Un «costard en kevlar» : l’affaire Bardella révèle le visage du fascisme et l’honneur du journalisme

Marine le peine.
Après les révélations de Mediapart sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella, Marine Le Pen a volé au secours du président du RN… tout en menaçant le journal d’investigation. «Si ces gens-là parviennent au pouvoir, les médias qui ne mettront pas un genou à terre seront leurs premières cibles», explique le directeur de la rédaction de Vert, Loup Espargilière.
Marine Le Pen s’en est pris aux journalistes de Mediapart, après les révélations sur Jordan Bardella. © Daniel Perron/Hans Lucas via AFP

Marine Le Pen, mardi 29 septembre, devant une assemblée de journalistes : «Il va falloir dire à Mediapart d’enfiler son costard en kevlar.» En France, en 2026, la présidente de l’une des principales forces politiques suggère aux journalistes d’un média indépendant de s’équiper d’un gilet pare-balles.

«Officine d’extrême gauche», «fanatiques», «barbouzerie», «islamo-gauchistes», «prémices d’une guerre totale»… Après que Mediapart a révélé de nombreux écrits antisémites attribués à Jordan Bardella (qui aurait pu prédire ?), mettant à mal des années de «dédiabolisation», le RN contre-attaque de la manière la plus vile qui soit. Et révèle de nouveau son vrai visage.

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Cette offensive politique est appuyée par les médias du groupe Bolloré, qui créent des éléments de langage pour défendre leur poulain, et même pire : ils partent en chasse contre les «taupes» du RN qui parlent aux journalistes, comme le révèle Le Monde ce mercredi.

J’en sais quelque chose pour y avoir travaillé jadis : par son indépendance, son exigence et son intransigeance avec les valeurs de notre métier, par ses milliers d’enquêtes, ses révélations folles sur Cahuzac, Sarkozy, Fillon, Le Pen et tant d’autres… Mediapart fait honneur au journalisme. Et le journalisme, c’est un pilier de la démocratie qui est en danger.

«Le RN n’a jamais changé»

Contrairement à ce qu’ont affirmé beaucoup de titres de presse, Mediapart «n’accuse» personne de quoi que ce soit par ces révélations. Ni policier·es, ni juges, notre métier de journalistes consiste à découvrir, vérifier, révéler et porter dans le débat public des faits importants pour la démocratie.

Les Français·es ont besoin de savoir que le président du RN, qui pourrait devenir le prochain premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen : a baigné dans l’antisémitisme d’Alain Soral ; a été assistant de l’eurodéputé RN défenseur du négationnisme Jean-François Jalkh ; a frayé avec la figure néofasciste Frédéric Chatillon ; a pour bras droit actuel François Paradol, qui a fait partie des réseaux d’Alain Soral.

Si ces gens-là parviennent au pouvoir, les médias qui ne mettront pas un genou à terre seront leurs premières cibles. La Hongrie ou les États-Unis nous l’ont bien montré : une démocratie, ça ne tient pas bien longtemps quand la presse libre est mise au pas.

En bref, le RN n’a jamais changé. Il avait juste enfilé une cravate. Tout notre soutien à nos confrères et consœurs de Mediapart.

D’une canicule à l’autre, nous oublions collectivement ce que nous avons subi. Une amnésie qui conduit beaucoup d’entre nous à élire celles et ceux qui aggravent la crise climatique.

Chez Vert, l’écologie est à la Une tous les jours et pas seulement quand il fait chaud.

Climat, biodiversité, santé et désinformation : vous pouvez compter sur nous pour rafraîchir la mémoire de tout le monde quand viendront les élections. On n’y arrivera qu’avec vous !

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