Ingénieure chez EDF, Laurine s’inquiète des précipitations hors-normes qui s’abattent sur le pays et craint pour la sûreté de la centrale du Bugey, en région lyonnaise. C’est bien la seule. « Tu es ingénieure environnement, pas sûreté », lui rétorquent ses collègues. A plusieurs reprises, elle tente d’alerter les pouvoirs publics qui font la sourde oreille. La tension monte à mesure de l’enchaînement de catastrophes naturelles et d’erreurs humaines qui donnent raison à l’héroïne. Un accident de niveau 7 – le niveau le plus élevé de l’échelle internationale du nucléaire – devient inéluctable.

La gravité du sujet trouve son parfait contrepoids dans le dessin naïf et coloré d’Alizée de Pin. Avec un scénario basé sur des documents officiels d’EDF, l’ouvrage réussit le numéro périlleux d’alerter sur le risque d’accident nucléaire en France sans sombrer dans un catastrophisme excessif. Au contraire, l’histoire reste très pudique sur les conséquences sanitaires pour la population – bien loin de la série Tchernobyl de Craig Mazin. Elle donne toute sa place, en revanche, au cynisme de responsables politiques qui continuent d’ignorer le risque atomique en France.
Cet article est en accès libre.
C’est un engagement fort de notre équipe, pour permettre à tout le monde de s’informer gratuitement sur l’urgence écologique et de faire des choix éclairés. Si vous le pouvez, faites un don pour soutenir notre travail dans la durée et garantir notre indépendance.
Accident majeur, Jean-François Julliard, Alizée de Pin, Editions du Faubourg, septembre 2021, 134p., 20€.









