D’après l’Agence nationale de l’habitat (Anah), sur les 644 073 primes accordées pour rénover son logement en 2021, 68 % correspondent à un changement du système de chauffage, 26 % à un suivi de l’isolation, et 3 % à des travaux de ventilation. « Pour le gouvernement, qualifier le changement de fenêtre ou de chaudière de rénovation énergétique fait augmenter les chiffres. Mais ces “gestes de travaux” ne relèvent pas d’une rénovation conforme à l’objectif de performance à 2050 [au niveau des bâtiments basse consommation (BBC) – dont la consommation énergétique doit être inférieure de 80 % à la consommation normale règlementaire, NDLR] », note Vincent Legrand, directeur de Dorémi, une entreprise de l’économie sociale et solidaire désireuse de sortir les Français·es de la précarité énergétique.
Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) de janvier 2021, baptisé « Rénovation performante par étapes », ces travaux devront être complétés d’ici à 2050 pour véritablement colmater le flux de chaleur. « L’enquête sur les travaux de rénovation énergétique des maisons individuelles menée en 2018 par l’Ademe montrait que 75 % des travaux considérés comme des « rénovations énergétiques » ne conduisaient pas à un seul saut de classe énergétique [le passage à la classe supérieure dans le diagnostic de performance énergétique – DPE, NDLR]. Ces résultats ont été jugés si calamiteux que l’enquête suivante, en 2021, n’a curieusement pas été amenée à reprendre cette analyse, pourtant fondamentale… », explique encore Vincent Legrand.
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Pour rénover efficacement son logement et atteindre une bonne performance énergétique, « il faut assurer la continuité entre la menuiserie et l’isolation, entre l’isolation des murs et la toiture, entre l’enveloppe du bâtiment et la chaudière », précise le professionnel. Pour lui, seuls 40 000 logements ont été rénovés de manière performante en 2021 au niveau BBC. Il s’agit en grande majorité des logements collectifs, avec moins de 5 000 rénovations performantes en maisons (d’après l’étude Perf In Mind de janvier 2022).
Jeudi dernier, Emmanuel Macron l’a promis : « L’objectif est de rénover au moins 700 000 logements par an » au cours du prochain quinquennat. Voilà qui tombe bien, pour atteindre la neutralité carbone (soit l’équilibre entre le CO2 que nous émettons et celui qui peut être absorbé) en 2050, il faudrait rénover, chaque année, entre 700 000 et 800 000 logements aux normes BBC (notre article). Mais le candidat compte-t-il les rénovations de manière aussi légère que le président ?









