Édition du 15 octobre 2026

Glandeur nature

Chères toutes et chers tous,


La ministre de l’écologie dévoile un plan pour restaurer dunes, landes et forêts… avec des idées réchauffées.



Le gouvernement présente un «ambitieux» plan de restauration de la nature… sans convaincre les associations

Faute de coût. Mercredi, le ministère de la transition écologique a dévoilé son plan national de restauration de la nature, qui vise à remettre sur pied les écosystèmes dégradés ou détruits (zones humides, forêts, dunes…). Très attendue des ONG, cette feuille de route manque largement de financements.

Partout en France, le déclin de la biodiversité se poursuit, lentement mais sûrement. 17% des espèces de faune et de flore évaluées sont menacées ou éteintes, seuls 43% des cours d’eau sont en bon état écologique, tandis que la mortalité des forêts a plus que doublé en vingt ans.

Pour tenter d’inverser la tendance, le gouvernement a présenté mercredi son plan national de restauration de la nature. Destinée à rétablir le bon fonctionnement des écosystèmes dégradés ou détruits, cette feuille de route était demandée par l’Union européenne – à qui elle a été rendue légèrement en retard, l’échéance étant fixée au 1er septembre 2026.

La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, voit dans ce plan national de restauration de la nature un «cap clair et ambitieux». ©  Quentin de Groeve/Hans Lucas via AFP

À quelques jours de l’ouverture de la 17ème conférence mondiale (COP17) sur la biodiversité, à Erevan (Arménie), la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, vante un «cap clair et ambitieux». Très attendu du monde associatif, ce document se décline en différents domaines, avec des objectifs chiffrés : les zones agricoles, les forêts, les mers, les pollinisateurs…

Le hic : une grande partie de ces actions… existe déjà. «Cela ressemble plus à un catalogue de mesures préexistantes qu’à un cadre de transformation des politiques publiques, qui serait pourtant indispensable pour atteindre les objectifs européens», analyse Sacha Rolland, de la Société nationale de protection de la nature (SNPN).

Pour la première fois, le gouvernement a chiffré le coût de l’ensemble de ces actions de restauration de la nature : entre 4,6 et 5,2 milliards d’euros par an. Mais les financements actuels en couvrent moins des deux tiers.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article d’Esteban Grépinet et découvrir les solutions des associations pour financer la restauration de la nature.
 

· Ce jeudi matin, une vingtaine de militant·es de l’association de défense des forêts Canopée bloquent les livraisons de bois devant l’usine de production de papier Sylvamo, à Saillat-sur-Vienne (Haute-Vienne).Les activistes accusent une filiale de l’industriel d’être responsable de la destruction d’habitats d’espèces protégées (de chauves-souris, notamment) lors de coupes forestières menées dans le département voisin de la Creuse. Une plainte a été déposée le 8 octobre.

Saillat-sur-Vienne, le 15 octobre 2026. Des militant·es de Canopée bloquent le site de Sylvamo. ©  Rémi Barthas

· La pêche industrielle s’est intensifiée dans la majorité des aires marines protégées (AMP) du monde entre 2012 et 2024, révèle une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publiée ce jeudi. D’après cette analyse, la plupart des AMP ne permettent pas de conserver les écosystèmes car très peu interdisent complètement toute activité humaine dont la pêche. Seules celles qui inscrivent cette prohibition dans leur règlement se révèlent efficaces.

· Mercredi, le gouvernement mexicain a annoncé que la tempête Rachel avait fait huit mort·es et deux disparu·es. La saison des ouragans au Mexique (de mai à novembre) est rendue plus violente par l’anomalie océanique naturelle El Niño, particulièrement intense cette année. Le phénomène a également provoqué de violents orages dans les rues de Santiago, au Chili, privant 20 000 habitant·es d’électricité.

Santiago, Chili, le 13 octobre. Des officiers de police aident les habitant·es à évacuer, alors que des inondations frappent la capitale. ©  Lucas Aguayo Araos/Anadolu via AFP

· Mercredi encore, l’intersyndicale des pompier·es professionnel·les a indiqué qu’elle reconduisait sa grève jusqu’au 4 décembre. Après une saison des incendies exceptionnelle, les soldat·es du feu avaient débrayé dès le 8 septembre.L’organisation considère que le gouvernement n’a pas répondu à leurs revendications, notamment sur le manque de moyens financiers et humains.  


En commission, des sénateurs détricotent la proposition de loi pour réduire l’exposition au cadmium

Le cadmium de leurs soucis. Ce mercredi, la commission des affaires économiques du Sénat a adopté la proposition de loi du député (Les Écologistes) Benoît Biteau visant à réduire la contamination de nos aliments au cadmium. Naturellement présent dans l’environnement, ce métal lourd et toxique pour les humain·es est aussi apporté aux sols par les engrais phosphatés, des fertilisants utilisés dans l’agriculture. Le texte adopté ce jour, qui doit encore être examiné en plénière le 22 octobre, prévoit d’abaisser progressivement la teneur maximale de cadmium autorisée dans ces fertilisants : à 40 milligrammes par kilogramme (mg/kg) d’anhydride phosphorique (P2O5) en 2029, puis à 20 mg/kg – le seuil recommandé par l’agence sanitaire française (Anses) – en 2034. Cette trajectoire est plus lente que celle adoptée par les député·es en juin dernier.
 


Santé, pollutions, extrême droite : Vert lance un grand appel à enquêtes pour inverser la vapeur

Vert dérange. Plus que jamais, Vert est un média qui pèse dans le débat public et nous ne comptons pas en rester là ! Voilà plusieurs mois que notre rédaction a mis un coup d’accélérateur sur l’investigation. En juin, nous avons créé notre pôle «Enquêtes et solutions» et nous avons déjà publié plusieurs enquêtes qui ont eu une résonance nationale. À l’approche d’échéances électorales cruciales, Vert se donne les moyens de produire les meilleures enquêtes sur deux sujets vitaux : la santé et les pollutions ; l’extrême droite et l’écologie. Pour ça, on augmente les budgets et on fait appel à la crème des investigateur·ices de France.

👉 Cliquez ici pour découvrir notre appel à enquêtes en intégralité.
 


«Le plat de résistance», un nouveau podcast pour imaginer le futur de notre nourriture

L’épée dans le plat. Le journaliste scientifique Pierre Girard et l’ingénieure agronome Élise Bordet lancent un nouveau podcast plein d’espoir (et de gourmandises) sur l’agriculture et l’alimentation. L’invité du premier épisode du «Plat de résistance» est l’agroclimatologue Serge Zaka, qui livre ses pistes pour transformer la production agricole après cet été caniculaire.

© Le plat de résistance

+ Rémy Calland, Margot Desmons, Zoé Moreau, Mathilde Picard, Antoine Poncet, Sophie Roland et Sanaga ont contribué à ce numéro.