
Si la pandémie de Covid-19 avait fait baisser les émissions planétaires de 5,1%, celles-ci ont « rebondi » bien au-delà de leur niveau de 2019. En cause : un redémarrage de l’économie qui s’est fait avec force charbon, malgré les appels répétés de l’AIE à développer les renouvelables pour œuvrer à une relance « verte ». Source d’énergie la plus carbonée, le charbon représente 40% de la hausse constatée en 2021, et ses émissions se sont établies à 15,7 gigatonnes de CO2, son plus haut niveau historique. Le gaz atteint également des sommets ; le pétrole reste un peu en deçà de son niveau d’avant la pandémie.
En parallèle, indique l’AIE, le développement des renouvelables a aussi battu des records (Vert). Alliées au nucléaire, elles ont dépassé le charbon comme source de production d’électricité. Mais là est le paradoxe ; historiquement, au lieu de les remplacer, les nouvelles sources d’énergie se surajoutent toujours à celles qui sont déjà employées.
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En un an, la consommation d’électricité de la Chine a bondi de 10% – l’équivalent de l’Afrique entière. Une hausse couverte à 56% par du charbon. Ce dernier bat aussi des records en Inde, où le développement des renouvelables a ralenti ces dernières années. Désormais, les émissions annuelles par habitant·e en Chine (8,44 tonnes de CO2) dépassent celles de la moyenne des pays développés (8,23 tonnes).
Loin de prendre la direction indiquée par l’AIE, qui plaide pour une sortie rapide des fossiles pour espérer contenir le réchauffement, les puissances économiques mondiales comptent toujours davantage sur les énergies fossiles. Une étude publiée en septembre dernier dans Nature, indiquait que pour avoir une chance d’en rester à 1,5°C, il faudrait laisser 90% du gaz et 60% du pétrole dans le sol et la production mondiale de ces deux hydrocarbures devra décroître de 3% par an jusqu’en 2050.









