Il est parti de la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales) vendredi soir avant d’arriver samedi au petit matin en Île-de-France, au son de l’Ode à la joie. De quoi marquer le coup après deux années d’absence : à l’été 2019, faute de clients, la tournée du « train des primeurs » avait été arrêtée, remettant sur la route des milliers de camions pour acheminer fruits et légumes du sud de la France vers le plus important marché de gros du pays.

Il aura fallu un regain d’intérêt gouvernemental pour le fret ferroviaire pour le remettre en marche. En juillet 2020, le Premier ministre avait annoncé un plan de relance en faveur du secteur, dont le bilan sur le plan environnemental est bien meilleur que celui des poids lourds thermiques qui congestionnent les routes. Seulement, un « sous-investissement majeur de la nation pendant des décennies », comme l’a déclaré Jean Castex vendredi, avait eu raison de ce secteur, devenu de plus en plus vétuste et cher (Libération).
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Depuis 2000, les volumes transportés par le train ont donc diminué de 43%, au point que le fret ferroviaire ne représente plus que 9% du transport de marchandises aujourd’hui, contre 18% en moyenne dans l’Union européenne. Le gouvernement s’est engagé à atteindre ce chiffre d’ici 2030 et a décidé d’investir 14 millions d’euros jusqu’en 2024 pour remettre le « train des primeurs » sur les rails. De novembre à juillet, ce dernier assurera cinq liaisons par semaine, qui transporteront chacune autant de fruits et légumes que 18 camions, soit 26 000 camions en moins sur les routes par an.








