«On aime la bagnole. Et moi, je l’adore», s’était exclamé, dimanche 24 septembre, le président de la République Emmanuel Macron lors d’un entretien à TF1 et France 2 consacré à la planification écologique. Les Français·es ne sont pas toutes et tous de cet avis.
Samedi, le collectif «Vivre sans BIP» organisait plusieurs marches le long du tracé du Boulevard intercommunal du Parisis (BIP), une future 2×2 voies de 21 kilomètres qui doit relier les autoroutes A1 et A15, situées au nord de la région parisienne. Plusieurs centaines de personnes et des élu·es locaux·les se sont retrouvé·es pour dénoncer ce projet esquissé il y a près d’un siècle, et qui, selon elles et eux, «détruirait une centaine d’hectares d’espaces naturels et des milliers d’arbres, et menacerait la santé de 10 000 enfants dont les écoles sont sur le tracé».
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La semaine dernière, la pression est encore montée d’un cran du côté de l’autoroute A69 prévue entre Toulouse et Castres. Le 3 octobre, plusieurs membres du collectif La voie est libre (qui propose un scénario alternatif – notre article), ont rencontré le ministre des transports Clément Beaune et la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, pour réclamer la suspension des travaux le temps d’une médiation. En vain.
Alors que 1 500 scientifiques et 750 personnalités ont décrié ce projet, une quinzaine de militant·es est toujours en grève de la faim dans le sillage de Thomas Brail, président du Groupement national de surveillance des arbres. Signe de l’intensification du conflit, ce dernier doit entamer une grève de la soif ce lundi à 14h après plusieurs semaines de grève de la faim.
Un weekend de contestation est également prévu les 21 et 22 octobre dans le Tarn. Deux mobilisations à l’agenda de La Déroute des routes qui rassemble cinquante collectifs et associations locales mobilisées contre autant de projets routiers. Cet automne, dix manifestations ont été annoncées partout sur le territoire pour demander «un moratoire sur les projets routiers». Alors que la voiture individuelle est aujourd’hui la première source de gaz à effet de serre en France, l’État a investi deux fois plus dans la route que dans le rail en 20 ans, selon Greenpeace.
«A l’heure de la planification écologique, on ne peut pas faire comme avant», a lancé Clément Beaune, mardi 26 septembre, au micro de France inter, promettant des «décisions fortes» et l’abandon de certains projets autoroutiers. La liste, attendue fin octobre, ne comportera pas le projet de l’A69, au dam de ses adversaires.









