« Si votre banque finance le forage dans l’Arctique, alors vous aussi ». Tel est le message d’un invraisemblable spot publicitaire repéré par l’ONG Reclaim Finance et le blogueur Thomas Wagner (alias Bon Pote) ! Invraisemblable, non parce qu’il serait faux – l’épargne est effectivement notre premier poste d’émissions de CO2 – mais parce qu’il émane d’une banque nommée West Bank, filiale de BNP Paribas à San Francisco.
Or, la maison-mère française est bien connue pour… financer des projets en Arctique ! Pas directement, mais en soutenant des entreprises fossiles comme TotalEnergies, elle-même engagée dans des projets d’exploitation, tels que Arctic LNG2. Il s’agit d’un gigantesque projet qui vise à extraire 19,8 millions de tonnes de gaz « naturel » du sol de Sibérie, chaque année, dès 2023. Celui-ci sera liquéfié sur place et acheminé par des bateaux méthaniers brise-glace vers les marchés asiatiques. Une infrastructure d’une folle complexité au coeur d’un écosystème fragile, que le gouvernement a refusé de soutenir (une première).
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« Le CULOT ! », s’est exclamé Thomas Wagner sur les réseaux sociaux. C’est vrai qu’il en faut pour oser une telle leçon d’écologie lorsque l’on est soi-même un cancre du climat. BNP Paribas est la championne européenne (quatrième mondiale) pour le financement des énergies fossiles. Entre 2015 et 2020, elle a presque doublé ses investissements annuels dans le secteur, atteignant 41 milliards de dollars sur la seule année 2020, selon Oxfam et Reclaim Finance. Comme le dit l’adage, « charité bien ordonnée commence par soi-même ».









