
Symbole de l’hyper-ruralité déclinante, Bure (Haute-Marne) n’a pas été seulement choisi pour les caractéristiques de son sous-sol. En abreuvant financièrement ce territoire déshérité « jusqu’à se rendre indispensable », la filière nucléaire s’est lancée dans ce que Gaspard d’Allens et Pierre Bonneau appellent « la fabrique du consentement ».
Mais les millions déversés n’ont pas fait taire la contestation et Bure est petit à petit devenu le théâtre d’une sidérante répression. Entre l’été 2017 et début 2019, plus de 27 interdictions de territoire, des dizaines de mois de prison avec sursis et quatre peines de prison ferme ont été prononcées. La BD s’achève en septembre 2019 sur une note d’espoir : « Malgré la répression, la lutte continue à Bure. Elle se réinvente ». Entre temps, l’Andra a sollicité une « déclaration d’utilité publique » (DUP), qui lui permettra d’exproprier les paysans récalcitrants.
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Cent Mille Ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires, Pierre Bonneau, Gaspard d’Allens et Cécile Guillard, éd. la Revue dessinée (Seuil), 2020, 19 €.









