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Chalute continue

Chères toutes et chers tous,

Les élections municipales, c’est ce dimanche. La rédaction de Vert est mobilisée depuis plusieurs mois pour décrypter les enjeux du scrutin et mettre en valeur les solutions qui marchent pour plus d’écologie dans nos communes. Retrouvez tous nos articles dans notre rubrique dédiée ou sur notre carte de France interactive !


Les chalutiers pillent leurs ressources, ces pêcheurs gambiens sont à leurs trousses.


À bord d’un navire de Greenpeace, ces pêcheurs gambiens traquent le chalutage illégal : «Nous demandons qu’ils respectent les règles»

Filets en douce. Face à la baisse des prises et à la pression des chalutiers industriels, des pêcheurs gambiens se forment en mer pour surveiller et dénoncer les pratiques illégales qui menacent leur avenir. Vert a assisté à l’une de ces formations à bord d’un navire de Greenpeace, l’Arctic Sunrise. On vous embarque.

À neuf miles nautiques des côtes gambiennes, petit pays d’Afrique de l’Ouest, une silhouette sombre glisse à l’horizon. Un chalutier. À cette distance, soit un peu plus d’une quinzaine de kilomètres des côtes, la zone de pêche artisanale s’achève : les bateaux de pêche industrielle peuvent légalement déployer leurs filets. En ce début février, sur le pont de l’Arctic Sunrise, le navire de Greenpeace, les jumelles circulent de main en main. Un pêcheur note des coordonnées GPS. À ses côtés, un autre tente de distinguer le nom peint sur une coque rouillée.

Le bateau de Greenpeace «Arctic Sunrise» et son zodiac, en mission près des côtes ouest-africaines. © Adrien Marotte/Vert

La scène donne le ton de la mission : pendant une semaine, des pêcheurs gambiens embarqués sur ce bateau apprennent à traquer la pêche illégale et à utiliser les bons outils pour dénoncer les mauvaises pratiques. Le chalutier est-il trop près ? Non, il est à la distance réglementaire. Mais que pêche-t-il ? Le zodiac est mis à l’eau. En quelques minutes, une petite équipe fend les vagues pour s’approcher. Photos. Heure exacte. Coordonnées. Les filets sont abaissés. Le bateau est bien en train de remonter des poissons.

«On ne peut pas les forcer à relever les filets», rappelle Amadou Touré, responsable de la campagne pour Greenpeace. «C’est dommage», lance Omar Gaye. Le pêcheur en est persuadé : ce bateau a tout l’air de recourir à des méthodes illégales.

👉 Cliquez ici pour lire la suite du reportage d’Adrien Marotte au bord d’un navire de Greenpeace en Gambie.

· Ce mardi, le groupe Renault a annoncé qu’il compte arrêter de vendre des voitures uniquement à essence ou diesel en Europe d’ici 2030 pour se concentrer sur des ventes «électriques ou hybrides». Cette décision intervient alors que les ventes de voitures tout-électriques ont été plus lentes que prévu et que l'Union européenne a assoupli en décembre son objectif d'électrification pour 2035. - France info

· Lundi, le Réseau action climat a publié une note sur les énergies renouvelables et révèle qu’elles «rapportent à l’État deux fois plus qu’elles ne lui coûtent». Entre 2006 et 2024, l’éolien a notamment rapporté 4,6 milliards d’euros nets. Bien loin des affirmations de la droite et de l’extrême droite selon lesquelles les énergies renouvelables mettraient à mal les finances publiques. - Vert

· Les bombardements étasuniens et israéliens de ce week-end sur plusieurs sites pétroliers de Téhéran (Iran) ont libéré dans l’air d'importantes quantités d'hydrocarbures, très toxiques pour la santé. Les habitant·es exposé·es se plaignent de maux de tête, d'irritations de la gorge, des yeux et de la peau. Ils ont également plus de risques de développer des cancers ou de faire des crises cardiaques dans les prochains mois. En réaction, l’association Greenpeace a dénoncé cette guerre qui est non seulement «une catastrophe humaine, mais aussi une catastrophe environnementale». - Les Echos

«Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes» : la journaliste experte des PFAS Stéphane Horel cible de pressions

PFAS aux faits. Stéphane Horel, journaliste d’investigation au Monde et coordinatrice d’enquêtes internationales sur le scandale sanitaire des «polluants éternels», a été la cible de vols et de tentatives d’effraction de son domicile. Elle revient sur ces événements.
 

Travailler sur les questions environnementales est-il devenu risqué pour les journalistes ?

Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes. J’ai des collègues qui travaillent sur des oligarques et des trafiquants de drogue au quotidien… Je n’envisageais pas que mes enquêtes pouvaient être aussi sensibles par rapport aux leurs. Je me suis dit que, peut-être, les gens visés par nos enquêtes voulaient savoir ce qu’on allait révéler, et qu’après la publication de nos articles on allait me laisser en paix. Mais ça n’a pas été le cas.

👉 Cliquez ici pour lire l’intégralité de cet entretien mené par Mathilde Picard.

© Vert

· Montée de l’amer. Les victimes du cyclone Garance, qui a déferlé sur l’île de La Réunion en février 2025, sont au cœur de la campagne des municipales à Saint-Denis, le chef-lieu. Certain·es habitant·es qui s’estiment laissé·es à l’abandon se tournent vers l’extrême droite pour pouvoir continuer de vivre dans des quartiers climatiquement «à risques». - Vert

Dans le quartier de La Colline, à Saint-Denis, l’image de la candidate d’extrême droite Gaëlle Lebon s’affiche sur les véhicules et bâtiments. © Jéromine Doux/Vert

· Que jeunesse se place. Le mouvement de mobilisation citoyenne «On est prêt» a lancé sa campagne #riensansnous, pour inciter les jeunes à s’intéresser aux élections municipales. Pour montrer la force démocratique du vote de la jeunesse, l’outil Mobilisator affiche, ville par ville, le nombre de voix qu’il a manqué en 2020 pour faire basculer le résultat. Dans de nombreuses communes, cela s’est joué à quelques centaines de bulletins. - On est prêt

Qui est Françoise d’Eaubonne ? Ta Mère nature nous présente une grande dame de l’écologie

Milite planétaire. Souvent oubliées, de nombreuses femmes ont contribué à l’histoire de l’écologie. Pour les mettre en lumière, Ophélie Damblé, alias Ta Mère nature, lance sa nouvelle série pour Vert : «Ces meufs super stylées et beaucoup trop en avance». Dans ce premier épisode, focus sur la poète, militante dans la lutte décoloniale et fondatrice du concept d’écoféminisme : Françoise d’Eaubonne.

© Vert

+ Rémy Calland, Ophélie Damblé, Jéromine Doux, Lilou Hiver, Adrien Marotte, Anne-Claire Poirier et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.