pertes de rendement de 50% ou plus sont déjà constatées dans plusieurs territoires, et les besoins d’aides dépassent généralement les 10 000 euros par exploitation.

🌽 Il est probablement la victime la plus emblématique de cet été caniculaire : le maïs s’effondre partout en France, avec une production en baisse de près de 45% sur un an pour le maïs grain et d’environ 50% pour le maïs fourrage (récolté en entier, avant la maturation des grains), selon les données communiquées jeudi par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM).
🌾 Pour les autres céréales, la chute est moins prononcée : la production de blé tendre est en baisse de 4% par rapport à 2025, l’orge de 7% et l’avoine de 21%, selon les données du service statistique du ministère de l’agriculture (l’Agreste), en date du 7 août. «Composées essentiellement de cultures d’hiver [semées à l’automne pour être récoltées au début de l’été, NDLR], les céréales à paille ont nettement moins souffert des conditions caniculaires, survenues en fin de cycle, que le maïs», explique l’Agreste.
👉 Pommes de terre, betteraves, fruits… Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage d’Esteban Grépinet avec un état des lieux filière par filière.

· Vendredi, la préfecture de Bretagne a annoncé de nouvelles mesures de lutte contre la prolifération des algues vertes, notamment le ciblage des fuites de nitrates dans les exploitations agricoles. Ces annonces arrivent plus d’un an après que le tribunal administratif de Rennes a enjoint aux autorités locales d’agir davantage contre cette pollution. Un premier pas que saluent les associations environnementales, même si elles le jugent imparfait.

· Vendredi encore, France Assureurs a évalué le coût des incendies de cet été en Gironde, dans les Landes et le Var à 500 millions d’euros. Les feux ont provoqué 25 000 sinistres, parmi lesquels 21 000 maisons de particuliers ainsi que des pertes d’exploitation des professionnel·les (agriculteur·ices, commerçant·es, artisan·es), selon une recension effectuée à la mi-août. Les chiffres sont susceptibles d’être revus à la hausse mais dépassent déjà ceux de l’été 2022.
· Vendredi toujours, Donald Trump a annoncé la mainmise des États-Unis sur 65 milliards de barils des réserves de pétrole vénézuéliennes. Un accord entre les deux pays prévoit l’exploitation de 17 champs pétroliers pour un investissement de 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros). La légalité des concessions n’est pas encore formellement établie car l’accord a été scellé avec la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodríguez. Celle-ci a promulgué une loi ouvrant le secteur pétrolier à la privatisation après l’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis le 3 janvier dernier. Un futur gouvernement pourrait revenir sur cette décision.



«Comment ne pas être triste en voyant ça ?» : au cœur du Morvan, un étang à sec et des touristes désabusés
Signe d’étang. À Lormes, dans la Nièvre, l’étang du Goulot, îlot de fraîcheur et poumon touristique, s’est asséché en quelques semaines sous l’effet conjugué de la sécheresse et d’une fuite souterraine. En ce mois d’août, là où familles, pêcheur·ses et athlètes se pressent habituellement au bord de l’eau, il n’y a presque plus personne. «L’étang, c’est comme l’église sur la colline. C’est un pôle d’attractivité dans la ville, un îlot de fraîcheur quand il fait chaud, le lieu où tout le monde se retrouve pour un bain ou une promenade… Comment ne pas être triste en voyant ça ?», regrette Martine Grandjean, une habituée des lieux. «On observait une baisse du niveau d’eau chaque été, mais nous n’avions jamais vu ça», explique le maire socialiste, Christian Paul. Le ruisseau qui alimente l’étang est à sec depuis des semaines.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce photoreportage d’Adrien Marotte dans le Morvan.

Les Gaulois contre la fast fashion : leurs vêtements étaient-ils vraiment écologiques ?
Idée fixe. Laine, lin, cuir, teintures végétales… le vestiaire gaulois avait a priori tous les attributs de la mode durable. Mais derrière cette apparente sobriété se cachent des procédés gourmands en ressources, des substances parfois toxiques et de fortes inégalités sociales. C’est l’objet de l’exposition «L’étoffe d’un Gaulois», au musée de Gergovie (Puy-de-Dôme) jusqu’en mars 2027. Marie-Pierre Puybaret, tisserande et consultante en archéologie, présente des tenues gauloises reproduites pour l’occasion. Le temps de fabrication nécessaire, plus de deux mois pour une tunique en laine, donnait de la valeur au vêtement, explique la spécialiste. Mais gare aux produits toxiques nécessaires pour les teintures et aux rejets polluants liés au traitement des peaux…
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article de Sonia Reyne et tout savoir sur les vêtements des Gaulois·es.


De la peinture verte sur les pelouses asséchées ? Un cache-misère et des problèmes à long terme
Aura des pâquerettes. Alors que la France est frappée par une sécheresse historique, des entreprises vendent une solution «miracle» face aux jardins brûlés par le soleil : les asperger de peinture verte. En vogue aux États-Unis, cette méthode dissimule les pelouses jaunies en un temps record. Présentée comme écologique, elle pourrait nuire au développement des plantes, selon plusieurs expert·es.

+ Moncef Arbadji, Rémy Calland, Adrien Marotte, Mathilde Picard, Antoine Poncet et Sonia Reyne ont contribué à ce numéro.







