La carte

«On ouvre un nouveau chapitre» : contre les lois Duplomb, les mobilisations reprennent partout en France ce week-end

Pancartes sur table. Châtellerault, Lille, Pontarlier, Brest, Angoulême… Une trentaine de manifestations sont prévues dans tout l'Hexagone ces 7 et 8 février pour dénoncer les reculs écologiques et agricoles en cours. Un nouveau souffle pour l'opposition aux lois Duplomb, alors que de nouvelles journées de mobilisation se dessinent ces prochaines semaines.
  • Par

Au début, une poignée de communes avaient répondu à l’appel. Puis dix, vingt et maintenant une trentaine. À la suite de la tribune publiée par Vert en début de semaine par plus de 80 organisations écologistes, paysannes et syndicales, pas moins de 31 villes ont prévu de se mobiliser ce week-end dans toute la France «pour protéger notre santé, l’environnement et les paysans».

Associations et citoyen·nes étaient mobilisé·es pour demander le retrait de la loi Duplomb, devant le Sénat.
© Basile Barjon

À moins d’une semaine d’un débat historique à l’Assemblée nationale sur la pétition contre la loi Duplomb, ce vaste collectif associatif espère relancer la mobilisation sans précédent contre ce texte agricole décrié adopté l’été dernier. «On ouvre un nouveau chapitre, revendique Mathieu Courgeau, agriculteur vendéen et président du collectif Nourrir (qui rassemble 54 organisations écologistes et paysannes). On vient redire que tout ce qui s’est passé en juin ne doit pas être jeté aux oubliettes.»

«On sent une volonté forte de se remobiliser»

Réunis autour du slogan «Non à la loi Duplomb, et non à une Duplomb 2», les manifestant·es dénoncent le dépôt d’une nouvelle proposition de loi du sénateur (Les Républicains) Laurent Duplomb. Elle vise à réautoriser l’acétamipride sur certaines cultures, un insecticide interdit en France depuis 2018, dont le retour avait été censuré par le Conseil constitutionnel en août dernier. «La loi d’urgence agricole va être présentée avant le salon de l’agriculture avec son lot de reculs en tout genre, il y a aussi l’omnibus européen qui vise à déréglementer les pesticides…», égrène Mathieu Courgeau.

«Il est essentiel d’avoir une mobilisation citoyenne pour montrer qu’il y a des solutions et qu’il manque une volonté politique, sinon le gouvernement va continuer à reculer devant les lobbys de l’agrochimie et la FNSEA», défend Kim Vo Dinh, militant à Combat Monsanto et Vietnam Dioxine. Des manifestations sont prévues ces 7 et 8 février dans toute la France hexagonale, des plus grandes villes (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux…) aux communes moyennes (Pontarlier, Vendôme, Boulogne-sur-Mer, Valbonne…).

Cette trentaine de manifestations reste loin du pic de la mobilisation de l’été dernier : 10 000 personnes s’étaient rassemblées dans une soixantaine de villes les 28 et 29 juin 2025, alors que la première loi Duplomb n’avait pas encore été adoptée par les parlementaires (notre article). «Le moment est très différent, nuance Mathieu Courgeau. Là, nous ne sommes qu’au début, on est sur une séquence qui débute maintenant et qui doit se terminer en mai ou juin avec les votes au Parlement, comme l’an dernier.»

«Il aurait pu y avoir beaucoup plus de villes, mais nous avons lancé l’appel un peu tard, regrette Kim Vo Dinh, rappelant que la date définitive du débat sur la pétition contre la loi Duplomb a mis du temps à être officialisée (elle avait d’ailleurs déjà été repoussée une première fois). Mais on sent une volonté forte de se remobiliser sur le sujet, de dire une deuxième fois non à la loi Duplomb.» «Je trouve que ça commence assez fort, abonde Mathieu Courgeau. Je ne pensais pas que ça allait prendre autant en lançant l’appel aussi tard, je suis plutôt satisfait de ce démarrage !»

Printemps bruyant le 4 avril, journée contre l’agrochimie fin mai

Pour la suite de la mobilisation, un calendrier commence à se dessiner. D’abord, le 11 février prochain, avec le débat sur la pétition contre la loi Duplomb, qui se tiendra l’après-midi. Un rassemblement est prévu le midi à proximité de l’Assemblée nationale, probablement aux Invalides. «On aurait voulu être devant l’Assemblée, mais apparemment seule la FNSEA a ce passe-droit !», ironise Kim Vo Dinh. Le collectif Cancer colère a notamment prévu une chorale militante, pour interpeller les député·es avant la discussion en séance publique.

Prévue de longue date, la manifestation «Printemps bruyant» contre les pesticides – qui avait rassemblé plus d’un millier de personnes à Paris l’an dernier (notre reportage) – se tiendra le 4 avril prochain. Cette fois, le projet est d’élargir la mobilisation hors de la capitale : «On va proposer à la centaine de villes qui s’est engagée contre la loi Duplomb de se mobiliser le 4 avril», annonce Kim Vo Dinh. Organisée tous les printemps depuis 13 ans, la «journée contre l’agrochimie» (aussi appelée «journée contre Monsanto-Bayer») doit être organisée fin mai, avec là aussi la volonté de surfer sur la vague anti-lois Duplomb.

Pour le reste, la mobilisation dépendra aussi des évolutions politiques et des annonces gouvernementales sur l’agriculture. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, et la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, doivent notamment présenter leur projet de «loi d’urgence agricole» d’ici mars prochain, pour un examen au Parlement «avant l’été».

Faisons la différence ensemble !

Le Club de Vert ce sont 12 000 personnes qui nous soutiennent avec un don mensuel, et nous permettent de diffuser gratuitement des informations cruciales pour l'avenir de notre planète.

Dans le chaos du monde, chaque nouveau membre du Club compte. Chaque soutien en plus, ce sont davantage de faits bien expliqués, de révélations, de bonnes nouvelles et de solutions inspirantes qui donnent envie d'agir.

Chaque nouveau membre du Club, c'est un pas supplémentaire vers une société plus écologique et solidaire.

N'attendez plus une seconde, rejoignez le Club de Vert 💚​